behaalotekha

Un Résumé de la Sidra : Behaalotekha

Par le Dr Michel Bensoussan

Notre Sidra est construite en trois parties différentes. Un peu comme une montagne, la première partie continue de décrire un ordre parfait de l'ensemble du peuple, une ascension vers une grande spiritualité. Le sommet lui, est constitué de deux versets (délimités dans le Sepher Torah par deux signes distincts). Ces deux versets, constituent à eux seuls, selon le Talmud, un « livre » à part entière. Ils sont chantés dans toutes les communautés, au moment de la sortie de la Torah dans les synagogues. La troisième partie, est une grande « dégringolade » !! Le peuple se plaint. Il faute, Dieu se met en colère, tout se dérègle ! Tout se passe comme s'il fallait, pour le peuple d'Israël, ne pas se satisfaire du confort d'une vie spirituelle, « au sommet de la montagne » mais surtout se confronter aux nombreux problèmes de la vie active, et redescendre sur terre en vue de l'entrée en Israël !

Première montée : Aaron, qui n'a pas participé à l'offrande des chefs de tribus, se voit honoré par la fonction d'allumage de la Ménorah. Toute la tribu de Levi est sanctifiée : ils seront entièrement rasés et lavés. Devant tout le peuple, Moshé les consacre au service divin.

Deuxième montée : Les Levi ont en effet la fonction de remplacer les premiers-nés, sous l'ordre des Cohanim, au Temple. Ils sont « soulevés » symboliquement par Moshé puis par Aharon. Dès l'âge de 25 ans ils seront formés et instruits, et ils prendront leurs fonctions à l'âge de 30 ans.

Troisième montée : Un an après la sortie d'Égypte, le peuple fête dans le désert la fête de Pessah. Certaines personnes impures sont peinées de ne pouvoir participer à la fête. Dieu ordonne alors de célébrer un « deuxième Pessah », un mois après, pour que toute personne qui ne pourrait participer à la fête de Pessah puisse le faire alors.

Quatrième montée : Dès l'inauguration du Michkan, une nuée le recouvrait pendant la journée. La nuit, la nuée prenait l'aspect d'un feu. Cette nuée résidait en permanence. Mais dès qu'elle se déplaçait, c'était le signe que tout le peuple devait lever le camp et poursuivre son voyage dans le désert. Deux trompettes en argent sont construites pour indiquer, à l'aide de sons différents, la réunion du peuple, le départ du campement, ou pour intercéder auprès de Dieu, en cas de guerre, ainsi que lors des fêtes.

Cinquième montée : Après tous ces préparatifs, le peuple d'Israël entame le début de son périple vers la terre d'Israël. Cela faisait treize mois qu'ils étaient au pied du mont Sinaï. Le 20 Iyar le campement, très bien organisé, se met en route. Yitro, beau-père de Moshé, ne suit pas le peuple vers Israël, il préfère retourner à Midyan.

Sixième montée : Elle débute par les deux fameux versets qui constituent à eux seuls, selon la tradition, un livre de la Torah à part entière. Le premier verset décrit le départ, le second l'arrivée. Comme un mouvement de va-et-vient, de rapprochement et d'éloignement qui scandent en fait non seulement les rapports entre Dieu et son peuple, mais la vie en général. Puis, « sans transition » la Torah retombe dans les problèmes bassement matériels : le peuple se plaint. Dieu envoie un feu qui les brûle ! Le peuple veut manger de la viande, des pastèques et regrette déjà l'Égypte ! Moshé est désappointé. Il sent qu'il ne peut plus diriger ce peuple. Dieu lui adjoint soixante-dix sages qui l'aideront dans sa tâche ingrate, la direction du peuple d'Israël.

Septième montée : Pour assouvir les envies de viandes, Dieu envoie des cailles. Le peuple les dévore sans retenue. Nous voilà bien loin de l'élévation spirituelle du Sinaï. D'un extrême nous sommes passés à l'autre. D'anges, les voilà descendus plus bas que des bêtes ! Dieu les punit à nouveau. L'endroit est nommé : « les tombeaux de l'envie » ! Myriam et Aaron médisent à propos de leur frère Moshé. Myriam est frappée de lèpre. Moshé prie pour sa guérison. Le peuple arrive dans le désert de Parane.