PEKOUDEY

 

PEKOUDEY —-SHEKALIM

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Ce Shabbat nous sortons deux Sifré Torah :

  • Dans le premier, nous lisons la Sidra Pekoudé qui clôt le livre de l'Exode, Chemot. Elle clôt également les cinq Sidrot qui concernent la construction du Michkan : Térouma – Testavé (l'ordre de la construction) – Ki Tissa (faute du veau d'or) et Vayakhel – Pekoudé (la construction elle-même). Pekoudé commence par faire le décompte (Pekoudé) de tous les matériaux utilisés lors de la construction, en quantité et poids exacts. Ensuite, chaque élément de la construction est détaillé une fois de

dra Pekoudé- Shekal plus avec, dans notre Sidra en complément de la précédente, la description des vêtements des cohanim. Enfin, Moshé met chaque ustensile à sa place dans l'enceinte du Michkan. La tradition midrashique date le début de la construction à Souccot (six mois après la sortie d'Égypte) ; la fin de la construction à Hanoukka (2 mois plus tard) ; et l'inauguration le premier Nissan (peu avant Pessah).

  • dans le second Sefer Torah, nous lisons le maphtir « Shekalim » (suivi de la haftarah Shekalim). Il s'agit du début de la paracha Ki-Tissa (déjà lue il y a deux semaines) où il est question du prélèvement d'un demi shekel-argent par personne. En effet, la semaine prochaine (dimanche et lundi) nous entrons dans le mois d'Adar-2. Il ne restera alors plus qu'un mois pour prélever cet impôt d'un demi-shekel qui servait (à l'époque du Temple) à acheter les sacrifices pour toute l'année. Le Shabbat précédant le Roch Hodech Adar était donc l'occasion de rappeler aux fidèles qu'ils devraient s'acquitter de cet impôt avant le début de l'année suivante (Nissan) et c'est pourquoi notre Shabbat est appelé « Shabbat Shekalim.

Réflexions à propos du titre

Pekoudé peut vouloir dire « compte », voire ici « inventaire ». Moshé doit rendre des comptes sur les sommes reçues pour la construction du Michkan. Pekoudé peut  aussi, dans le même verset, signifier  « commandement ». Décidément, cette semaine nous parlons beaucoup d'argent ! Surtout pour un jour de Shabbat, en principe réservé à une certaine « élévation spirituelle » ! Il est possible que cette réflexion soit le fruit d'une culture chrétienne qui considère parfois l'argent comme étant « sale », impur. En tout cas pas du tout « spirituel » ! Certes, le Shabbat il est interdit de commercer. L'argent est « Mouktsé ». On ne peut le déplacer. Mais l'argent représente la valeur du labeur, du travail. Sanctifier le monde matériel est l’un des buts déclarés de la Torah. Le rapport au spirituel se mesure, en fait, à l'aune de notre rapport au monde matériel ! Rendre des comptes, surtout lorsqu'il s'agit d'argent public. La transparence de la part du Pouvoir sur les questions de budget et de dépenses publics (Pekoudé), l'équité et la participation de chacun à l'impôt sacerdotal (shekalim), ne sont donc pas moins « spirituels ». Au contraire, ils exigent des comportements concrets qui révèlent la véritable valeur morale de l'homme !

VAYAKHEL

Sidra Vayakhel

par Michel Bensoussan

Un résumé

Après avoir obtenu le grand pardon pour la faute du veau d'or, Moshé descend du mont Sinaï, le jour du 10 Tichri (kippour) avec les deuxièmes Tables de la Loi. Dès le lendemain, il réunit (Vayakhel) l'ensemble du peuple pour leur transmettre les lois reçues.

