PINHAS

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA: Pinhas

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cette Sidra aurait pu être la dernière de la Torah puisque Dieu y ordonne à Moshé de mourir sur le mont Nébo. La passation du pouvoir à Josué se déroule sans encombre devant tout le peuple. Pourtant, deux autres Sidrot reprendront des épisodes qui se déroulent toujours dans le désert, à la veille de l'entrée en Israël. Enfin dans un dernier livre, Devarim, Moshé résumera toute l'histoire du désert, ce qui  clôturera le Pentateuque.

Première montée : Pinhas, par son acte violent et zélé, sauve le peuple du courroux de Dieu. Étant né avant qu'Aharon et ses enfants ne soient nommés Cohanim, c'est seulement maintenant qu'il reçoit à son tour le titre de Cohen ainsi que pour sa descendance. Sur ordre de Dieu, Israël attaque les midyanites qui étaient à l'origine de la débauche du peuple. L'entrée en terre d'Israël est imminente. Un nouveau recensement à but militaire est entrepris.

Deuxième montée : Chaque tribu est recensée séparément avec le nom des nouvelles familles nées après la disparition de la génération de la sortie d'Égypte quarante ans plus tôt. Ils étaient alors 603.500. Ils sont à présent 601.730.

Troisième montée : La tribu de Lévi, comme d'habitude, est comptée séparément. Ils ne participent pas au partage de la terre. Celui-ci se fait selon deux critères : d'une part, un tirage au sort dicte l'attribution d'une parcelle pour chaque tribu ; de l’autre, les plus nombreux auront droit à une parcelle plus grande. La terre restera la propriété de la tribu et de sa famille. Elle passe en héritage aux fils. Or Tselofhad, mort dans le désert pour avoir transgressé le shabbat, n'avait que des filles. Elles se plaignent du fait que la terre de leur père ne sera plus attribuée à leur famille !

Quatrième montée : Leur remarque est prise en compte immédiatement et la loi est modifiée par Dieu : dans le cas où il n'y a pas d'héritier mâle, ce sont les filles qui hériteront ! Dieu ordonne à Moshé de monter sur le mont Nébo pour y mourir, sans entrer en terre d'Israël. Moshé lui demande de nommer un successeur ; c'est Yehoshouah, Josué, qui est choisi par Dieu. Moshé lui transmet les pouvoirs devant tout le peuple.

Cinquième montée : La fin de la Sidra traite d'un sujet qu'on aurait pu trouver plus logiquement dans le livre de Vayikra, le Lévitique. Il s'agit en effet de l'énumération des sacrifices apportés au Temple à l'occasion des différentes fêtes. Chaque jour, deux sacrifices sont apportés au nom de tout le peuple : un au petit matin (correspondant aujourd'hui à la prière de Shaharit), et un autre l'après-midi (correspondant à Minha). Le shabbat, des sacrifices supplémentaires (Moussaf) sont apportés après celui du matin (ce qui correspond à la prière de Moussaf du Shabbat). Le premier jour du mois, à Rosh Hodesh, d'autres sacrifices sont apportés le matin (une prière supplémentaire, Moussaf de Rosh Hodesh, est donc rajoutée de nos jours à la prière du matin).

Sixième montée : Il en est de même pour les sept jours de Pessah, à Chavouot, à Roch Hachana et à Kippour.

Septième montée : Il en est de même enfin pour la fête de Souccot. De nos jours, en plus de la prière de Moussaf rajoutée lors de ces jours particuliers, tous ces sacrifices sont commémorés par la lecture dans la Torah du passage correspondant au jour de fête. Nous sortons pour cela un Sepher Torah pour y lire le « Maphtir », lu  donc, dans notre Sidra Pinhas.

Réflexions à propos du titre

Quel rapport peut-il y avoir entre Pinhas et la liste des « Moussafim », ces sacrifices apportés au Temple pour chaque fête ? Il me semble que Pinhas est lui même un « Moussaf », c'est-à-dire un « rajout ». En effet, Pinhas est né alors que son père n'est pas encore nommé Cohen. Il n'est donc pas Cohen de par sa naissance. Il devra « mériter » son titre de Cohen par cet acte de zélote si controversé par le peuple. De plus Pinhas est certes le fils d'Eléazar et petit-fils d'Aharon. Mais il est aussi, par sa mère, petit-fils de Yitro  prêtre midyanite ! Le suspens que nous ont fait vivre nos sages en coupant le récit de Pinhas, la semaine dernière, en son milieu, nous a fait douter un instant : Pinhas sera-t-il reconnu coupable ou sera-t-i, au contraire couronné pour son acte ? Dans tous les cas de figure, Pinhas a un statut très particulier. Il n'entre pas dans la famille des Cohanim ni dans celle d'Israël naturellement. Il gardera ce statut exceptionnel jusqu'à la fin des temps, sous l'identité d'Elyahou Hanavi. Les « Moussafim » (sacrifices exceptionnels, rajoutés lors des jours exceptionnels), tout comme Pinhas, homme exceptionnel, enrichissent le peuple et le temps « normaux » par leurs particularités. Israël doit inclure en son sein la normalité, le profane, et l'exceptionnel : la sainteté. Le tout faisant un.

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