PINHAS

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA: Pinhas

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cette Sidra aurait pu être la dernière de la Torah puisque Dieu y ordonne à Moshé de mourir sur le mont Nébo. La passation du pouvoir à Josué se déroule sans encombre devant tout le peuple. Pourtant, deux autres Sidrot reprendront des épisodes qui se déroulent toujours dans le désert, à la veille de l'entrée en Israël. Enfin dans un dernier livre, Devarim, Moshé résumera toute l'histoire du désert, ce qui  clôturera le Pentateuque.

Première montée : Pinhas, par son acte violent et zélé, sauve le peuple du courroux de Dieu. Étant né avant qu'Aharon et ses enfants ne soient nommés Cohanim, c'est seulement maintenant qu'il reçoit à son tour le titre de Cohen ainsi que pour sa descendance. Sur ordre de Dieu, Israël attaque les midyanites qui étaient à l'origine de la débauche du peuple. L'entrée en terre d'Israël est imminente. Un nouveau recensement à but militaire est entrepris.

Deuxième montée : Chaque tribu est recensée séparément avec le nom des nouvelles familles nées après la disparition de la génération de la sortie d'Égypte quarante ans plus tôt. Ils étaient alors 603.500. Ils sont à présent 601.730.

Troisième montée : La tribu de Lévi, comme d'habitude, est comptée séparément. Ils ne participent pas au partage de la terre. Celui-ci se fait selon deux critères : d'une part, un tirage au sort dicte l'attribution d'une parcelle pour chaque tribu ; de l’autre, les plus nombreux auront droit à une parcelle plus grande. La terre restera la propriété de la tribu et de sa famille. Elle passe en héritage aux fils. Or Tselofhad, mort dans le désert pour avoir transgressé le shabbat, n'avait que des filles. Elles se plaignent du fait que la terre de leur père ne sera plus attribuée à leur famille !

Quatrième montée : Leur remarque est prise en compte immédiatement et la loi est modifiée par Dieu : dans le cas où il n'y a pas d'héritier mâle, ce sont les filles qui hériteront ! Dieu ordonne à Moshé de monter sur le mont Nébo pour y mourir, sans entrer en terre d'Israël. Moshé lui demande de nommer un successeur ; c'est Yehoshouah, Josué, qui est choisi par Dieu. Moshé lui transmet les pouvoirs devant tout le peuple.

Cinquième montée : La fin de la Sidra traite d'un sujet qu'on aurait pu trouver plus logiquement dans le livre de Vayikra, le Lévitique. Il s'agit en effet de l'énumération des sacrifices apportés au Temple à l'occasion des différentes fêtes. Chaque jour, deux sacrifices sont apportés au nom de tout le peuple : un au petit matin (correspondant aujourd'hui à la prière de Shaharit), et un autre l'après-midi (correspondant à Minha). Le shabbat, des sacrifices supplémentaires (Moussaf) sont apportés après celui du matin (ce qui correspond à la prière de Moussaf du Shabbat). Le premier jour du mois, à Rosh Hodesh, d'autres sacrifices sont apportés le matin (une prière supplémentaire, Moussaf de Rosh Hodesh, est donc rajoutée de nos jours à la prière du matin).

Sixième montée : Il en est de même pour les sept jours de Pessah, à Chavouot, à Roch Hachana et à Kippour.

Septième montée : Il en est de même enfin pour la fête de Souccot. De nos jours, en plus de la prière de Moussaf rajoutée lors de ces jours particuliers, tous ces sacrifices sont commémorés par la lecture dans la Torah du passage correspondant au jour de fête. Nous sortons pour cela un Sepher Torah pour y lire le « Maphtir », lu  donc, dans notre Sidra Pinhas.

Réflexions à propos du titre

Quel rapport peut-il y avoir entre Pinhas et la liste des « Moussafim », ces sacrifices apportés au Temple pour chaque fête ? Il me semble que Pinhas est lui même un « Moussaf », c'est-à-dire un « rajout ». En effet, Pinhas est né alors que son père n'est pas encore nommé Cohen. Il n'est donc pas Cohen de par sa naissance. Il devra « mériter » son titre de Cohen par cet acte de zélote si controversé par le peuple. De plus Pinhas est certes le fils d'Eléazar et petit-fils d'Aharon. Mais il est aussi, par sa mère, petit-fils de Yitro  prêtre midyanite ! Le suspens que nous ont fait vivre nos sages en coupant le récit de Pinhas, la semaine dernière, en son milieu, nous a fait douter un instant : Pinhas sera-t-il reconnu coupable ou sera-t-i, au contraire couronné pour son acte ? Dans tous les cas de figure, Pinhas a un statut très particulier. Il n'entre pas dans la famille des Cohanim ni dans celle d'Israël naturellement. Il gardera ce statut exceptionnel jusqu'à la fin des temps, sous l'identité d'Elyahou Hanavi. Les « Moussafim » (sacrifices exceptionnels, rajoutés lors des jours exceptionnels), tout comme Pinhas, homme exceptionnel, enrichissent le peuple et le temps « normaux » par leurs particularités. Israël doit inclure en son sein la normalité, le profane, et l'exceptionnel : la sainteté. Le tout faisant un.

BALAK

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA: Balak

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Après avoir conquis une grande partie de la rive est du Jourdain, le peuple d'Israël se retrouve face au peuple de Moab qui les empêche d'entrer en terre de Canaan. Moab, comme Amon (d’où le nom de la capitale de la Jordanie aujourd'hui), sont deux peuples à qui Dieu interdit de déclarer la guerre. Ils sont en effet les descendants de Loth, neveu d'Abraham. Balak est roi de Moab. Il a été élevé à Midyan (où Moshé a séjourné longuement et pris femme), il sait donc que la force d'Israël réside dans la parole : dans la bénédiction divine. Il fait alors appel au plus grand prophète des nations, Bilaam, pour maudire Israël. Ce dernier, malgré trois tentatives, ne réussira pas à les maudire. Bien au contraire, Dieu met dans sa bouche les plus belles bénédictions qu'Israël a jamais reçues. Cependant Bilaam donnera un conseil à Balak : attaquer Israël par un autre de ses points faibles, la débauche sexuelle. Effectivement, les enfants d’Israël tombent dans le piège tendu par les femmes étrangères et succombent même à l'idolâtrie. Pinhas, petit-fils d'Aharon sauve Israël de l'extermination totale décidée par Dieu.