La première est celle du Shabbat. Puis, il explique en détail les lois concernant la construction du Michkan. Ainsi on retrouve, presque mot pour mot, la description de la construction de chaque ustensile que nous avons déjà lu dans la Sidra de Térouma il y a de cela trois semaines. La principale différence est que dans Térouma il s'agissait de l'ordre de Dieu à Moshé, tandis que là il s'agit de la réalisation concrète. Au lieu de la phrase : « dis-leur de faire une Ménorah », il est écrit ici : « et il (Betsalel) fit la Ménorah… ». Bien entendu, toutes les petites différences entre le texte de Térouma (ordre de réalisation) et le texte de Vayakhel (la réalisation elle-même) seront autant d'occasions, d'interrogations et de commentaires. Rappelons qu'entre les deux (entre Térouma et Vayakhel) il y a eu la grande crise de la faute du veau d'or. Et cela n'est pas étranger à ces différences.

 

À propos du titre

Vayakhel vient de la racine KHL. Comme le terme « assemblée », Kahal. La forme grammaticale de ce verbe semble vouloir dire que Moshé a « fait se rassembler ». Il a fait quelque chose qui a incité le rassemblement (presque spontané !) de tout le peuple. Cela n'est pas habituel de rassembler tout le monde. La chaîne de transmission se faisait, d'habitude, graduellement par Moshé puis Aharon, Josué, les Sages, les chefs de tribus, puis cela descendait vers le bas de la pyramide. Dans le « Hakhel » il y a un accès direct entre le chef suprême et le peuple. Cela oblige Moshé à prendre conscience de la multitude et de la diversité. Cela permet aussi une prise de conscience particulière au peuple réuni (une mitsva particulière demande au roi de procéder à un événement similaire une fois tous les sept ans à Jérusalem). Ici, l'ordre du Shabbat et de la construction du Michkan, juste après la grande crise du veau d'or, nécessitait semble t-il ces prises de conscience et de responsabilité, à la fois de la part de Moshé et de la part de chacun. Bel enseignement pour notre époque qui exacerbe la notion d'individu au détriment de celle de peuple.

UN RÉSUMÉ PAR MONTEES : Vayakhel – Pekoudé – Hahodech

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Après avoir reçu l'ordre de construire le Michkan (lors des précédentes Sidrot), Moshé transmet cet ordre au peuple. La construction est très vite entreprise. Nos deux Sidrot lues ce shabbat relatent donc la transmission de l'ordre, puis la réalisation et enfin le compte-rendu de la réalisation finale. À chaque fois le texte reprend la même description en détail. Pourquoi ? Peut-être parce qu'après la faute du veau d'or, le Michkan n'est plus seulement  le lieu de rencontre avec Dieu, mais qu’il devient aussi le lieu de la réparation des fautes.

Première montée: Moshé rassemble (Vayakhel) tout le peuple pour lui transmettre la mitsvah du shabbat, puis l'ordre de la construction d'un sanctuaire, le « Michkan ». Ils devront eux-mêmes apporter les matières premières et participer à la construction, ce qu'ils font immédiatement et avec un grand engouement.

Deuxième montée: C'est Betsalel qui est nommé à la tête de l’entreprise. Dieu lui procure toutes les qualités artistiques et les qualités « de cœur » pour parfaire ses aptitudes naturelles. Betsalel s'entoure d'artistes qui forment une équipe efficace. Il commence par construire la tente du Kodesh, avec ses parois en bois et ses tentures pour le toit. Ce n'est qu'ensuite qu'il décide de construire les éléments qui seront placés dans cette enceinte : l'Aron, la boite en bois et or qui contient les tables de la Loi dans le Saint des Saints, puis la table des pains.

Troisième montée: Betsalel réalise aussi  la Ménorah à sept branches puis l'autel des encens.

Quatrième montée : Enfin sont élaborés l'autel des sacrifices et le Kior, bassin de cuivre pour les ablutions, qui seront placés à ciel ouvert en dehors de la tente du Kodesh. La cloison extérieure, faite de tentures soutenues par des piliers de bois termine la construction du Michkan. Dans cette même "montée" nous entamons la seconde Sidra "Pekoudé". Elle commence par l’énumération de toutes les matières premières utilisées.

