EMOR AKADEM

PARACHAT EMOR

L'évolution de la halakha

http://www.akadem.org/sommaire/paracha/5776/parachat-hachavoua-5776/emor-le-peuple-de-l-interpretation-10-11-2015-75354_4611.php

POUR AKADEM 2016

 

PAR MICHEL BENSOUSSAN

 

  1. résumé de la Sidra

Après avoir développé, la semaine  dernière,

le devoir, pour tout le peuple d'être "saints",

ainsi que les lois permettant d'y accéder,

 notre Sidra traite de la mise en pratique,

 de l'utilisation,

 et des limites de cette sainteté .

Tout d'abord, auprès des hommes les plus proches de cette sainteté: les cohanim.

 Ensuite, a propos des animaux ,

qui seront un des moyens de l'exprimer, par  les sacrifices.

La sainteté du temps par le shabbat et les fêtes.

Enfin, la sainteté a travers le service au temple par la Menorah et les pains d'assignation.

A la toute fin de la Sidra, on nous raconte une histoire assez dramatique et énigmatique:

Le fils d'un égyptien et d'une Israelite se révolte.

 le texte ne dis pas pour quoi. en tout cas,

 il blasphème le nom divin et  Il sera lapidé!

  la plus grande partie de notre Sidra traite des fêtes juives.

 mais je voudrais m'attarder sur trois sujets annexes pour tenter de soulever un problème de fond,

 celui de l'actualité du texte de la Thorah,

 ou plutôt son actualisation , aux différentes époques, par nos sages.

  1. le deuil pour le conjoint

 

le premier exemple concerne le tout début de notre Sidra.

 les cohanim, ne peuvent être en contact direct avec la mort. ils n'entrent pas dans un cimetière et sont même éloignés des morts. sauf  pour des personnes tres proches: les parents, frère et jeune sœur, fils ou fille.

qu'en est il des conjoints?

la question est d'autant plus importante que les lois de deuil pour tout le reste du peuple, même les non-Cohen, sont déduites de ces versets.

Cela veut dire que cela nous concerne tous.

Aujourd'hui, un juif prend le deuil pour son conjoint, ses parents, ses frères et sœurs et a dieu ne plaise, pour ses enfants.

Cette liste des personnes très proches est déduite de notre texte a propos des cohanim.

 Mais, comme vous avez pu le remarquer, dans la liste de notre Sidra, il n'y a pas de conjoint. Est ce que la Thorah exclu le conjoint de la liste des proches parents pour lesquels on doit prendre le deuil, ou pas?

A ce sujet, les avis divergent.

Rachi par exemple, pense que le texte de la Thorah inclut le conjoint dans la liste , alors que Maimonide, prétend que la Thorah, elle même, n'inclut pas le conjoint , et si  aujourd'hui, nous prenons le deuil pour le conjoint, c'est parce que nos sages bien plus tard, ont décidé de l'y inclure.

voyons ensemble le texte

ויקרא פרק כא

(א) וַיֹּאמֶר יְקֹוָק אֶל מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל הַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם לְנֶפֶשׁ לֹא יִטַּמָּא בְּעַמָּיו:

(ב) כִּי אִם לִשְׁאֵרוֹ הַקָּרֹב אֵלָיו לְאִמּוֹ וּלְאָבִיו וְלִבְנוֹ וּלְבִתּוֹ וּלְאָחִיו:

(ג) וְלַאֲחֹתוֹ הַבְּתוּלָה הַקְּרוֹבָה אֵלָיו אֲשֶׁר לֹא הָיְתָה לְאִישׁ לָהּ יִטַּמָּא:

Dieu demande a moise d'expliquer au cohanim qu'ils ne peuvent se rendre impures par contact d'un mort. sauf pour les personnes qui lui sont tres proches: pour sa mère et pour son père, pour son fils pour sa fille et pour son frère. aussi pour sa sœur vierge qui donc n'est pas mariée. il ya donc six personnes proches qui sont cites. les deux  parents, frère et sœur et enfants. il -semble donc clair qu'il n' y a pas ' dans cette liste, les conjoints.

c'est pour cela que la plus part des sages, reconnaissent que pour la Thorah, un homme ne prend pas le deuil pour sa femme. si on le fait aujourd'hui c'est peut être parce que nos sages, il y a environs 2500ans en ont décidé autrement, probablement a cause du changement, disons de mentalités.

 Maimonide dit clairement:

רמב"ם הלכות אבל פרק ב הלכה א

אלו שאדם חייב להתאבל עליהן דין תורה, אמו ואביו בנו ובתו ואחיו ואחותו מאביו, ומדבריהם שיתאבל האיש על אשתו הנשואה, וכן האשה על בעלה,

pour lui, la Thorah ne parle pas ici du conjoint. par contre' les sages  ont inclut de leur propre initiative le conjoint dans la liste. mais la Thorah elle même ne le demande pas.

cet avis de Maimonide est celui qui fait loi jusqu'a nos jours

rachi' lui, explique, au contraire que le conjoint se  trouve dans cette fameuse liste de la thorah

il dit que la phrase d'introduction a la liste

כִּי אִם לִשְׁאֵרוֹ הַקָּרֹב אֵלָיו

 : les personnes qui lui sont proches,

 he bien n'est pas une phrase d'introduction mais au contraire le conjoint!

רש"י ויקרא פרק כא

(ב) כי אם לשארו – אין שארו אלא אשתו:

cheero' c'est sa femme!

le mot cheer veut dire  le prolongement de sa chaire. comme par exemple dans un autre verset:

ויקרא פרק יח

(יב) עֶרְוַת אֲחוֹת אָבִיךָ לֹא תְגַלֵּה שְׁאֵר אָבִיךָ הִוא:

tu ne dévoileras pas la nudité de la sœur de ton père car elle est le " cheer" de ton père.

 mais justement dans cette phrase, cheer ne veut pas dire sa femme!

rachi le sait. et pourtant, pour lui, il est impensable que la thorah n'inclut pas le conjoint. pour rachi, c'est même la première personne, la plus proche, la plus intime, et elle est , toujours selon lui, en tète de la liste.

si on résume:

dans tous les cas, on prend le deuil pour le conjoint.

 la différence de point de vue est :

 est-ce que la thorah elle même le demande ou est-ce les sages qui l'on rajoutée, plusieurs centaines d'années après?