Première montée : Le peuple de Moab prend peur. Israël a conquis les terres de l’Emori. Son roi Balak envoie une délégation composée de notables auprès du prophète Bilaam, sur les rives de l'Euphrate. Il doit venir sur place maudire Israël. Dieu interdit à Bilaam de les suivre.

Deuxième montée : Bilaam renvoie la délégation. Balak réitère et lui envoie une seconde délégation avec de plus grands cadeaux. Cette fois Dieu permet à Bilaam de les suivre à condition qu'il ne prononce que les mots qu'Il lui dictera.

Troisième montée : En chemin, l'ânesse de Bilaam refuse d'avancer car elle voit un ange. Bilaam ne voit pas l'ange et frappe son ânesse à trois reprises. Dieu ouvre la bouche de l'ânesse (c'est l'un des dix miracles prévus depuis la création du monde). L'ânesse se plaint auprès de Bilaam pour les coups qu'il lui a donnés. Bilaam voit l'ange et s'excuse pour sa conduite. Une fois arrivé, Bilaam explique à Balak qu'il ne pourra déroger à la volonté de Dieu.

Quatrième montée : La première tentative de maudire Israël se déroule à Houtsot. De là, Bilaam et Balak aperçoivent le peuple d'Israël. Sept bœufs et sept boucs sont sacrifiés. Et pourtant Bilaam explique à Balak qu'il n'arrive pas à maudire Israël. Au contraire, il le décrit comme un peuple très particulier. Il ne se mélangera pas aux autres. Il sera seul contre tous. Et son avenir sera des plus enviables.

Cinquième montée : La seconde tentative se déroule à Tsofim. Le rituel est le même. Sept autels sont élevés. Et là encore, ce sont des bénédictions qui sortent de la bouche de Bilaam. Israël est un peuple béni de Dieu. Balak s'énerve encore plus envers Bilaam qui fait le contraire de ce pour quoi il a été commandité.

Sixième montée : La troisième et dernière tentative se déroule au Péor, haut-lieu de l'idolâtrie. De là, Bilaam observe tout Israël. Les sept nouveaux autels ne servent toujours à rien. Les plus beaux vers de bénédictions sont prononcés à l’égard d’Israël : « Qu’elles sont belles tes tentes Yaakov, tes demeures Israël. »

Septième montée : Avant de s'en retourner, Bilaam prophétise l'avenir de chaque peuple de la région.

Le peuple d'Israël s'adonne à la débauche et à l'idolâtrie avec les filles de Moav et de Midyan. Sur l'ordre de Dieu, Moshé prescrit de tuer tous les fautifs. Zimri, chef de la tribu de Chimon, s'exhibe avec Kozbi, midyanite (fille de Balak selon le midrash). Le scandale est à son comble. Pinhas petit-fils d'Aharon prend une lance et tue Kozbi et Zimri. Cet acte zélé stoppe le fléau qui fit périr 24 000 personnes !

HOUKAT

Un Résumé de la Sidra: Houkat

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Notre Sidra relate des faits qui se déroulent lors de la seconde année (l’ordre de « la vache rousse ») et lors de la quarantième année dans le désert (mort de Myriam, le rocher de Moshé, la tentative avortée d'entrer en Israël par le sud, la mort d'Aharon, le serpent d'airain et enfin le début de la conquête de la terre par l'est). Sur les trente-huit années qui s'écoulent entre temps, la Torah ne dit rien (sauf, dans la Sidra Massé, lorsqu'elle énumérera les étapes du périple). En effet, la parole de Dieu à Moshé s'est interrompue entre temps. Elle ne reprend qu'après la disparition complète de la génération des explorateurs, à l'intention de leurs enfants qui entrent en Israël.

Première montée : Dieu décrit à Moshé la loi de la vache rousse : elle sera abattue en dehors du Temple, à l'est, et sera brûlée. Ses cendres sont mélangées à de l'eau vive, du bois de cèdre, de l'hysope et de l'écarlate. Cette mixture servira à asperger toute personne impure et la rendra pure ! En revanche, toutes les personnes qui ont participé à sa préparation deviennent, elles, impures ! Tout  contact avec la mort rend impur. Or, il faut être pur pour entrer au Temple. Seule l'aspersion avec l'eau de la vache rousse peut donc permettre l'accès au Temple.

Deuxième montée : Il y a différents degrés d'impureté. Des objets aussi peuvent être impurs. Certaines impuretés durent huit jours. L'aspersion de l'eau mélangée aux cendres de la vache rousse, le troisième et le septième jour, devra être complétée par l'immersion dans un Mikvé.

Sans transition, et dans la même « montée », le texte saute trente-huit années. Nous nous retrouvons dans le désert de Tsin, au premier mois de la quarantième année dans le désert. Myriam, sœur de Moshé avait la qualité miraculeuse de procurer de l'eau au peuple en leur indiquant l'emplacement des puits. Myriam meurt. Le manque d'eau soulève le peuple contre Moshé et Aharon.

Troisième montée : Dieu ordonne à Moshé de parler au rocher et d'en faire ainsi sortir de l'eau. Mais Moshé frappe le rocher de son bâton, à deux reprises, et en fait sortir de l'eau. Cette manière de procéder déplaît à Dieu et Il décide que Moshé et Aharon ne rentreront pas en terre d'Israël.