Cinquième montée : Ce sont à présent les vêtements des Cohanim qui sont tissés et brodés : l'Ephod (tablier avec ses épaulettes aux deux pierres gravées des noms des douze tribus), puis le Hochen (pectoral sur lequel sont inscrits les douze noms sur douze pierres distinctes).

Sixième montée: le Meïl est le grand manteau bleu du grand Cohen, les Koutonot (tabliers), les couvre-chefs (Migbaot et Mitsnefet), les pantalons (Mikhnassaïm) et les ceintures (Avnet), et le Tsits en or qui sera placé sur son front.

Septième montée : L'inauguration du Michkan est fixée au premier Nissan (un an moins quinze jours après la sortie d'Égypte). Pendant les sept jours qui précédent cette inauguration Moshé devra tout mettre en place. Il devra aussi oindre Aharon et ses enfants, les habiller pour qu'ils prennent leurs fonctions de Cohen. Le texte relate en détail la réalisation par Moshé de toutes les étapes.

Maphtir: Ce Shabbat est appelé « Shabbat Hahodesh », il précède le Roch Hodesh Nissan (mardi 12 mars), premier mois biblique. Nous sortons donc un second Sepher Torah pour y lire le Maphtir (le texte se trouve dans la Sidra Bo, Chemot-12) ; il relate la première mitsvah donnée à Moshé, quinze jours avant la sortie d'Égypte, qui concerne la détermination du calendrier hébraïque basé, en grande partie, sur le cycle lunaire. S'en suivent les lois du sacrifice pascal.

TETSAVE

Un titre, une paracha : Tetsavé

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Dieu demande à Moshé (sans que son nom ne soit jamais cité dans toute la Sidra !) d'ordonner (Testavé) au peuple de prendre de l'huile d'olive pure pour allumer la Ménorah. Ce  sera Aharon qui allumera la Menora dans le Michkan, tous les jours. Aharon et ses quatre enfants sont, en effet, choisis pour servir dorénavant au Michkan. Pour ce faire il faudra leur confectionner des vêtements particuliers.

Toute la première partie de la Sidra va donc détailler les différents vêtements à confectionner pour les cohanim : les « simples Cohen » n'auront que quatre vêtements, simples et de couleur blanche, un pantalon (Mikhnassaïm), une tunique (koutonet), un couvre-chef en forme de turban (Migbaat) et une ceinture (Avnette). Aharon, le « grand Cohen », aura lui huit vêtements, en plus des quatre précités. Il devra avoir un « Ephod », sorte de tablier d'or et de broderies rouge et bleu. Le « Hochen » sur son pectoral, sur lequel sont placés les « Ourim et Toumim », sorte de cadre composés de douze pierres précieuses représentant les douze tribus. Et le « Meïl » long manteau bleu, fini en bas par des cloches en or. Enfin, sur le front, il a le « Tsits », une plaque d'or où sont inscrit deux mots « Kodech lachem » (Saint à Dieu).

La deuxième partie de la Sidra (à partir de la quatrième « montée ») décrit tout ce que devra faire Moshé pour sanctifier – introniser – les cohanim. Il s'agit d'offrandes, d'onctions d'huile, d'encens, et même de l'obligation faite à Moshé de « lever », physiquement, chaque Cohen ! La dernière partie de la Sidra, la septième et dernière « montée », décrit l'ordre de construire un autel en or pour les encens qui sera, comme la Ménorah et la table, inclus dans le « Kodech ». Cet élément du Michkan  n'avait pas été cité dans la Sidra précédente, qui les avait décrits presque tous.

Réflexions à propos du titre

Les deux premiers versets n’évoquent pas le sujet principal de toute la Sidra ( à savoir les vêtements et la sanctification des prêtres, les cohanim). Ils relatent que Moshé doit ordonner aux enfants d'Israël d'apporter une huile d'olive très pure. Or cela a déjà été demandé au début de la Sidra précédente, Térouma. L'huile faisait partie des treize matières premières demandées ! On peut cependant noter une petite différence : il était alors question de « parler » aux israélites et non pas « d'ordonner » ! Pour comprendre cette subtilité, Rachi nous invite à nous pencher sur la confection de l’huile : il ne faudra pas trop écraser l'olive. Juste la frapper, pour obtenir la première huile, sortie presque naturellement, comme par transpiration ! De même, l'allumage devra se faire sans trop brûler la mèche. Il faut rapprocher une flamme tout juste pour que la mèche s'enflamme, comme si elle s'allumait d'elle-même !!