                                                                                             rachi dit que la Thorah demande de prendre le deuil

pour le conjoint et Maimonide dit que non.

 en définitive, ce que l'on appelle la "halakha" conclu comme.. Maimonide!:

le deuil pour  son conjoint n'est pas une loi de la Thorah mais une décision rabbinique.

vous me direz, a juste titre, que cela n'a pas d'importance, puisque tout le monde est d'accord sur ce que l'on doit faire aujourd'hui. c'est tout a fait vrai.

cependant ,cela nous apprend qu'il peut y avoir des changements de point de vue, voir des changement de mentalité, qui font que le texte de la Thorah qui  exprime une manière de voire est contredit par des décisions rabbiniques, plusieurs centaines d'années plus tard.

 l'enjeu est de taille:

si on veut étudier par exemple les liens psychologiques entre un homme et sa femme ,a travers le texte de la Thorah ou si on veut avoir une idée de la cellule familiale a l'époque de la Thorah, on est alors très surpris des différences significatives   entre les différentes époques. que ce soit  a l'époque de moise, du talmud ou de nos jours.

a l'époque de la Thorah, la polygamie était permise

 un père pouvait vendre sa très jeune fille en esclavage!

 et comme on l'a vu, le mari ne prenait pas le deuil pour son épouse!

au cours des années, l'évolution des sociétés, des mentalités, ou pour d'autres raisons, nos sages modifient la loi et l'adapte.

les sages de la grande assemblée, au sixième siècle avant l'ère profane, font entrer le conjoint dans la liste des endeuilles. au 11eme siècle un grand décisionnaire, rabenou Guershon,'interdit la polygamie. l'esclavage est depuis longtemps bannie.

 changement d'époque, changement de mentalité, la halakha ici encore évolue.

  1. juif par la mère

 

 

voyons un autre exemple ' cette fois vers la fin de notre Sidra:

ויקרא פרק כד

(י) וַיֵּצֵא בֶּן אִשָּׁה יִשְׂרְאֵלִית וְהוּא בֶּן אִישׁ מִצְרִי בְּתוֹךְ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַיִּנָּצוּ בַּמַּחֲנֶה בֶּן הַיִּשְׂרְאֵלִית וְאִישׁ הַיִּשְׂרְאֵלִי:

un homme' fils d'une israélite et fils d'un égyptien, sort, a l'intérieur du peuple d'Israël et il se querelle avec un fils d'Israël.

la suite est dramatique. il profane le nom de dieu et on le lapide. je ne voudrais pas parler de cette histoire mais simplement relever le fait, que cet homme a un problème d'appartenance au peuple parce que son père est égyptien. il n'est donc pas juif, malgré le fait que sa mère le soit.

cela peut nous surprendre, nous, qui savons que depuis deux mille ans, la judéité est transmise par la mère!

et pourtant, il semble admis qu'au temps de la Thorah, l'affiliation juive passe par le père. l'appartenance a une tribu se fait par le père.

 est Cohen celui qui est ne d'un père Cohen.

de même pour les Levi  et toutes les autres tribus.

 ce sont les pères qui sont mentionnes lors des recensements ….

jusqu'a quand cela a était la règle?

pendant longtemps, en tout cas au moins jusqu'a l'époque de EZRA le scribe, au retour d'exil de Babylone.

l'une des référence les plus ancienne du changement de position de la halakha a ce sujet, remonte a l'époque de la Michna aux alentours du second siècle, après la destruction du second temple:

ספרא אחרי מות פרשה ח ד"ה פרשה ח

למה נאמר איש איש אמר רבי אלעזר ברבי שמעון להביא וולד ישראל מן הגר ומן העבד.

rabbi Eléazar, fils de rabbi Shimon bar yohay, inclut les enfants de mère juive et de père goy comme faisant aussi partie du peuple.

 Une autre référence plus précise encore, citée dans le talmud

תלמוד בבלי מסכת קידושין דף סח עמוד ב

א"ר יוחנן משום ר"ש בן יוחי, דאמר קרא: +דברים ז+ כי יסיר את בנך מאחרי, בנך הבא מישראלית קרוי בנך, ואין בנך הבא מן העובדת כוכבים קרוי בנך אלא בנה

Rabi Chimon bar yohay  exclu le fils d'un juif et d'une idolâtre .

Il semble donc très probable, qu'il y ai eu changement de position entre la Thorah et le talmud. Etait juif, le fils d'un père juif. Et maintenant, est juif, l'enfant d'une mère juive

il est très intéressant de remarquer que les citations sur lesquels nos sages vont se baser pour définir que c'est la mère qui détermine la religion de l'enfant, se rattachent a des versets de la Thorah elle même.

c'est a dire que me lorsque la halakha change on tache toujours a se référer a elle!

 comme si on avait besoin de marquer la continuité alors, qu'il y a , de façon flagrante, changement de comportement et de règle!!!

4 la loi du talion

dernier exemple, cette fois a la toute fin de la Sidra:

ויקרא פרק כד

(יז) וְאִישׁ כִּי יַכֶּה כָּל נֶפֶשׁ אָדָם מוֹת יוּמָת:

(יח) וּמַכֵּה נֶפֶשׁ בְּהֵמָה יְשַׁלְּמֶנָּה נֶפֶשׁ תַּחַת נָפֶשׁ:

(יט) וְאִישׁ כִּי יִתֵּן מוּם בַּעֲמִיתוֹ כַּאֲשֶׁר עָשָׂה כֵּן יֵעָשֶׂה לּוֹ:

(כ) שֶׁבֶר תַּחַת שֶׁבֶר עַיִן תַּחַת עַיִן שֵׁן תַּחַת שֵׁן כַּאֲשֶׁר יִתֵּן מוּם בָּאָדָם כֵּן יִנָּתֶן בּוֹ:

(כא) וּמַכֵּה בְהֵמָה יְשַׁלְּמֶנָּה וּמַכֵּה אָדָם יוּמָת:

un homme qui tue un autre sera mis a mort

un homme qui tue un animal devra rembourser sa valeur

un homme qui provoque un handicape, il lui sera fait de même.

fracture pour- ou a la place de- fracture, œil pour œil dent pour dent, de la même manière qu'il amputera un homme, de même il lui sera fait.

celui qui causera un dommage a une bête, remboursera

.

lisons un autre passage dans l'exode au chapitre 21

שמות פרק כא

(כד) עַיִן תַּחַת עַיִן שֵׁן תַּחַת שֵׁן יָד תַּחַת יָד רֶגֶל תַּחַת רָגֶל:

(כה) כְּוִיָּה תַּחַת כְּוִיָּה פֶּצַע תַּחַת פָּצַע חַבּוּרָה תַּחַת חַבּוּרָה:

cette fois dans l'exode:

œil pour œil dent pour dent pied pour pied

brulure pour brulure blessure pour blessure coup pour coup.

la lecture littérale a l'air d'être tres claire. pour les animaux il faut payer, il faut rembourser le dommage  par contre pour les hommes, on demande une blessure équivalente.

pourtant, les sources de halakha rabbinique les plus anciennes, que nous ayons, a part , évidement le texte de la Thorah lui même  remontent  au talmud, c'est a dire, au premier siècle, he bien ces sources disent clairement le contraire:

ספרא אמור פרשה יד

(ז) יכול סימא את עינו, יסמא את עינו, קיטע את ידו יקטע את ידו, שיבר את רגלו ישבר את רגלו, תלמוד לומר מכה בהמה מכה אדם, מה מכה בהמה בתשלומים אף מכה אדם בתשלומים

il est impensable que le texte nous enseigne de crever un œil pour un œil ou de couper une main pour une main coupée.  le fait que le texte dise qu'il faille rembourser un dommage pour une bête, nous enseigne qu'il faut dédommager l'handicape, par de l'argent.

ici encore, la halakha interprète le texte, en s'appuyant sur ce même texte, pour en déduire des halakhot contraires au sens littéral.

comparons notre texte de la Thorah a celui des lois Hammourabi, codex, du 18eme siècle avant l'ère profane, en Babylonie que l'on a découvert graves sur une grande stèle

אם השחית איש את עין רעהו – את עינו ישחיתו (חוק 196).
אם שיבר את עצם רעהו, את עצמו ישברו (חוק 197).
אם הכה איש את שן רעהו, את שִׁנּוֹ יכו (חוק 201).

si un homme endommage l'œil de son prochain c'est son œil que l'on endommagera (loi 196)

si  il casse un membre de son prochain, on lui cassera un membre (loi 197)

si un homme casse la dent de son prochain' on lui cassera une dent (loi 201)

il n'est donc pas illogique de penser que la Thorah ai elle aussi envisagé des punitions corporelles équivalentes au dommage.

et pourtant, tous nos sages l'interdisent formellement . ils interdisent même de faire ce que je viens de faire, c'est a dire imaginer  le contraire!

5 la halakha

 

les exemples que nous avons vu, sont loin d'être les seuls. il ya très souvent des divergences entre le texte ' le sens littéral de la Thorah et les lois que nos sages en déduisent.

 j'ai parle de changement, de modification, d'évolution.

 mais est – ce que cela veut dire que l'on trahisse la Thorah en faisant cela?

 hé bien je ne le pense pas du tout!

cela parait paradoxal' mais la Thorah elle même nous invite  a faire cela. je dirais encore plus; il me semble que si nous ne faisions pas cela' c'est a dire si nos sages avaient figé en dogmes le texte,

 on aurait été taxés ,par la Thorah elle-même,  d'idolâtrie envers elle! c'est pour cela que l'on parle de loi orale en perpétuelle évolution.

rappelons nous des injonctions de la Thorah:

דברים פרק יז

(ט) וּבָאתָ אֶל הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם וְאֶל הַשֹּׁפֵט אֲשֶׁר יִהְיֶה בַּיָּמִים הָהֵם וְדָרַשְׁתָּ וְהִגִּידוּ לְךָ אֵת דְּבַר הַמִּשְׁפָּט:

(י) וְעָשִׂיתָ עַל פִּי הַדָּבָר אֲשֶׁר יַגִּידוּ לְךָ מִן הַמָּקוֹם הַהוּא אֲשֶׁר יִבְחַר יְקֹוָק וְשָׁמַרְתָּ לַעֲשׂוֹת כְּכֹל אֲשֶׁר יוֹרוּךָ:(יא) עַל פִּי הַתּוֹרָה אֲשֶׁר יוֹרוּךָ וְעַל הַמִּשְׁפָּט אֲשֶׁר יֹאמְרוּ לְךָ תַּעֲשֶׂה לֹא תָסוּר מִן הַדָּבָר אֲשֶׁר יַגִּידוּ לְךָ יָמִין וּשְׂמֹאל:

tu iras chez les cohanim et les juges qu'il y aura en ce temps la( entre parenthèses, même s'ils ont l'air, moins savants que d'autres, qui vivaient en d'autres temps, il faut quand même te fier a ceux qui vivent a ton époque – tu n'as devant toi que ces sages la ), tu leur demanderas et ils te diront ce qu'il faut faire. tu ferais selon ce qu'ils te dirons, depuis l'endroit que dieu aura choisi, et tu feras comme ce qu'ils t'enseigneront. Tu te comporteras selon la Thorah qu'ils t'enseigneront, et selon les règles qu'ils te diront . ne dévie ni a gauche ni a droite de leur enseignement.

la Thorah nous ordonne une énorme liberté d'interprétation mais en même temps elle la limite encore plus:

on ne doit pas faire n'importe quoi!

ce sont les sages, qui sont réunis au grand tribunal , au sanhédrin qui doivent décider. et pas chacun dans son coin.

eux, ont la responsabilité de faire vivre la loi et l'interpréter. et ils sauront toujours, rattacher leur décisions et leur interprétations, a la loi écrite, la Thorah.

 on le voit, cela n'est pas facile.

d'un cote, faire vivre et faire évoluer la thorah et de l'autre, empêcher de faire n'importe quoi et de risquer de  tout détruire, y compris l'unité du peuple.

historiquement, nos sages prennent beaucoup plus de libertés en terre d'Israël. mais , des la sortie en exile ,la rigueur et la congélation des codex l'emporte. nous vivons aujourd'hui la fin d'une période d'exil de deux mille ans. notre judaïsme a été fige sur les textes du talmud. nous avons donc l'impression, que le judaïsme doit être fige et que les textes ont le dessus sur l'appréciation humaine. cela n'a pas été le cas avant l'exil. le judaïsme pratiqué en terre d'Israël, a l'époque du premier temple est très différent de celui pratique lors du second temple et est encore extrêmement différent de celui pratique dans les différentes communautés juives d'exil. il est très probable, qu'avec le retour en Israël, nous assisterons a des évolutions encore plus importante,

 cela semble être déjà en marche.