Quatrième montée : Le peuple se trouve à Kadesh, au sud de la terre de Canaan. Les Edomites n'acceptent pas de laisser passer le peuple par leur  territoire !

Cinquième montée : Arrivés à Hor-hahar, Dieu indique que c'est là qu'Aharon devra mourir, au sommet de la montagne. Moshé l'y fait monter et il habille Eléazar des habits de son père. Il le nomme ainsi nouveau Grand Prêtre. Aharon mort, le peuple le pleure durant trente jours. Des Cananéens attaquent le peuple. Grâce à leur confiance en Dieu, les Israélites les battent.

En chemin vers la rive est du Jourdain, le peuple montre de l'impatience et se révolte. Dieu envoie des serpents qui tuent une grande partie du peuple. Le peuple reconnaît son erreur. Moshé prie. Dieu lui indique alors la manière d'arrêter le fléau : il doit construire un serpent en airain, enroulé sur une perche (à la manière du caducée médical aujourd'hui). Toute personne qui avait été mordue en levant les yeux vers ce serpent était guérie. (Ce serpent d'airain sera détruit par le roi Hezekias (-700) car il était devenu source d'idolâtrie et de magie).

Sixième montée : Poursuivant son chemin vers l'Est, le peuple contourne les terres de Moab (fils incestueux de Loth) et arrive à un endroit qui porte le nom de « puits ». Un petit poème est alors prononcé par le peuple, à propos du puits !

Septième montée : Israël demande cette fois à l'Emori de traverser ses terres. Ce dernier refuse et leur fait la guerre. Israël gagne et conquiert ainsi une partie de l'est du Jourdain. Puis le peuple se dirige vers le nord (la Syrie d'aujourd'hui), et là Moshé lui-même tue le géant Og roi du Bashan. Son territoire est aussi conquis. Enfin, le peuple revient face à Moab, plus au sud, porte d'entrée, encore close, de la terre d'Israël.

KORAH

UN RESUMÉ DE LA SIDRA: Korah

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cela fait trois semaines que la Torah décrit toutes sortes de crises que le peuple d'Israël traverse depuis qu'il s'est mis en route vers la terre d'Israël. Nous voilà confrontés cette semaine à la "querelle de Korah" : c'est tout le principe de la hiérarchie qui est remis en cause. "Pourquoi une partie du peuple, les Cohanim, seraient-ils plus "saints"!". "Pourquoi Aharon et Moché détiennent-ils le pouvoir politique?". La réponse de Dieu est terrible: ils sont tous mis à mort! Après cet ébranlement de la légitimité de la hiérarchie, les devoirs et prérogatives des Levi et des Cohen sont rappelés, comme pour remettre un peu d'ordre après toute cette révolution avortée.

Première montée: Korah est le cousin de Moché. Pourtant, il constitue autour de lui un groupe de protestation assez important: des membres de la tribu de Reuven (Reuven a été déchu du droit d'aînesse par son père Yaakov) ainsi que 250 chefs des tribus d'Israël. "Tout le peuple est saint"," Moché et Aharon n'ont pas à se placer au dessus du peuple"! Moché,  annonce le lendemain que Dieu lui-même fera savoir qui il a choisi .Il faudra que chacun présente de l'encens en offrande à Dieu. Moché tente même de raisonner deux fauteurs de trouble, récidivistes: Datan et Aviran. Mais sans résultat.

Deuxième montée: 250 encensoirs sont présentés devant le tabernacle, et tout le peuple autour, attend de savoir quelle sera la réaction de Dieu.

Troisième montée: Dieu décide de punir tout le peuple. Mais après que Moché a intercédé en leur faveur, seuls les fautifs seront punis. Tous les autres devront s'éloigner des fautifs. La terre s'ouvre et engloutit Korah et ses acolytes! De plus, un feu "venu de Dieu" brûle les 250 chefs de tribus ainsi que leurs encensoirs! Dieu ordonne de récupérer le cuivre des encensoirs fondus et d'en recouvrir l'autel des sacrifices. Toute personne qui viendra devant l'autel se rappellera ainsi de cet épisode en voyant le cuivre qui le recouvre. La mort des 250 chefs de tribus soulève le peuple contre Moché. Dieu intervient à nouveau.

Quatrième montée: Dieu décide à nouveau d'anéantir tout le peuple! La mort commence à frapper dans le camp. Sur le conseil de Moché, Aharon prend un encensoir et court protéger le reste du peuple: il se place entre les morts et les vivants et arrête de la sorte l'hécatombe. 14700 personnes ont néanmoins péri, en plus de Korah et des 250 personnes.

Cinquième montée : Comme pour rétablir la hiérarchie bafouée, Dieu ordonne à Aharon que chaque tribut présente un bâton, sur lequel son nom sera inscrit. Placés dans la tente d'assignation, ils sont retrouvés le lendemain, intacts sauf celui d'Aharon représentant la tribu de Levi: il a fleuri et a même donné des amandes! C'est le signe que la tribu de Levi avec Aharon à sa tête a bien été choisie par Dieu et sanctifiée.

Sixième montée : Le bâton d'Aharon sera gardé en témoignage du choix de Dieu. Le peuple continue à se plaindre de la violence exercée. Ils se rendent compte que tout ce qui a trait au sacré peut être très dangereux!  L'élection des Levi et des Cohanim  en fait ne les place pas au dessus du peuple mais à son service. Leur statut leur confère certes des privilèges mais surtout des exigences. Pour cela, la Torah rappelle d'une part leurs devoirs   mais de l'autre toutes les offrandes qui leurs sont octroyées. En revanche ils n'auront pas droit au  partage de la terre.

Septième montée: Les Levi non plus n'auront pas droit au partage des terres. Ils auront droit eux  au "Maasser": Après avoir donné la "Térouma" au Cohen, tout agriculteur devra leur donner un dixième de sa récolte! Eux-mêmes donneront une Térouma aux Cohanim. Voilà donc la hiérarchie rétablie et renforcée!