Il me semble que le véritable problème est là : Dieu est comme  tiraillé par le désir d'avoir en face de lui l'homme, dans sa liberté d'expression, dans son originalité, dans sa prise de responsabilité. Or, il sait que l'homme est souvent détourné de sa propre liberté, de sa pureté intérieure. Pour l'aider à faire sortir son huile, pour qu'il puisse l'exprimer, il faut lui donner un petit coup de pouce, une incitation, un conseil, un ordre, une mitsva ! Mais il ne faut surtout pas que cette mitsva étouffe l'expression et la liberté de l'homme. Paradoxe exprimé ici par l'allumage (moyen indispensable) d'une flamme qui doit s'allumer d'elle-même (le but), ou par la délicatesse de la pression (indispensable) d'une olive qui donnera presque de son plein gré, son huile ! Nous sommes bien entre la « parole » de Térouma et « l'ordre » de Testavé (= ordonne). Comment demander à une personne d'être Cohen ? Si le Cohen est choisi pour ses qualités, soit, mais s'il faut que des enfants « nés » Cohen, deviennent « Cohen », c'est plus compliqué ! Comment induire des qualités ? Comment imposer une manière d'être ? C'est tout le paradoxe décrit plus haut. Plus largement, comment faire d'une personne née juive, d'être juive ? Comment demander à un être « humain » d'être humain ? C'est bien le problème de la mitsva en général : ordonner, sans écraser l'essentiel, la liberté créatrice de l'homme. Testavé est donc bien le titre de toute notre Sidra !

Un résumé PAR MONTEES : Tetsave-zahor

Par Michel Bensoussan

Dieu demande à Moshé (sans que son nom ne soit jamais cité dans toute notre sidra !) d'ordonner (Tetsave) au peuple de prendre de l'huile d'olive pure pour allumer la Menorah. Ce sera Aharon qui allumera tous les jours la menora dans le Michkan. Aharon et ses quatre enfants sont en effet choisis pour servir dorénavant au Michkan. Pour ce faire il faudra leur confectionner des vêtements particuliers.

Toute la première partie de notre sidra va donc détailler les différents vêtements à confectionner pour les Cohanim. Les « simples Cohen » n'auront que quatre vêtements, simples et de couleur blanche : un pantalon (Mikhnassaïm), une tunique (koutonette), un couvre-chef en forme de turban (Migbaat) et une ceinture (Avnette).

Aharon, le « grand Cohen » aura huit vêtements : en plus des quatre précités, il devra avoir un "Ephode", sorte de tablier d'or et de broderies rouge et bleu. Le "Hoshen" sur son pectoral, sur lequel sont placés les "Ourim et Tourim", sorte de cadre composé de douze pierres précieuses représentant les douze tribus. Et le "Meïl", long manteau bleu, fini en bas par des cloches en or. Enfin, sur son front il a le "Tsits", une plaque d'or sur laquelle sont inscrit deux mots "kodech lachem" (Saint à Dieu).

La deuxième partie de la sidra (à partir de la quatrième "montée" de la lecture de la Torah) décrit tout ce que devra faire Moshé pour sanctifier -introniser- les Cohanim. Il s'agit d'offrandes, d'onctions d'huile, d'encens, et même de l'obligation faite à Moshé de "lever", physiquement, chaque Cohen !

La dernière partie de la sidra, la septième "montée", décrit l'ordre de construire un autel en or  pour les encens, qui sera, comme la Menorah et la table, inclus dans le "kodech". Cet élément du Michkan n'avait pas été cité dans la sidra précédente, qui les avait décrit presque tous.