Il y aura,  comme toujours, des juifs qui s'opposeront a toute évolution,. mais il y aura aussi des juifs qui n'auront pas peur d'affronter l'évolution naturelle, comme nos très grands sages l'ont fait au cours de l'histoire.

alors non, nous ne sommes pas le peuple d'un livre au texte fige, de la Thorah écrite, nous sommes le peuple de la Thorah orale qui vit , perdure et évolue grâce a nos sages, autour de la Thorah écrite, qui continue ainsi a être une Thorah qui vie, une Thorah  de vie!

D'ailleurs la loi qui dicte la conduite a tenir s'appelle en hébreu la halakha. C'est-à-dire la marche. La marche a suivre mais aussi la marche tout cours car la loi marche. La loi évolue. Et comme tout ce qui évolue et avance, il y a différentes vitesses. Il y a des facteurs qui poussent vers l'évolution, des facteurs d'accélération

 et d'autres qui la freine.

pour finir, je voudrais illustrer, a travers notre paracha, ces deux dimensions contradictoires , l'accélérateur et  le frein

d'un cote, l'obligation de prendre ses responsabilités et interpréter le texte en fonction de l'évolution de l'histoire

et de l'autre, le danger de partir dans tous les sens et de tuer, si j'ose dire, la poule aux œufs d'or, qui est pour nous la Thorah.

  1. "l'accélérateur"

a propos des  fêtes, il est écrit:

ויקרא פרק כג

(ד) אֵלֶּה מוֹעֲדֵי יְקֹוָק מִקְרָאֵי קֹדֶשׁ אֲשֶׁר תִּקְרְאוּ אֹתָם בְּמוֹעֲדָם:

voici les fêtes de dieu, les rendez vous auxquels dieu vous invite, jours saints, que vous fixerez en leur temps. nos sages insistent: c'est vous' les hommes' le tribunal de Jérusalem qui définira le jour exacte ou la fête aura lieu. pour des raisons astrologiques, la lune, mais aussi, pour des raisons d'ordre économique, sociales, ou autres, le sanhédrin peut retarder les fêtes de quelques jours, voire, d'un mois entier. dieu sera au rendez vous fixé par l'homme! et ca c'est dieu lui même qui le demande!

voila pour illustrer le premier point, l'exigence de la Thorah elle même, a la participation active de l'homme dans la fixation de la vie religieuse.

  1. le frein

analysons le titre de notre Sidra: Emor  =tu diras

moche doit enseigner aux cohanim, les lois les concernant. mais il ya redondance de ce verbe dans la phrase:

ויקרא פרק כא

(א) וַיֹּאמֶר יְקֹוָק אֶל מֹשֶׁה אֱמֹר אֶל הַכֹּהֲנִים בְּנֵי אַהֲרֹן וְאָמַרְתָּ אֲלֵהֶם לְנֶפֶשׁ לֹא יִטַּמָּא בְּעַמָּיו:

tu diras…. et tu leur diras

rachi enseigne:

רש"י ויקרא פרק כא

(א) אמר אל הכהנים – אמור ואמרת, להזהיר גדולים על הקטנים:

 c'est pour que l'enseignant n'ai pas seulement le soucis d'enseigner a son élève' mais qu'il mesure les conséquences de son enseignement, lorsque cet élève l'enseignera a son tour!

voila l'autre impératif, celui de faire très attention lorsque l'on veut enseigner, renouveler, voire évoluer: attention a ne pas faire n'importe quoi. il faut mesurer cette énorme responsabilité. qu'est ce que cela donnera dans deux générations, dans trois!

 c'est cette peur , cette angoisse, tout a fait justifiée, qui a réussi a préserver nos traditions et notre peuple durant des millénaires, envers et contre toutes les intempéries de l'histoire.

et pourtant, il me semble non moins important, voire urgent de nous atteler aussi au premier point, a l'exigence contraire. il y a des moments ou la congélation, tres utile pour faire durer ,fait perdre  la saveur et parfois tue ce que l'on voulais tellement préserver. espérons que le peuple d'Israël, ensemble, saura relever ce défi pour préserver et faire vivre avec toute l'acuité qu'elle mérite ,et pour encore très  longtemps, notre Thorah tant aimée.

merci

BEHOUKOTAY

Behoukotai

Par michel bensoussan

Notre sidra est la derniere du livre de vaykra.

Dans la premiere partie,le peuple d'israel se trouve devant deux options biens distinctes: si ils suivent les commendements (behoukotai) de Dieu, La terre donnera ses fruits.et le peuple jouira de la tranquilite et de la paix en israel.

Dans l'option contraire, les pires maladies leurs sont promises, leurs ennemis auront le dessus, la terre ,envers qui on n'aura pas respecte les lois de chemita , ne suportera pas le peuple qui devra alors  s'exiler .

Malgres toutes ces maledictions, Dieu promet de ne pas abandonner son peuple .il  fera revivre l'alliance conclu avec les patriarches.

La seconde partie de la sidra traite d'un sujet tres particulier: les "arakhim"( valeurs- ou evaluations). Il sagit d'evaluer la valeur d'un don qu'une personne decide de donner en veux' aux cohanim. Ces lois, douze au total, font l'objet d'un traite entier dans le talmud.

Un résumé de  Be’houkotaï SELON LES MONTEES

Par le Dr Michel Bensoussan

Notre Sidra clôt le livre de Vayikra (le Lévitique) par une alliance entre D'ieu et son peuple. En entrant en terre d'Israël, c'est la conduite morale de chacun et de tous qui influencera la qualité de leur vie. Le respect des lois de la Thora permettra à la bénédiction d'atteindre tous les domaines de la vie. Dans le cas contraire, une longue liste de "malédictions" frappera (et a, malheureusement, frappé au cours de l'histoire) !

Première montée : Elle est très courte. Les bénédictions commencent par une pluie abondante qui vient en son temps, des récoltes qui nourrissent les habitants du pays en permanence et en  sécurité.

Deuxième montée : Elle aussi est très courte. Le pays reposera en paix. Tous les ennemis auront peur de s'en prendre à nous. D'ieu éclairera sa face vers nous et nous nous multiplierons.

Troisième montée : Elle est très longue. Après quelques versets de bénédictions, les malédictions "commencent", dans le cas d'une rupture d'alliance de la part du peuple ! Des maladies douloureuses et incurables. Nos récoltes sont mangées par nos ennemis. Ce sont eux qui auront le dessus dans tous les domaines. Le ciel et la terre cesseront de nous alimenter. À chaque étape, D'ieu remettra en jugement notre comportement. Si on poursuit nos méfaits, d'autres malédictions s'abattront, sept fois plus fortes. Nos villes ainsi que nos temples seront détruits. Nous aurons toujours faim. Nous serons exilés. L'exil durera le même nombre d'années que de "Shemita" non respectées (soixante-dix pour le premier exil). Les exils seront très douloureux. Nous nous sentirons sans défense et sans défenseur. Et pourtant, à la fin des temps d'exils, D'ieu se souviendra de son peuple et de la promesse faite à ses pères  et le ramènera sur sa terre.