Réflexion à propos du titre:

Les personnages qui, dans la Torah, ont eu droit à ce que leur nom soit utilisé par la tradition comme titre de la Sidra sont peu nombreux. Il y a Noé, Ytro, Korah, Balak. Aucun d'entre eux ne fait partie de la famille d'Israël et ils y sont parfois même assez hostiles. Pourquoi donc cet "honneur"? Peut être pour nous habituer à lire le texte en y décelant des enjeux, plus que de belles histoires .Des problématiques universelles plus qu'une épopée.  Ces personnages incarnent donc des situations qui nous interpellent à toute époque. Le choix de la mise en exergue de personnages, sciemment "moins sympathiques", nous invite à nous éloigner d'une lecture apologétique stérile de la Torah.

CHELAH LEKHA

Un Résumé de la Sidra « Chelah Lekha »

Par Michel Bensoussan

Le peuple s'est finalement mis en route vers l'objectif principal de la sortie d'Égypte : l'entrée en terre d'Israël. Mais après une année passée au pied du Sinaï, encore empreint de spiritualité, protégé, nourri et pris en charge miraculeusement, le peuple hésite à affronter l'entrée en terre d'Israël. Cela exige de se confronter à la dure réalité d'être un peuple majeur et responsable, qui doit se battre et justifier à tout instant le mérite d'être sur sa terre. Moshé lui-même est conscient de ces difficultés. En accord avec Dieu,  il envoie douze explorateurs pour préparer la conquête. De retour, dix  décrivent des difficultés trop importantes. Seuls deux explorateurs, Josué et Kalev, tentent de remonter le moral du peuple en vue d'une montée imminente en Israël. Le peuple est démoralisé et refuse de poursuivre sa route. Dieu punit alors le peuple pour son manque de foi. Toute cette génération errera 39 années de plus dans le désert. Seuls leurs enfants pourront entrer en Israël. S'en suivent des recommandations d'ordre divers, dont deux nouvelles lois : la Hala et les Tsitsit, qui  semblent vouloir prévenir de telles fautes dans l'avenir.

Première montée : Dieu autorise Moshé à envoyer douze représentants, un par tribu, qui exploreront la terre de Canaan en vue de sa conquête imminente. Moshé leur donne des instructions très précises. Il bénit particulièrement Josué et change même son nom (de deux lettres du nom divin il en possédera désormais trois !). Ils devront aussi ramener des fruits du pays.

Deuxième montée : Les douze explorateurs parcourent la terre de Canaan quarante jours durant et ramènent une énorme grappe de raisin qu'ils portent à deux (devenue l'emblème du tourisme israélien). Ils commencent par rendre compte au peuple des grandes qualités de la terre d'Israël. Mais les inconvénients qu'ils décrivent (les peuplades qui y résident sont trop fortes et hostiles, la terre exige beaucoup de ses habitants…) sont plus nombreux. Leur conclusion est sans appel : nous ne pouvons pas monter en Israël. Kalev, puis Josué, au contraire font taire les défaitistes. « Nous monterons et nous arriverons » ! Le peuple est démoralisé et veut même retourner en Égypte.

Troisième montée : À deux contre dix, Kalev et Josué déploient leurs arguments : « Dieu est avec nous. L'entrée en  terre d'Israël est le projet divin depuis toujours. Notre foi dissipera toutes les difficultés… ». Mais le peuple tente de les lapider ! Dieu constate que tous Ses efforts pour faire mûrir un peuple d'esclaves en adultes responsables prêts à combattre en Son nom, ont été vains ! Il décide d'exterminer tout ce peuple et de recommencer l'expérience avec un autre peuple ! Moshé le convainc de différer sa décision.

Quatrième montée : Dieu donne son verdict : toute cette génération mourra dans le désert. Trente-neuf ans plus tard, leurs enfants constitueront ce nouveau peuple prêt à entrer en Israël. « Une année par jour » : de même que les explorateurs ont passé quarante jours en terre de Canaan, de même le peuple errera et périra dans le désert pendant quarante années ! Une partie du peuple commence alors à comprendre son erreur. Ils décident de monter tout de suite. Mais c'est trop tard ! Moshé le leur interdit. Ils montent tout de même et seront exterminés par les Cananéens. La Torah passe à un autre sujet : une série de Mitsvot sont décrites. La première traite de détails concernant les sacrifices.

Cinquième montée : Chaque sacrifice animal devra être accompagné d'une offrande végétale et de libations de vin.

Sixième montée : La seconde Mitsva (décrite, elle, pour la première fois dans le texte) concerne la Hala. Chaque fois que l'on fera du pain, une partie sera offerte au Cohen. (Dans l'incapacité de l'offrir au Cohen, nous brûlons aujourd'hui symboliquement une partie de la pâte). La troisième Mitsva concerne le cas où toute la communauté faute par inadvertance : le sacrifice expiatoire est décrit.

Septième montée : Si la faute a été commise par une  seule  personne, le sacrifice est un peu différent (toute faute collective est constituée d'erreurs individuelles !). Puis la Torah raconte qu'un homme transgressa volontairement le shabbat en coupant du bois devant témoins. Il fut lapidé sur ordre divin. La Sidra se termine par la Mitsva des Tsitsit : tout vêtement ayant quatre coins doit avoir des franges à la fois blanches (symbolisant le matériel, la terre) et bleu-ciel (le spirituel). Le devoir d'allier le spirituel au matériel, la Torah et la terre d'Israël, semble donc être le fil conducteur de toute la Sidra.

behaalotekha

Un Résumé de la Sidra : Behaalotekha

Par le Dr Michel Bensoussan

Notre Sidra est construite en trois parties différentes. Un peu comme une montagne, la première partie continue de décrire un ordre parfait de l'ensemble du peuple, une ascension vers une grande spiritualité. Le sommet lui, est constitué de deux versets (délimités dans le Sepher Torah par deux signes distincts). Ces deux versets, constituent à eux seuls, selon le Talmud, un « livre » à part entière. Ils sont chantés dans toutes les communautés, au moment de la sortie de la Torah dans les synagogues. La troisième partie, est une grande « dégringolade » !! Le peuple se plaint. Il faute, Dieu se met en colère, tout se dérègle ! Tout se passe comme s'il fallait, pour le peuple d'Israël, ne pas se satisfaire du confort d'une vie spirituelle, « au sommet de la montagne » mais surtout se confronter aux nombreux problèmes de la vie active, et redescendre sur terre en vue de l'entrée en Israël !