Ce Shabbat, nous sortons un deuxième Sepher Torah pour y lire le passage "Zakhor" – Souviens-toi – de ce que t'a fait Amalek. Haman, le persécuteur des Juifs à Pourim, étant lui-même un descendant d'Amalek.

TEROUMA

Sidra Terouma

par Michel Bensoussan

Un résumé

Dieu demande à Moshé que chacun apporte un "prélèvement" (Terouma), un don, constitué d'or, d'argent, de cuivre, de peaux de bêtes, de tissus, de broderies, de bois, de pierres précieuses, bref de tout ce dont auront besoin les constructeurs du "Michkan". Ce Michkan est un Temple démontable et facilement transportable dans toutes les pérégrinations dans le désert. En terre d'Israël, il sera installé dans la ville de Shilo pendant environ 400 ans. Il sera  ensuite déplacé à Jérusalem par  le roi David et son fils Salomon. Ce sera le "Premier Temple" qui s’élèvera pendant environ 400 ans. Détruit, il sera reconstruit au retour de Babel. Le "Deuxième Temple" existera, lui, près de 500 années jusqu’à l'an 68. Notre sidra détaille l'architecture du "Michkan" ainsi que les objets de culte qui y seront disposés. Au cœur du Michkan il y a le "Aron" : une boite en bois recouverte à l'intérieur et à l'extérieur d'or. Elle contient les Tables de la Loi. Elle est recouverte de deux chérubins en or. La pièce dans laquelle est déposé l'Aron se nomme le "Kodech Hakodachim", le Saint des Saints. Dans cette pièce, seul le grand Cohen entrait le jour de Kippour. En sortant, on se trouve dans une autre pièce, le "Kodech" ou "Ohel" ou "Hekhal". Plus grande,  elle contient trois objets du culte quotidien : la "Ménorah", le chandelier à sept branches, en or. Il y a aussi "la table" où sont disposés 12 pains et enfin un petit autel en or pour les encens (ce dernier ne sera détaillé que dans la sidra de la semaine prochaine). Ces deux pièces ont des murs en bois, assemblage de planches, le tout démontable. Le toit est constitué de quatre couches superposées de peaux de bête et les "portes" sont constituées de rideaux joliment tissés. À l'extérieur de cette enceinte, on se retrouve à ciel ouvert. C'est le "Hatser", la cour, où se trouvent un "Kior" en cuivre pour l'ablution des pieds et des mains des cohanim avant leur entrée dans le Hekhal (ce kior est décrit dans une autre paracha). Enfin, dans cette cour se situe le grand autel des sacrifices, le "Mizbeah" extérieur. Tout le Michkan est délimité par des tentures soutenues par des piliers en bois. Il forme un rectangle d'environ 50 mètres de long (d'est en ouest) et 25 mètres de large (nord-sud). L'entrée sera  toujours située à l'est.

 

Réflexion à propos du titre

Si le but est de construire un sanctuaire (Michkan), pourquoi ne pas appeler notre Sidra "Mikdash" ou "Michkan" ? Pourquoi lui donner le nom de ce qui semble être un détail annexe : la contribution de chacun pour rassembler les matériaux qui serviront à cette construction ? D'autant que le sujet, le prélèvement, n'occupe que sept des premiers versets ? La réponse réside peut-être dans la double traduction du mot Térouma : c'est à la fois un don, mais aussi une élévation. Comme si l'homme ne pouvait s'élever qu'en donnant de lui-même. Ce qui nous paraît être un acte accessoire en vue du but ultime, la construction d'un sanctuaire, est peut être lui-même le vrai but ! Dieu n'a pas plus besoin d'un sanctuaire qu'il n'a besoin d'un don de la part de l'homme. Le but, c'est l'homme : comment aider l'homme à s'élever ? Le sanctuaire est ici un prétexte, un moyen de faire durer un sentiment. De l'ancrer dans l'espace et dans le temps. On pourrait donc lire le texte comme suit : le but est la Térouma. Le don de soi qui invite l'homme à l'élévation. Dans un second temps, il y a nécessité de prolonger cette élévation, c'est alors l'invitation à construire un Michkan ! Le titre de la Sidra : 'Terouma', élévation, serait donc bien le but ultime et elle justifierait que le texte commence par elle notre Sidra !

