EKEV

UN RÉSUME DE LA SIDRA : Ekev

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Dans notre Sidra, Moché répète sous toutes les formulations possibles une mise en garde claire : n'oubliez pas qui vous êtes ! Votre bonheur, sur votre terre, dépend de votre fidélité à votre histoire et aux commandements de Dieu.

Première montée : Si vous respectez tous les commandements, même ceux qui vous semblent dérisoires, vous serez heureux sur la terre d'Israël. Vous jouirez de l'abondance et de la santé. Même vos ennemis seront anéantis par Dieu. Il faudra se souvenir que cette richesse provient de Dieu, de vos mérites et de la promesse faite aux patriarches. Vous mangerez, vous vous rassasierez et vous bénirez Dieu pour la belle terre qu'il vous a donnée (d’où l'obligation du « birkat hamazone » après le repas).

Deuxième montée : Cependant, l'oubli sera facile. L'oubli de celui qui vous octroie tout ce bonheur. L'oubli de votre histoire et de votre raison d'être sur cette terre. Vous direz : « c'est la force de mon bras qui m'a procuré ces richesses ». Vous perdrez alors le mérite d'être sur cette terre.

Troisième montée : De même, lorsque Dieu aura anéanti vos ennemis, restez humbles quant aux raisons qui vous font gagner les guerres. Votre nuque raide  vous a souvent détournés de Dieu. Rappelez-vous la faute du veau d'or. Au pied du mont Sinaï alors que je recevais les Tables de la Loi. J'avais moi-même, Moché, intercédé en votre faveur et évité ainsi votre anéantissement.

Quatrième montée : Après avoir brisé les premières Tables, après avoir obtenu le pardon de Dieu, j'ai reçu deux autres Tables de la Loi après quarante jours supplémentaires de pénitence. C'est la tribu de Levi (la seule qui n'ait pas fauté) qui a été choisie pour servir Dieu et porter l'arche dans laquelle  j'avais placé les nouvelles Tables.

Cinquième montée : Résumons ce que Dieu attend de vous : la crainte, le respect, suivre ses chemins et de l'amour ; le servir de tout votre cœur et de toute votre ferveur. Aimez l'étranger, en vous rappelant que vous avez été vous-même étrangers en Égypte. Rappelez-vous votre Histoire et respectez mes commandements pour mériter la terre où coulent le lait et le miel.

Sixième montée : La terre d'Israël est différente de celle d'Égypte : l'eau n'y est pas abondante, afin que vous vous souveniez de prier et que vous méritiez la pluie ! Pour vous rappeler ces préceptes, vous les réciterez matin et soir (« le Chema Israël »), vous les enseignerez à vos enfants, vous les inscrirez sur vos portes (la Mezouza), entre vos yeux et sur votre cœur (les Tephillin).

Septième montée : Il vous faudra respecter toutes ces lois afin de conquérir la terre et de continuer à y prospérer, comme Dieu vous l'a promis.

VAETHANAN

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Vaethanan

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Pendant les derniers 36 jours de sa vie, Moshé continue de rappeler les grands moments passés dans le désert. Notre Sidra est consacrée au don de la Torah sur le mont Sinaï. Les dix commandements, le « Shema Israël » et les grands principes sont répétés. Moshé insiste sur le fait que le but est l'entrée en terre d'Israël. Les commandements ont tous les mêmes buts : que la vie en terre d'Israël prenne son sens, et rappeler aux générations à venir leur histoire, la raison de  leur appartenance à ce peuple, et à cette terre.

Première montée : Moshé avait supplié (« Vaethanan ») Dieu de le laisser entrer en Israël. Mais le refus était catégorique. Du mont Nébo où il mourra, à l'est du Jourdain il pourra voir toute la terre mais sans y entrer. C'est Josué qui conduira le peuple à la conquête. Moshé explique au peuple que c'est sa conduite morale qui déterminera sa capacité à vaincre ses ennemis et à vivre en Israël.

Deuxième montée : Les préceptes de la Torah sont la seule force d'Israël. Il devra se rappeler en permanence qui il est, et ce dont il a été témoin au mont Sinaï. C'est là que les Tables de la Loi ont été données et c'est là que Moshé a reçu tous les commandements qui devront être réalisés sur la terre d'Israël. Le danger sera toujours l'idolâtrie. L'idolâtrie sous toutes ses formes !! Dieu n'hésitera pas à renvoyer le peuple en exil, si au cours des générations ces principes sont oubliés.

Troisième montée : Six villes de refuge sont prévues pour accueillir les meurtriers par inadvertance : trois à l'ouest et trois à l'est du Jourdain. Comme l'Est est déjà conquis, c'est Moshé lui-même qui y  a installé les trois villes.

Quatrième montée : Ce qu'Israël a vu et entendu au mont Sinaï doit rester un témoignage vivant et traverser toutes les générations. Moshé reprend chacun des 10 commandements avec de très légers changements, pour les rendre encore plus accessibles. (Les commentateurs expliquent qu'il s'agit de la version des deuxièmes Tables, remises à Moshé à Yom kippour, les premières ayant été brisées lors de la faute du  veau d'or).