Quatrième montée : Un tout autre sujet est abordé. Si une personne désire offrir au Temple la "valeur" d'une personne ou d'un animal, de quelle somme s'agit-il ? Selon l'âge et le sexe, la Thora détaille la "valeur" de chacun !

Cinquième, sixième et septième montées : Si au lieu d'un animal ou d'une personne, c'est la valeur d'un terrain qu'une personne désire offrir, les différentes "valeurs" sont aussi détaillées. Quel est le rapport entre ce dernier sujet (les "valeurs") et le début de la Sidra (l'alliance avec tout le peuple) ? Peut-être est-ce pour nous rappeler que la "valeur" d'une communauté et d'un peuple dépend de celle de chacun de ses composants !

BEHAR

Un résumé de la Paracha Behar  

  Par le Dr Michel Bensoussan

Lorsque Moïse était encore au mont (=BEHAR) Sinaï, D'ieu lui a transmis les lois que le peuple devra appliquer dès son entrée en terre d'Israël. Il faut que la majorité du peuple juif se trouve sur sa terre pour que ces lois soient appliquées. En attendant (c'est le cas encore aujourd'hui) nous les pratiquons quand même, à un degré moindre, par décret rabbinique. (En attendant…!)

Première montée : Une année sur sept, la terre devra se reposer. C'est la  Shemita. Il est alors interdit de travailler la terre et de l'utiliser à des fins commerciales, tous les fruits doivent cesser d'être considérés comme des « produits » commerciaux, cosmétiques ou médicaux. L'essentiel sera au contraire un retour, que l'on qualifierait aujourd'hui de « hautement écologique ». Il faut, en fait, réapprendre à manger correctement, redonner à la terre sa fonction naturelle sans la « dénaturer » ! Après sept cycles de Shemita, la cinquantième année est aussi particulière : c'est le Yovel, le jubilé. Chaque parcelle de terre retrouve son propriétaire d'origine. En plus de la liberté de la terre, toutes les contraintes économiques et sociales sont abolies. C'est une année de grande libération pour tous et pour tout. (Aujourd'hui, nous n'avons pas encore commencé à compter les cinquante années du Yovel car la majorité du peuple juif n'est pas encore sur sa terre).

Deuxième montée : Une loi pratique découle de ce qui vient d'être enseigné : une terre ne devra être vendue qu'en fonction du nombre d'années restantes jusqu'au Yovel, puisqu'elle retournera alors à son propriétaire. On n'achète donc jamais une terre à perpétuité.

Troisième montée : Autre conséquence possible : certaines personnes pourraient craindre ne plus avoir à manger la septième et la huitième année, étant donnée que la terre ne sera pas travaillée pendant la Shemita ! D'ieu promet alors que la sixième année donnera une récolte suffisamment abondante pour les trois années suivantes !

Quatrième montée : Il est interdit de vendre sa terre (la parcelle reçue en héritage depuis le partage à l'époque de Josué), à moins que le propriétaire ne se soit appauvri. Mais même dans ce cas il doit garder une partie de son champ. Un proche parent pourra, en attendant le Yovel, racheter (littéralement « délivrer ») pour lui la terre vendue

Cinquième montée : Une exception à cette règle est cependant prévue: certaines villes avaient une valeur stratégique et elles étaient la cible d'attaques ennemies. Pour inciter leur peuplement, on promit à l'acquéreur d'un tel terrain, qu'il ne serait pas obligé de le revendre à son propriétaire d'origine après une année. Pendant cette année seulement, la terre pourra être rachetée (délivrée). Après cette année, il sera donc assuré d'en profiter  perpétuellement, même après le Yovel !! Il y a obligation de prêter de l'argent à celui qui est en difficulté. Ce prêt doit être gratuit, sans aucun intérêt. Comme la terre et ses fruits, l'argent ne doit pas être un moyen de pression sociale ou économique. Tout appartient à D'ieu, et nous devons nous servir des biens de ce monde à bon escient.

Sixième montée : Au sein de la société d'Israël, le statut d'indépendant est celui qui garantit la liberté de l'homme. Cependant, certaines personnes peuvent se trouver en situation difficile et devenir salariés. Dans ce cas, il ne faudra pas que le patron profite de la situation pour les avilir. En tout cas, au Yovel, tous ces statuts sont abolis pour permettre à tous de repartir sur des bases saines.

Septième montée : Un Juif qui se vendra à un goy devra être racheté au plus tôt, par ses proches parents. En tout cas, tout achat se fait en calculant le nombre d'années restantes avant le Yovel. Ces années seront considérées, en fait, comme une location ou un salariat, puisqu'au Yovel tout est remis à zéro. Ainsi, le principe de liberté est au cœur du service divin. C'est dans ce but qu'Il nous a sortis d'Égypte. Être esclave de D'ieu c'est être vraiment libre.

BEHAR

Par Michel Bensoussan

Pour la radio kol israel en français le 14-05-09

Une des mitsvots rencontrée dans nos parachiot c'est  la shemitah:

L'année de jachère, l'année sabbatique, que l'on a vécue par exemple, l'année dernière.

Pour simplifier  la compréhension de cet ensemble de lois, nous pouvons dire qu’il s'agit de deux grands principes:

  • Le premier est que la terre d’israel doit “se reposer” de tout travail agricole entrepris par son propriétaire juif, et ce, pendant une année, tous les sept ans .C’est le” shabbat” de la terre.
  • Le second principe est que les fruits de cette année ne peuvent servir qu’a  une seule chose: être mangés!

Ils ne pourront donc pas servir  par exemple à faire des médicaments. Mais surtout,  Ils ne peuvent devenir des “produits commerciaux”! On ne peut donc pas les vendre. Ils appartiennent a tous. Chacun peut les cueillir et les consommer

Le principe est qu’ils doivent retrouver aux yeux de l’homme, leur  fonction naturelle.

De la découle aussi une redistribution plus équitable de la nourriture entre les hommes

Ainsi, ces deux principes de base, invite l’homme a reconsidérer son rapport a la terre et a ses fruits, en les débarrassant de toutes les utilisations  secondaires  que sa course vers l’utile, ou le profitable, leur a attribue.