Un résumé PAR MONTEES : Térouma

Par Michel Bensoussan

Notre Sidra est la première d'une série de cinq qui décrivent la construction d'un sanctuaire pour le service divin : le Michkan.

Première montée : "Térouma" veut dire "élévation" mais aussi "prélèvement" ou "offrande". Dieu ordonne à Moché de demander au peuple de "s'élever" en offrant les matières premières qui serviront à la construction d'un sanctuaire. Le premier élément de ce "Michkan" sera une arche en bois (Aron) recouverte d'or, dans laquelle seront déposées les tables de la loi descendues par Moché du mont Sinaï. Comme tous les éléments du Michkan, elle comportera sur ses côtés des anneaux dans lesquels de longues barres aideront à la transporter au cours des nombreux déplacements dans le désert.

Deuxième montée : Ce "Aron" sera recouvert d'une "Kaporet" en or sur laquelle seront confectionnés deux chérubins, tournés l'un vers l'autre. C'est de là que la parole de Dieu s'adressera à Moché.

Troisième montée : Le second élément sera une table (Shoulhan). Elle aussi sera confectionnée en bois et recouverte d'or (sur cette table seront déposés chaque semaine douze pains). Puis une Ménorah à sept branches sera coulée, entièrement en or. Il faudra confectionner des tentures qui délimiteront ce qui sera appelé le Kodech, lieu "saint" recouvert de tentures et dans lequel seuls les Cohanim pourront entrer.

Quatrième montée : Ces tentures devront être soutenues par des piliers en bois, des  "Kerachim", qui  seront juxtaposés et délimiteront ainsi ce lieu saint, le Kodech.

Cinquième montée : Cet espace, le Kodech, sera lui-même séparé en deux parties par des tentures spéciales (La Parokhet). Elles délimiteront ainsi un espace plus petit, à l'intérieur du Kodech, qui contiendra l'arche, les chérubins et les tables de la loi, ce sera le Saint des Saint ou "Kodech hakodachim".

Sixième montée : À l'extérieur de ce lieu saint, il y aura une grande cour où seront faits, à ciel ouvert, des sacrifices. Les sacrifices se feront sur un autel réalisé en bois et recouvert de cuivre. Il comportera, lui aussi, des anneaux et des barres qui aideront à le transporter.

Septième montée : Cette grande cour à ciel ouvert sera délimitée, elle aussi, par des tentures, soutenues par des piliers en bois. Ces piliers, les "Kerachim" seront eux espacés et reliés entre eux par des barres. Leurs bases en bois seront encastrées dans des socles ("Adanim") en argent. Le Michkan mesurera cent coudées (environ 60 mètres) sur cinquante (environ 30 mètres). Il sera donc composé d'une grande cour à ciel ouvert comprenant un autel pour les sacrifices. Avec à l'intérieur un espace plus saint recouvert de tentures dans lequel seront disposés la Ménorah, la table des pains, et un petit autel en or qui n’est pas évoqué dans notre Sidra ! Encore plus à l'intérieur se trouvera le Saint des Saints abritant l'Arche sainte.

MICHPATIM

Sidra  Michpatim

Par Michel Bensoussan

 