Cinquième montée : Moshé raconte ce qui s'est passé  au mont Sinaï, lors de la révélation de Dieu. Ce sont, en fait, les enfants d'Israël qui ont demandé à ce que Moshé leur transmette les paroles de Dieu car ils ne pouvaient les entendre directement et rester en vie.

Sixième montée : Elle débute par le texte du premier paragraphe de ce que l'on appelle « le Shema Israël » : la profession de foi récitée deux fois par jour. En Israël, on construira des maisons, des villes et on pourra y vivre dans le bonheur. Cependant ce même bonheur ne devra jamais faire oublier ce pour quoi on est là et les commandements de Dieu. Un autre danger nous guettera : l'assimilation aux mœurs idolâtres des peuples voisins.

Un autre texte bien connu est cité dans cette montée : la question d'un des quatre fils de la haggadah, le mécréant ! En effet, seule la génération des « olim hadashim » qui a connu l'exil sait l'importance des lois ancestrales et la précarité de la possession d'une terre à soi. Leurs enfants pourraient très vite rejeter la tradition. Il faudra donc sans cesse leur rappeler notre histoire pour qu'ils puissent apprécier et respecter les commandements.

Septième montée : En terre d'Israël, Dieu nous aidera à renvoyer les peuples idolâtres locaux. Il est interdit de les laisser sur place. Il est interdit de se lier à eux ou d'adopter leurs mœurs idolâtres. Dieu a choisi son peuple, non pas pour son grand nombre (au contraire il est le plus petit de tous !), mais pour son comportement moral, par amour et par fidélité à la promesse faite aux patriarches.

DEVARIM

Un Résumé de la Sidra Devarim

par Michel Bensoussan

Si l'on définit la loi écrite comme la parole reçue de D.ieu, et la loi orale comme étant la manière dont l'homme la reçoit et la fait vivre, alors on peut dire que le livre de Devarim, que nous entamons cette semaine, est l'amorce de la loi orale ! En effet, Moché n'y est plus celui qui reçoit la parole de D'ieu mais celui qui la « reprend à son compte », celui qui la transmet en son nom personnel. Comme un grand enseignant, il nous apprend ainsi à faire vivre, à notre manière, ce qui nous a été transmis, pour le transmettre, à notre tour, à travers notre expérience personnelle. Ce livre de Devarim appelé, pour cette raison, le « Miché Torah » (la répétition de la Torah), contient ce que nos sages appellent des « remontrances ». Ce terme peut sembler un peu sévère envers le lecteur. Mais c'est en fait la sévérité de l'exigence ! Exigence de lecture et de responsabilité par rapport à notre contribution propre, celle de la loi orale !

Première montée : Trente-six jours avant sa mort, juste avant la traversée du Jourdain, Moché rappelle au peuple toute son histoire depuis la sortie d'Égypte. Il va reformuler la Torah, en l'expliquant à la mesure de la capacité d'écoute de la nouvelle génération. Le but a toujours été, depuis les Patriarches, l'établissement en terre de Canaan. Ce sont les réticences du peuple qui ont retardé la réalisation du projet.

Deuxième montée : Moché explique comment il a mis en place le système judiciaire. Contrairement à ce qui est raconté dans le livre de Chemot, Ytro, qui était le précurseur de cette idée n'est pas cité ici !

Troisième montée : L'épisode de l'envoi des explorateurs est relaté, lui aussi, de façon différente : c'est le peuple qui aurait décidé d'envoyer des éclaireurs et Moché en aurait adopté l'idée (dans le livre de Bemidbar, c'était D.ieu qui l'ordonnait). Cependant, le manque de foi en D.ieu entraîne le peuple à refuser de monter en Israël. C'est ce qui va faire périr toute cette génération dans le désert durant quarante années.

Quatrième montée : Le peuple avait craint que leurs enfants ne meurent à la guerre. Eh bien ce sont les parents qui meurent et ce seront ces enfants, une génération plus tard, qui auront le mérite de vivre et d'entrer en Israël. Une partie du peuple avait regretté ses actes et avait voulu monter tout de suite en Canaan, contrairement à la décision divine. L'Emori les avait alors exterminés !

Cinquième montée : Après trente-huit années, la nouvelle génération s'apprête à entrer en Israël. Au sud, les Edomites, descendants d'Essav, sont des « petits-cousins ». Il n'est pas question de leur faire la guerre. Il faut donc passer par Eilat et remonter vers l'est. Les peuples de Moab et d’Amon, descendants de Loth, font  aussi « partie de la famille ». On ne peut leur faire la guerre. Plus au nord, Sihon, roi de l'Emori, empêche le peuple de passer.

Sixième montée : L’Emori est battu et son territoire conquis. Plus au nord encore, c'est le peuple du géant Og, dans le Bashan (actuelle Syrie) qui est battu et son territoire conquis lui aussi. Tous ces territoires sont attribués à deux tribus et demie : Gad,  Reuven et la moitié de celle de Menashé.

Septième montée : Ces trois tribus devront cependant s'associer à la conquête de l'ouest du Jourdain avant de s'en retourner à l'est. La conquête miraculeuse de l'est du Jourdain donne beaucoup de courage à Josué et au peuple qui s'apprêtent à conquérir la partie ouest.