Une tomate doit redevenir une tomate!

Et non plus un “produit”  commercial, cosmétique ou autre.

La terre elle même, doit redevenir la terre.

Et non plus un “ terrain” qui a  rendement ou qui fait l’objet de transactions économiques, ou sociales.

C’est donc un retour que l’on qualifierai aujourd'hui de hautement  écologique qui est demande a l’homme

Il n’est pas question d’en conclure que le commerce des fruits ou de la terre soit interdit tout le temps!

Pour manger une tomate, il faut bien qu’un agriculteur se donne la peine de la faire pousser, que son travail soit  pleinement rétribué  et qu’il me la vende. C’est d'ailleurs ce qu’il est recommande de faire durant la majorité du temps, a savoir pendant  6 années. Mais justement, pendant ces 6 année, ce qui intéresse la thorah, semble t-il, c’est la qualité du rapport de l’homme a ce travail. son rapport a la terre, aux fruits, au  monde qui l’entoure, et a ces concitoyens .Le fait qu’il devienne “un consommateur”, sa course  vers le profit immédiat, toutes ces petites choses de la vie quotidienne,   demandent en réalité a être   réévaluées et ressourcées en permanence.

Hé bien, ce sera justement cela, la véritable fonction de la chemita, tous les 7 ans et du yovel, tous les 50 ans.

De la même façon, que le chabbat nous permet de “ mieux   travailler” pendant la semaine en nous faisant prendre du recule vis a vis de ce travail. La chemita a  pour but  de nous réapprendre a manger, nous réapprendre a cultiver notre champs, a réajuster nos comportements vis a vis de la terre e, de ses fruits et des autres hommes.

Deux mille ans d'exile, nous ont  malheureusement déforme, limité, ces lois en "restriction alimentaire".Comme il était interdit de consommer cette année la, des fruits provenant d'israel, La chemita est devenue pour le judaïsme d'exile, un problème de cacheroute. Alors que son but principal est de réajuster les rapports écologiques et sociaux!

Espérons donc, que dans notre société de consommation ou la nature et le souci de l'autre, sont devenus  les parents pauvres de notre système global, nous trouvions, tous ensemble, le temps et le plaisir  de mieux comprendre ces belles lois  pour mieux les mettre en pratique. Il ne nous reste plus que  six ans avant la prochaine!

Chabat chalom.

EMOR

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Emor

PAR MICHEL BENSOUSSAN

La première partie de notre Sidra (les trois premières montées) traite des lois de pureté que devront respecter les Cohanim. La seconde (les trois montées suivantes) traite de toutes les fêtes juives.

Première montée : Un Cohen n'a pas le droit d'être en contact avec la mort, sauf dans le cas d'un très proche parent. Il ne peut se marier avec une femme divorcée. Le grand Cohen ne pourra, lui, se marier qu'avec une femme vierge.

Deuxième montée : Un Cohen infirme ne pourra pas servir au Temple. En cas d'impureté, il lui est interdit de pénétrer dans le Temple. Un Cohen impur n'a pas le droit de consommer la Térouma.

Troisième montée : Les animaux présentant des infirmités ne sont pas aptes à être sacrifiés. De même, un animal ne peut être sacrifié durant les sept premiers jours de sa vie.

Quatrième montée : Dieu dicte à Moché la liste des fêtes annuelles. Seul le jour de Shabbat est fixé par Dieu lui-même, une fois pour toutes : le septième jour de chaque semaine. En revanche les autres fêtes dépendent de la décision du grand tribunal (Sanhedrin) qui fixe, en fonction de critères très divers (les saisons, la visibilité de la lune, l'état des routes pour monter à Jérusalem,…) la date du premier jour du mois, et s'il y a lieu de repousser d'un mois le début de l'année ! Ces jours de fête fixés par un tribunal humain ont autant de valeur que le shabbat, lui, fixé par Dieu.

La première fête est Pessa'h. Elle a lieu le quinzième jour du premier mois (Nissan). Puis quarante-neuf jours sont comptés jusqu'à la seconde fête : Chavouot.

Cinquième montée : Le septième mois de l'année (Tichri) comprend, lui, trois fêtes : le premier du mois est le « jour du souvenir » (Roch Hachana). On y sonne du chofar. Le dix de ce même mois est Yom Kippour, jour du pardon de toutes les fautes.

Sixième montée : Le 15 du mois, c'est la fête de Souccot qui dure sept jours, puis un huitième jour de clôture (Chemini Atseret).

Septième montée : Chaque jour de l'année, la Ménorah doit être rallumée. Sur la table en or, face à elle, sont déposés chaque shabbat douze pains, qui seront consommés par les Cohanim la semaine suivante.

Un israélite (fils d'un Égyptien et d'une Israélite) s'est querellé et a blasphémé le nom de Dieu. Il est condamné à la lapidation !

Par Michel Bensoussan pour la radio kol israel en français 07-05-09

Pourquoi les cohanim n'ont pas le droit d'entrer dans un cimetière?

Pourquoi sont ils écartes de ce qui touche a la mort?

Toucher un mort, rend "tame" impur. Mais que veut dire au juste ce mot tame?

Une des déclinaisons possibles de la racine du mot "tame" est "atoum". Fermé. On se rappelle, pour ceux qui ont vécu la guerre d'Irak, des  "heder atoum" des chambres isolantes, bouchées.  La toumea ' l'impureté', serait donc la fermeture.

Qu'est-ce qui peut être  fermé dans l'homme?

La parole, par exemple. Comme le titre de notre paracha.

Mais plus grave encore, ce qui peut se fermer chez un homme c'est son espoir, sa joie de vivre, l'envie d'entreprendre, son optimisme.

Lorsque dieu interdit a Adam de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, il lui prédit qu'au moment même ou il en mangera, il mourra. Or on voit que Adam en mange mais qu'il ne meure pas, en tout cas,  pas tout de suite.

Que voulait dire dieu ' alors, en disant "tu mourras"? Pourquoi le fait de s'approprier de la connaissance tue? Le savoir n'est –il pas au contraire libérateur?

Nos sages expliquent que ce que l'homme a perdu en échange de la connaissance, c'est sa temimout. Sa naïveté, son insouciance, sa fraîcheur, son enthousiasme, sa joie de vivre.