Première montée : Aaron, qui n'a pas participé à l'offrande des chefs de tribus, se voit honoré par la fonction d'allumage de la Ménorah. Toute la tribu de Levi est sanctifiée : ils seront entièrement rasés et lavés. Devant tout le peuple, Moshé les consacre au service divin.

Deuxième montée : Les Levi ont en effet la fonction de remplacer les premiers-nés, sous l'ordre des Cohanim, au Temple. Ils sont « soulevés » symboliquement par Moshé puis par Aharon. Dès l'âge de 25 ans ils seront formés et instruits, et ils prendront leurs fonctions à l'âge de 30 ans.

Troisième montée : Un an après la sortie d'Égypte, le peuple fête dans le désert la fête de Pessah. Certaines personnes impures sont peinées de ne pouvoir participer à la fête. Dieu ordonne alors de célébrer un « deuxième Pessah », un mois après, pour que toute personne qui ne pourrait participer à la fête de Pessah puisse le faire alors.

Quatrième montée : Dès l'inauguration du Michkan, une nuée le recouvrait pendant la journée. La nuit, la nuée prenait l'aspect d'un feu. Cette nuée résidait en permanence. Mais dès qu'elle se déplaçait, c'était le signe que tout le peuple devait lever le camp et poursuivre son voyage dans le désert. Deux trompettes en argent sont construites pour indiquer, à l'aide de sons différents, la réunion du peuple, le départ du campement, ou pour intercéder auprès de Dieu, en cas de guerre, ainsi que lors des fêtes.

Cinquième montée : Après tous ces préparatifs, le peuple d'Israël entame le début de son périple vers la terre d'Israël. Cela faisait treize mois qu'ils étaient au pied du mont Sinaï. Le 20 Iyar le campement, très bien organisé, se met en route. Yitro, beau-père de Moshé, ne suit pas le peuple vers Israël, il préfère retourner à Midyan.

Sixième montée : Elle débute par les deux fameux versets qui constituent à eux seuls, selon la tradition, un livre de la Torah à part entière. Le premier verset décrit le départ, le second l'arrivée. Comme un mouvement de va-et-vient, de rapprochement et d'éloignement qui scandent en fait non seulement les rapports entre Dieu et son peuple, mais la vie en général. Puis, « sans transition » la Torah retombe dans les problèmes bassement matériels : le peuple se plaint. Dieu envoie un feu qui les brûle ! Le peuple veut manger de la viande, des pastèques et regrette déjà l'Égypte ! Moshé est désappointé. Il sent qu'il ne peut plus diriger ce peuple. Dieu lui adjoint soixante-dix sages qui l'aideront dans sa tâche ingrate, la direction du peuple d'Israël.

Septième montée : Pour assouvir les envies de viandes, Dieu envoie des cailles. Le peuple les dévore sans retenue. Nous voilà bien loin de l'élévation spirituelle du Sinaï. D'un extrême nous sommes passés à l'autre. D'anges, les voilà descendus plus bas que des bêtes ! Dieu les punit à nouveau. L'endroit est nommé : « les tombeaux de l'envie » ! Myriam et Aaron médisent à propos de leur frère Moshé. Myriam est frappée de lèpre. Moshé prie pour sa guérison. Le peuple arrive dans le désert de Parane.

nasso

Résumé de la Sidra Nasso

Par le Dr Michel Bensoussan

Nous nous étions arrêtés, la semaine dernière, au cours du dénombrement des trois familles de Levi, à la famille Kehat. Notre Sidra poursuit donc le dénombrement avec les deux autres familles de Levi : Guershon et Merari. Ensuite, le cas de la femme adultère : "Icha Sota" est longuement décrit. Un autre cas particulier est traité, celui du Nazir. Puis la très longue et dernière partie énumère les offrandes des douze chefs de tribu à l'occasion de l'inauguration du Michkan.

Première montée : La famille de Guershon aura pour fonction de transporter toutes les tentures du Michkan lors de ses déplacements. La famille de Merari, elle, est chargée de transporter les poutres de bois servant de clôture ainsi que les pièces métalliques adjointes.

Deuxième montée : Tous les hommes, de trente à cinquante ans de la famille de Guershon sont au nombre de 2630. Ceux de Merari sont au nombre de 3200. Si on rajoute aussi la famille de Kehat comptée dans la Sidra précédente, les Levi aptes à travailler sont au nombre de 8580.

Troisième montée : Toute personne impure est exclue du camp. Un cas très particulier de droit civil, déjà traité dans le livre de Vayikra (5-21) est ici soulevé : une personne qui a nié devoir de l'argent à autrui devra non seulement rembourser la somme, mais aussi lui en rajouter le quart !

Quatrième montée : Elle est très longue car deux cas y sont traités.