Tout projet ' toute initiative' peut être démolie par quelqu'un qui vous dira " oui mais' a quoi bon, c'est difficile, c'est impossible, et de toute façon ça ne  sert a rien, puisque ceci, puisque cela,… puisque de toute façon on va mourir! Et oui, l'argument de poids, celui contre lequel on a plus  rien a  dire c'est la mort. C'est vrai, tout le monde va mourir. Alors a quoi bon?

Voila, la connaissance, c'est très bien, mais ça peut aussi arrêter, boucher, les éléments de vie! Oui, en mangeant de l'arbre, l'idée de la mort, le pessimisme, les forces qui paralysent, qui attristent, qui arrêtent le cours de la vie sont entres chez l'homme.

Il faut donc, pour vivre, pour mieux vivre, insuffler sans arrêt chez l'homme de la temimout. Cet insouciance, cette naïveté, cette fraîcheur, comme une eau rafraîchissante (et dans tamim il y a "maim" l'eau).

La mort, et pas uniquement la mort biologique, mais la mort de l'âme, la mort dans l'âme, le pessimisme, la dépression, peuvent être contrebalance par la fraîcheur de la temimout. Tam, justement, est formé des mêmes lettres que "met"= mort. Mais a l'envers!

La fonction principale du Cohen c'est d'aider les hommes à mieux vivre. A leur insuffler de l'optimisme

C'est pour cela qu'il est protégé lui-même de tout ce qui pourra entamer son optimisme a lui. Des qu'il sera en contacte avec un élément négatif, "tame" "impur", c'est adire qui obstrue les canaux du flux de la vie, il faudra qu'il entreprenne un processus de débouchage des canaux, ce que l'on appelle la tahara, encore mal traduite par  purification. Cela se fera Souvent d'ailleurs a l'aide de temps, de régénération, de resourcement, mais aussi a l'aide d'eau justement. L'eau de la temimout' l'eau de la vie.

Déclarer une personne "tame", ça n'est, ni une punition, ni même un reproche! C'est au contraire, l'aider a diagnostiquer en elle une fermeture, pour tout de suite,  entamer un processus de ressourcement qui va l'aider a mieux vivre.

Chabat chalom

KEDOCHIM

 13-04-08

un resume  DE   kedochim

Dieu demande a ce que tout le peuple soit kedochim– "saints"- ou "sanctifies".

S'en suivent 51 commandements: 13 positifs et 38 négatifs.

Plusieurs versets rapellents des commandements deja cites, comme le respect des parents' du chabat, l'interdiction de l'idolatrie , et meme , reprenant la fin de la sidra precedente, les interdits sexuels. D'autres, par contre, innovent. Comme par exemple, a propos des lois agricoles. Le soucis accordes aux plus demunis et les regles de morales et de justices sont au cœur de plusieurs recommandations, la fameuse mitsva d'"aimer son prochain comme soit meme" se trouve  par exemple au chap 19 verset 18.

       Pour la radio kol israel en français le 30-04-09

Ce chabbat nous lirons 2 parachot: Ahare mot et kedochim.

Je vous propose de trouver ensemble le fil conducteur qui relie en fait les différents sujets traites dans ces parachot

Les enfants d'aharon, nadav et avihou, entrent dans le saint des saints. Ils meurent, brûles pour avoir voulu s'approcher de la présence divine. Trop de ferveur, trop d'amour. Pour ne pas qu'une telle catastrophe se reproduise, dieu ne permettra un acte semblable, que le jour du yom kipour. Le jeune, la crainte, le sérieux, régnant ce jour la,' permettent au grand amour entre dieux et son peuple de s'exprimer sans danger.

La question essentielle est donc de savoir comment l'homme peut entrer en relation avec dieu sans se mettre en danger.

Une juste entrée en relation. Voila le coeur du problème.

C'est pour cela, que la paracha va décrire par exemple toutes les relations interdites: les relations incestueuses.

Car le but, c'est justement que l'homme entre en relation avec son prochain, avec son lointain, avec le monde qui l'entoure.

La kedoucha, la sainteté, nous disent nos sages, c'est la conscience que l'on est une petite pièce d'un grand puzzle. Une pièce capitale, certes, mais seul la totalité du puzzle, toutes les autres pièces, tout les autre hommes, ensemble,  représentent la réalité. Le titre de la seconde paracha, Kedochim, Le devoir d'être saint, ça n'est surtout pas d'être retranche de la communauté, au contraire, c'est d'oeuvrer pour l'ensemble. La terre d'israel est sainte parce qu'elle réuni les différentes parties du peuple et les oblige a vivre ensemble. "Aime ton prochain comme toi-même", La mitsvah la plus connue, se trouve dans notre paracha. Cinquante autres mitsvots sont énumèrees aussi. Elles ont toutes le soucis de mettre correctement en relation les hommes entre eux.

Le mot mitsvah vient aussi de la racine :"tsavta": ensemble. "Tseveth", groupe humain.

La mitsvah, qui va développer le souci de l'autre, va être l'un des outils que la thorah va nous offrir pour être en relation, pour être saint. Pour être kadoch.

C'est justement la formule que l'on utilise dans chaque bénédiction, avant d'accomplir une mitsvah: "acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou": qui nous a sanctifie en nous ordonnant ces mitsvots.

Mon rapport a dieu passe donc par mon rapport a l'autre

La qualité de mon rapport a dieu est mesure a l'aune de la qualité de mon rapport a l'autre.

Je n'accomplis pas une mitsvah parce que dieu me l'ordonne

Mais j'accompli la mitsvah par ce que je fais partie d'un peuple et dieu à ordonner la mitsvah a ce peuple.

Toute relation' n'importe comment, avec n'importe qui, nous l'avons vu au début, peut être catastrophique.

C'est pour cela que l'interdiction des relations incestueuses par exemple, sera décrite abondement dans les deux parachiots

 La kedoucha, la mise en relation correcte' c'est aussi la mise en garde des relations incorrectes.

La rencontre de toutes les parties du peuple d'israel, sur sa terre, après deux mille ans d'exile est donc la meilleure façon de nous reprendre a vivre les mitsvots, la thorah, la terre d'israel, sous l'aspect véritable de la kedoucha, c'est-à-dire, la mise ne relation, parfois difficile, mais oh combien porteuse de sens, de toutes les parties du grand puzzle que forme la communauté d'israel.           Chabat chalom

AHARE MOT

UN RÉSUMÉ des Sdarot Ahare Mot-Kedochim

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cette semaine nous lisons deux Sdarot : Ahare-Mot (que nous lisons dans sa quasi-intégralité le jour de Kippour) et Kedochim qui, disent nos Sages, contient les grands principes de la Thora.

Première montée : À la suite de la mort (Ahare-Mot) des deux fils d'Aharon, et pour que cette catastrophe ne se reproduise pas, D'ieu dicte des règles strictes qui régiront l'entrée dans le "Saint des Saints". Un seul jour par an (le jour de Kippour) une seule personne (le grand Cohen), et selon un protocole minutieux (le seder Ha’avoda), pourra y entrer et intercéder en faveur de tout le peuple d'Israël.

Deuxième montée : Au cours de ce rituel, deux boucs identiques sont présentés au Cohen. Par tirage au sort, un bouc sera désigné pour être sacrifié au Temple. L'autre (le bouc "émissaire"), sera envoyé dans le désert et mis à mort en tombant d'une falaise. Le jour de Kippour est donc, aussi, le jour du Grand Pardon !

Dans le désert, il était interdit de consommer la viande d'un animal qui n'avait pas été abattu dans le Michkan. (En revanche, dès l'entrée en terre d'Israël, et jusqu'à aujourd'hui, l'abattage rituel en dehors du Temple sera permis).

Troisième montée : L’une des principales lois de l'abattage rituel est l'obligation de recouvrir de terre le sang versé (comme s'il fallait avoir honte d'avoir tué un animal pour se nourrir). Le sang, symbole de la vie, ne peut pas être consommé. La Thora détaille ensuite les différents cas d'incestes.

Quatrième montée : L'homosexualité masculine est également prohibée, au même titre que la zoophilie. Le respect de ces règles conditionne le droit, pour le peuple dans son ensemble, de résider sur la terre d'Israël.

Dans la même montée, nous entamons la seconde Sidra : "Kedochim" qui contient plus de 50 Mitsvoth. Le principe de la sainteté (Kedoucha) des personnes induit que l'on ne se laisse pas entraîner, par faiblesse, habitude ou par des cultures idolâtres voisines, à des comportements immoraux.

Cinquième montée : La probité, le souci de l'autre, la solidarité mais aussi la responsabilité, sont au cœur de plusieurs lois ordonnées ici. "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Il est interdit de mélanger, en les tissant, le lin et la laine, ou, en les croisant, différentes plantations. La séparation est souvent nécessaire pour donner vie à des principes incompatibles.

Sixième montée : Ne pas duper l'étranger, avoir des balances qui indiquent le bon poids, ne sont pas des lois moins importantes que la pratique des Mitsvoth envers D'ieu. Au contraire, c'est en fonction de notre rapport à l'autre que notre rapport à D'ieu se mesure.

Septième montée : La Thora reprend la liste des relations sexuelles interdites en mentionnant cette fois leur sanction (la mise a mort). Le peuple d'Israël sera donc différent des autres nations par les lois de la cacherout, les lois d'impureté, les  lois morales, les interdits sexuels et bien sûr, l'interdiction de toute forme d’idolâtrie.

METSORA

Un résumé de la Sidra  Metsora’

Dr. Michel Bensoussan

La Sidra précédente avait décrit les lois relatives à la Tsara’at (qui affecte la peau, les vêtements ou les pierres d'une maison). Celle de cette semaine rapporte les différents  processus de purification. Dans la dernière partie, la Torah décrit le processus de purification des personnes qui ont eu des écoulements séminaux, purulents ou sanguins. Bien qu’elles puissent nous apparaître de nos jours anachroniques, il semble que ces lois de pureté et d'impureté conditionnaient le quotidien et constituaient la majeure partie de la vie religieuse d'Israël au temps du Temple. Seule la pratique de la « Nida » (femme ayant ses règles) persiste encore.

Première montée : Après la période de mise en quarantaine de la personne atteinte de Tsara’at, le Cohen sort du camp pour aller lui rendre visite. Si les plaies sont guéries, le  processus de purification comprendra plusieurs étapes : un oiseau est sacrifié, son sang est  mélangé à de l'eau vive, de l'hysope, du bois de cèdre et de la laine de couleur écarlate. Un second oiseau est trempé dans cette préparation puis renvoyé. Ensuite, le Cohen asperge le Metsora’ (la personne atteinte de tsaraat) sept fois. Ce dernier devra ensuite laver ses vêtements, puis se raser entièrement et se tremper dans un Mikvé. Il pourra ainsi rentrer de nouveau dans le camp mais pas dans sa tente ! Après sept autres jours, il se rasera à nouveau et se trempera dans le Mikvé. Le huitième jour, il apportera au temple  trois moutons, de la semoule et de l'huile.

Seconde montée : Le Cohen sacrifie les bêtes. Et avec le sang et l'huile, il enduit les lobes d'oreille, les pouces, certains oreilles et la tête du Metsora’.

Troisième montée : Si le Metsora’ n'a pas les moyens d'offrir les trois bêtes, il amènera un mouton et deux oiseaux. Le reste du rituel est identique.

Quatrième montée : Lorsque le peuple d'Israël réside sur sa  terre, la Tsaraat pourra aussi toucher les maisons. Il s’agit de taches vertes ou rouges qui entament les pierres en profondeur. Le Cohen qui fait le diagnostic rend impur tout le contenu de la maison. Il est donc conseillé de vider la maison avant que le Cohen n'arrive ! Au bout de sept jours, si  la Tsara’at s'est propagée, les pierres atteintes sont retirées et remplacées. En cas de récidive, c'est toute la maison qui sera détruite. Dans le cas contraire, la maison est purifiée par le même rituel décrit dans la première montée (avec les deux oiseaux).

Cinquième montée : Il en sera de même si un vêtement est touché par la Tsara’at. Un écoulement séminal peut également rendre impur. La personne devient alors "Zav" (ou "Zava" pour une femme). Les objets sur lesquels le Zav s'assoit deviennent impurs et peuvent à leur tour rendre impur par contact ou en s'asseyant dessus. Pour se purifier, le Zav devra compter sept jours, puis se tremper dans un Mikvé et amener un sacrifice au Temple.

Sixième montée : Tout homme duquel sortira la semence sera impur pendant une journée, puis il devra se tremper dans un Mikvé. Cela est valable aussi en cas de relation sexuelle. Dans ce cas, sa femme aussi est impure durant toute la journée. En cas de saignements prolongés une femme, comme la Zava, sera  impure sept jours.

Septième montée : Le huitième jour, elle apportera deux oiseaux au Temple.