  • Le premier concerne la femme dite "Sota" : un homme qui a des raisons de douter de la fidélité de sa femme se présente avec elle devant le Cohen. Ce dernier écrit un texte comprenant le nom de D'ieu sur un parchemin et le brûle. Les cendres sont mélangées à de l'eau sainte que la femme boira. Si elle est fautive, son ventre est atteint. Au contraire, si elle ne l'est pas, son ventre – sa descendance, sera bénie.
  • Le second cas traité est celui du Nazir : une personne qui se consacre volontairement, et pendant une période déterminée, à une pureté particulière. Il ne devra alors pas se couper les cheveux et il s'interdit de consommer tout ce qui provient de la vigne. (La haftarah traite d'ailleurs du cas très particulier de Samson).
  • Enfin cette montée se termine par la fameuse bénédiction des Cohanim.

Cinquième, sixième et septième montées : la Torah retourne, chronologiquement, un mois plus tôt. Le début du livre de Bamidbar se situait le premier Iyar. Nous revenons maintenant au premier Nissan, jour de l'inauguration du Michkan. Chaque chef de tribu apporte (de son propre chef !) une offrande au Michkan. Et ce, pendant les douze premiers jours du mois de Nissan. La répétition des douze textes identiques de chaque offrande est très longue.

  • Pour nous aider à suivre la lecture de ce long texte "répétitif" avec l'engouement souhaité, je propose de nous imaginer, aujourd'hui, assister à un événement national extraordinaire, anxieux de savoir comment telle ou telle partie du peuple accueillera cet événement. Imaginons les "sionistes religieux" venir exprimer leur joie. Puis, nous assistons à la même expression de joie de la part des "Hilonim" puis à la même joie des "Haredim" ! Puis, à la même joie des gens "de gauche". Puis, à la même joie des gens "de droite", etc… Et ce, sans aucun bémol, sans réticence. Au contraire. À l'unisson et avec la même ferveur ! Exactement les mêmes offrandes ! Ne serions-nous pas curieux, surpris et enthousiasmés par ce spectacle "répétitif" ? Voilà un peu ce qui a dû se  passer à l'inauguration du Michkan !!

bemidbar

Un Résumé de la Sidra Bemidbar  

Par le Dr Michel Bensoussan

Après avoir passé près d'une année au pied du mont Sinaï, après y avoir reçu la plus grande partie des lois, et après avoir construit le Michkan (le sanctuaire), Dieu ordonne à Moshé d'organiser et de préparer le peuple en vue du voyage qui le mènera en terre d'Israël. Cette organisation et ce voyage jusqu'aux frontières, à l'est du Jourdain, font l'objet d'un quatrième  livre de la Torah, celui de Bemidbar (littéralement « Dans le  désert » – nommé dans la tradition chrétienne : « le Livre des Nombres »). Ce livre est divisé aujourd'hui en dix sections hebdomadaires ou « Sidrot ». La première, qui est lue ce shabbat, porte elle aussi le nom de « Bemidbar ». On y décrit la première étape de la préparation au voyage, à savoir le recensement des douze tribus et leur agencement précis autour du Michkan.

Première montée : Le premier Iyar, treize mois après la sortie d'Égypte, Dieu ordonne un recensement de tous les hommes en âge de faire la guerre,  c'est-à-dire âgés de plus de vingt ans. À la tête de chaque tribu est nommé un chef. Ces douze responsables seront dorénavant alliés à Moshé et Aaron dans la direction politique et militaire du peuple.

Deuxième montée : La tribu de Reuben compte 46500 soldats, celle de Chimon 59300, Gad 45650, Yehouda 74600, Yssakhar 54400, Zevouloun 57400, Éphraïm 40500, Menaché 32200, Binyamin 35400, Dan 62700, Acher 41500 et Naphtali 53400. Soit un total de 603550 soldats potentiels. La tribu de Levi, quant à elle, sera comptée séparément. Servant dans le Michkan, les Levi ne sont pas soldats. Ils camperont autour du Michkan, empêchant son accès aux étrangers.

Troisième montée : Le campement du peuple est organisé en trois domaines concentriques : le Michkan au centre, tout autour les Levi forment le deuxième domaine, puis à l'extérieur les douze tribus les entourent en formant le troisième domaine extérieur. Chaque tribu a son drapeau. Trois tribus campent au nord, trois au sud, trois à l'est et trois à l'ouest.

Quatrième montée : La Torah décrit les descendants de Moshé et d'Aaron, et ne mentionne pourtant que ceux d'Aaron ! Puis elle décrit les fonctions attribuées aux Levi : ils sont aux ordres des Cohanim et serviront donc dans le Temple. Ils remplacent ainsi l'ensemble des premiers-nés qui étaient censés remplir ces fonctions (ces derniers ont été disqualifiés lors de la faute du veau d'or).

Cinquième montée : Il y a trois familles de Levi. Celle de Gershom (qui campera à l'ouest), celle de Kehat (au sud) et celle de Merari (au nord). Moshé les recense chacune séparément. On nous donne même le nom de leurs enfants, qui forment des sous-groupes. À la différence des autres tribus, les Levi sont dénombrés à partir de l'âge d'un mois. Voici donc formé le deuxième domaine qui sépare les douze tribus, du Michkan au centre. Ce sont les familles de  Moshé et d'Aaron qui camperont à l'est, face à l'entrée du sanctuaire. Les Levi sont au nombre total de 22000.

Sixième montée : Les premiers-nés, eux, sont au nombre de 22273. Chaque Levi doit remplacer, nous l'avons dit plus haut, un premier-né. Or, il se trouve donc qu’il y a 273 premiers-nés de plus que de Levi !! Chacun des premiers-nés « en plus » donnera une somme de cinq shekels au Cohen. Il sera ainsi « racheté ». C'est la raison pour laquelle, jusqu'à aujourd'hui, chaque premier-né est « racheté » à l'âge d'un mois au Cohen, par la valeur de cinq shekels d'argent lors du « Pidyone Haben » !

Septième montée : Un second recensement des Levi est réalisé ! Il est réservé, cette fois, aux hommes de trente à cinquante ans, c'est-à-dire à ceux qui travailleront effectivement au Temple. La famille Kehat s'occupera des objets les plus importants comme le Tabernacle ou la Ménorah. Lorsque le Michkan sera démonté pour être déplacé, chaque objet sera d'abord recouvert de tentures par les Cohanim pour qu'il ne soit pas vu, même pas par les Levi qui les porteront ! Il faudra attendre la semaine prochaine pour connaître la fonction des deux autres familles de Levi.

BEHOUKOTAY

Behoukotai

Par michel bensoussan

Notre sidra est la derniere du livre de vaykra.

Dans la premiere partie,le peuple d'israel se trouve devant deux options biens distinctes: si ils suivent les commendements (behoukotai) de Dieu, La terre donnera ses fruits.et le peuple jouira de la tranquilite et de la paix en israel.

Dans l'option contraire, les pires maladies leurs sont promises, leurs ennemis auront le dessus, la terre ,envers qui on n'aura pas respecte les lois de chemita , ne suportera pas le peuple qui devra alors  s'exiler .

Malgres toutes ces maledictions, Dieu promet de ne pas abandonner son peuple .il  fera revivre l'alliance conclu avec les patriarches.

La seconde partie de la sidra traite d'un sujet tres particulier: les "arakhim"( valeurs- ou evaluations). Il sagit d'evaluer la valeur d'un don qu'une personne decide de donner en veux' aux cohanim. Ces lois, douze au total, font l'objet d'un traite entier dans le talmud.

Un résumé de  Be’houkotaï SELON LES MONTEES

Par le Dr Michel Bensoussan

Notre Sidra clôt le livre de Vayikra (le Lévitique) par une alliance entre D'ieu et son peuple. En entrant en terre d'Israël, c'est la conduite morale de chacun et de tous qui influencera la qualité de leur vie. Le respect des lois de la Thora permettra à la bénédiction d'atteindre tous les domaines de la vie. Dans le cas contraire, une longue liste de "malédictions" frappera (et a, malheureusement, frappé au cours de l'histoire) !

Première montée : Elle est très courte. Les bénédictions commencent par une pluie abondante qui vient en son temps, des récoltes qui nourrissent les habitants du pays en permanence et en  sécurité.

Deuxième montée : Elle aussi est très courte. Le pays reposera en paix. Tous les ennemis auront peur de s'en prendre à nous. D'ieu éclairera sa face vers nous et nous nous multiplierons.

Troisième montée : Elle est très longue. Après quelques versets de bénédictions, les malédictions "commencent", dans le cas d'une rupture d'alliance de la part du peuple ! Des maladies douloureuses et incurables. Nos récoltes sont mangées par nos ennemis. Ce sont eux qui auront le dessus dans tous les domaines. Le ciel et la terre cesseront de nous alimenter. À chaque étape, D'ieu remettra en jugement notre comportement. Si on poursuit nos méfaits, d'autres malédictions s'abattront, sept fois plus fortes. Nos villes ainsi que nos temples seront détruits. Nous aurons toujours faim. Nous serons exilés. L'exil durera le même nombre d'années que de "Shemita" non respectées (soixante-dix pour le premier exil). Les exils seront très douloureux. Nous nous sentirons sans défense et sans défenseur. Et pourtant, à la fin des temps d'exils, D'ieu se souviendra de son peuple et de la promesse faite à ses pères  et le ramènera sur sa terre.

Quatrième montée : Un tout autre sujet est abordé. Si une personne désire offrir au Temple la "valeur" d'une personne ou d'un animal, de quelle somme s'agit-il ? Selon l'âge et le sexe, la Thora détaille la "valeur" de chacun !

Cinquième, sixième et septième montées : Si au lieu d'un animal ou d'une personne, c'est la valeur d'un terrain qu'une personne désire offrir, les différentes "valeurs" sont aussi détaillées. Quel est le rapport entre ce dernier sujet (les "valeurs") et le début de la Sidra (l'alliance avec tout le peuple) ? Peut-être est-ce pour nous rappeler que la "valeur" d'une communauté et d'un peuple dépend de celle de chacun de ses composants !

BEHAR

Un résumé de la Paracha Behar  

  Par le Dr Michel Bensoussan

Lorsque Moïse était encore au mont (=BEHAR) Sinaï, D'ieu lui a transmis les lois que le peuple devra appliquer dès son entrée en terre d'Israël. Il faut que la majorité du peuple juif se trouve sur sa terre pour que ces lois soient appliquées. En attendant (c'est le cas encore aujourd'hui) nous les pratiquons quand même, à un degré moindre, par décret rabbinique. (En attendant…!)

Première montée : Une année sur sept, la terre devra se reposer. C'est la  Shemita. Il est alors interdit de travailler la terre et de l'utiliser à des fins commerciales, tous les fruits doivent cesser d'être considérés comme des « produits » commerciaux, cosmétiques ou médicaux. L'essentiel sera au contraire un retour, que l'on qualifierait aujourd'hui de « hautement écologique ». Il faut, en fait, réapprendre à manger correctement, redonner à la terre sa fonction naturelle sans la « dénaturer » ! Après sept cycles de Shemita, la cinquantième année est aussi particulière : c'est le Yovel, le jubilé. Chaque parcelle de terre retrouve son propriétaire d'origine. En plus de la liberté de la terre, toutes les contraintes économiques et sociales sont abolies. C'est une année de grande libération pour tous et pour tout. (Aujourd'hui, nous n'avons pas encore commencé à compter les cinquante années du Yovel car la majorité du peuple juif n'est pas encore sur sa terre).

Deuxième montée : Une loi pratique découle de ce qui vient d'être enseigné : une terre ne devra être vendue qu'en fonction du nombre d'années restantes jusqu'au Yovel, puisqu'elle retournera alors à son propriétaire. On n'achète donc jamais une terre à perpétuité.

Troisième montée : Autre conséquence possible : certaines personnes pourraient craindre ne plus avoir à manger la septième et la huitième année, étant donnée que la terre ne sera pas travaillée pendant la Shemita ! D'ieu promet alors que la sixième année donnera une récolte suffisamment abondante pour les trois années suivantes !

Quatrième montée : Il est interdit de vendre sa terre (la parcelle reçue en héritage depuis le partage à l'époque de Josué), à moins que le propriétaire ne se soit appauvri. Mais même dans ce cas il doit garder une partie de son champ. Un proche parent pourra, en attendant le Yovel, racheter (littéralement « délivrer ») pour lui la terre vendue

Cinquième montée : Une exception à cette règle est cependant prévue: certaines villes avaient une valeur stratégique et elles étaient la cible d'attaques ennemies. Pour inciter leur peuplement, on promit à l'acquéreur d'un tel terrain, qu'il ne serait pas obligé de le revendre à son propriétaire d'origine après une année. Pendant cette année seulement, la terre pourra être rachetée (délivrée). Après cette année, il sera donc assuré d'en profiter  perpétuellement, même après le Yovel !! Il y a obligation de prêter de l'argent à celui qui est en difficulté. Ce prêt doit être gratuit, sans aucun intérêt. Comme la terre et ses fruits, l'argent ne doit pas être un moyen de pression sociale ou économique. Tout appartient à D'ieu, et nous devons nous servir des biens de ce monde à bon escient.

Sixième montée : Au sein de la société d'Israël, le statut d'indépendant est celui qui garantit la liberté de l'homme. Cependant, certaines personnes peuvent se trouver en situation difficile et devenir salariés. Dans ce cas, il ne faudra pas que le patron profite de la situation pour les avilir. En tout cas, au Yovel, tous ces statuts sont abolis pour permettre à tous de repartir sur des bases saines.

Septième montée : Un Juif qui se vendra à un goy devra être racheté au plus tôt, par ses proches parents. En tout cas, tout achat se fait en calculant le nombre d'années restantes avant le Yovel. Ces années seront considérées, en fait, comme une location ou un salariat, puisqu'au Yovel tout est remis à zéro. Ainsi, le principe de liberté est au cœur du service divin. C'est dans ce but qu'Il nous a sortis d'Égypte. Être esclave de D'ieu c'est être vraiment libre.

BEHAR

Par Michel Bensoussan

Pour la radio kol israel en français le 14-05-09

Une des mitsvots rencontrée dans nos parachiot c'est  la shemitah:

L'année de jachère, l'année sabbatique, que l'on a vécue par exemple, l'année dernière.

Pour simplifier  la compréhension de cet ensemble de lois, nous pouvons dire qu’il s'agit de deux grands principes:

  • Le premier est que la terre d’israel doit “se reposer” de tout travail agricole entrepris par son propriétaire juif, et ce, pendant une année, tous les sept ans .C’est le” shabbat” de la terre.
  • Le second principe est que les fruits de cette année ne peuvent servir qu’a  une seule chose: être mangés!

Ils ne pourront donc pas servir  par exemple à faire des médicaments. Mais surtout,  Ils ne peuvent devenir des “produits commerciaux”! On ne peut donc pas les vendre. Ils appartiennent a tous. Chacun peut les cueillir et les consommer

Le principe est qu’ils doivent retrouver aux yeux de l’homme, leur  fonction naturelle.

De la découle aussi une redistribution plus équitable de la nourriture entre les hommes

Ainsi, ces deux principes de base, invite l’homme a reconsidérer son rapport a la terre et a ses fruits, en les débarrassant de toutes les utilisations  secondaires  que sa course vers l’utile, ou le profitable, leur a attribue.

Une tomate doit redevenir une tomate!

Et non plus un “produit”  commercial, cosmétique ou autre.

La terre elle même, doit redevenir la terre.

Et non plus un “ terrain” qui a  rendement ou qui fait l’objet de transactions économiques, ou sociales.

C’est donc un retour que l’on qualifierai aujourd'hui de hautement  écologique qui est demande a l’homme

Il n’est pas question d’en conclure que le commerce des fruits ou de la terre soit interdit tout le temps!

Pour manger une tomate, il faut bien qu’un agriculteur se donne la peine de la faire pousser, que son travail soit  pleinement rétribué  et qu’il me la vende. C’est d'ailleurs ce qu’il est recommande de faire durant la majorité du temps, a savoir pendant  6 années. Mais justement, pendant ces 6 année, ce qui intéresse la thorah, semble t-il, c’est la qualité du rapport de l’homme a ce travail. son rapport a la terre, aux fruits, au  monde qui l’entoure, et a ces concitoyens .Le fait qu’il devienne “un consommateur”, sa course  vers le profit immédiat, toutes ces petites choses de la vie quotidienne,   demandent en réalité a être   réévaluées et ressourcées en permanence.

Hé bien, ce sera justement cela, la véritable fonction de la chemita, tous les 7 ans et du yovel, tous les 50 ans.

De la même façon, que le chabbat nous permet de “ mieux   travailler” pendant la semaine en nous faisant prendre du recule vis a vis de ce travail. La chemita a  pour but  de nous réapprendre a manger, nous réapprendre a cultiver notre champs, a réajuster nos comportements vis a vis de la terre e, de ses fruits et des autres hommes.

Deux mille ans d'exile, nous ont  malheureusement déforme, limité, ces lois en "restriction alimentaire".Comme il était interdit de consommer cette année la, des fruits provenant d'israel, La chemita est devenue pour le judaïsme d'exile, un problème de cacheroute. Alors que son but principal est de réajuster les rapports écologiques et sociaux!

Espérons donc, que dans notre société de consommation ou la nature et le souci de l'autre, sont devenus  les parents pauvres de notre système global, nous trouvions, tous ensemble, le temps et le plaisir  de mieux comprendre ces belles lois  pour mieux les mettre en pratique. Il ne nous reste plus que  six ans avant la prochaine!

Chabat chalom.