Un résumé

Le peuple d'Israël se trouve toujours au Sinaï. Il y restera près d'un an. Dans notre Sidra, une nouvelle série de commandements (Michpatim) est donnée à Moshé. Il y en a environ cinquante-quatre. Ils traitent de sujets très variés. Comment protéger le statut de l'esclave hébreu, celui qui par exemple, devra travailler pour rembourser son vol. D'autres lois parlent du meurtre par inattention, des dommages payés en cas de coups et blessures, des différentes sortes de prêts, des grands principes de la juridiction pénale : « le puits », « la corne », « le feu » et « la dent »… Qui sont repris longuement dans le Talmud. Il y a aussi des recommandations d'ordre moral, comme celle de ne pas gêner une personne qui nous doit de l'argent, le faux témoignage, rapporter un objet perdu à son propriétaire, etc… et enfin certaines lois concernant la terre d'Israël : la célébration des trois fêtes à Jérusalem, l'interdiction de l'idolâtrie,… Les dix-huit derniers versets reprennent la description de ce qui s'est passé lors du don de la Torah au Sinaï, avec la fameuse formule prononcée par le peuple : « Naassé Venichma », « Nous ferons et nous entendrons ».

Réflexion à propos de la partition de la Torah en Sidrot

Dans la première édition du « Sepher Hahinoukh » (livre écrit aux environs de l'année 1310 en Espagne, et qui commente les Mitsvot dans chaque Sidra), on découvre une chose étonnante : entre la paracha de Michpatim et celle de Térouma, il existait une autre paracha ! Celle de « Im Kessef ». C'est-à-dire que notre Sidra de Michpatim (qui comprend cinquante-quatre Mitsvot) était à l'époque, et dans cette région, coupée en deux ! La première partie était lue en tant que « Michpatim » (et ne  comprenait que vingt-quatre Mitsvot). La semaine suivante, on lisait la suite, à partir du verset 24 du chapitre 22 et  la Sidra s'appelait : « Im Kessef » (et qui comprenait vingt-neuf Mitsvot). Cette tradition était également en usage dans certaines communautés d'Afrique du nord jusqu'au 20ème siècle Cela nous rappelle que la partition de la Torah en Parachiot ou plutôt en « Sidrot » s'est produite de façon différente selon les époques et les régions. La Torah pouvant être lue en une année (comme aujourd'hui) ou en plusieurs années (sept ou trois). Dans ce cas, les  Parachiot de chaque semaine étaient beaucoup plus courtes et plus nombreuses ! Elles permettaient ainsi une étude du texte en profondeur, puisque l'on avait chaque semaine un texte plus court à étudier.

UN RÉSUMÉ PAR MONTEES : Michpatim

PAR MICHEL BENSOUSSAN

À la suite des Dix Commandements, Dieu énonce le détail des lois que Moché devra enseigner au peuple. Notre Sidra en contient près de 54 ! Cette densité de "Mitsvoth" ne permet pas de les "résumer" ! Le Talmud et la littérature rabbinique, au contraire, les "dilatent" au point qu'une très grande partie de la législation juive découle de notre Sidra. Il est aussi difficile de les classifier tant leur diversité est grande. Nous choisirons donc ici de ne citer qu'une ou deux lois par "montée".

Première montée: Un hébreu, acculé pour des raisons financières à se vendre comme esclave, sera libéré au plus tard après la sixième année. Un meurtrier sera lui-même condamné à mort.

Deuxième montée: Le propriétaire d'un animal sera responsable des dégâts causés par celui-ci, surtout s'il n'a pas pris les dispositions adéquates pour empêcher l'accident. En creusant un puits, ou en causant toute sorte de danger sur la voie publique, on est responsable des dégâts que cela  pourra engendrer.

Troisième montée: En allumant un feu, on est responsable des dégâts qu'il pourrait causer. Il y a donc ainsi quatre sortes de dommages causés. Il y a de même quatre sortes de situations dans lesquelles une personne se charge de "garder" un objet appartenant à une autre personne : s'il le garde gratuitement, s'il le garde en étant rémunéré, s'il l'emprunte (gratuitement) ou s'il le loue. Dans chaque cas le degré de responsabilité, en cas de dommage, est établi.

Quatrième montée: Si l'animal de son prochain (ou de son lointain !) est mis en difficulté, il ne faut pas faire semblant de ne pas l'avoir vu. Il faut, au contraire, aider son propriétaire à soulager l'animal.

Cinquième montée: Les juges doivent être très vigilants. Ni les pots-de-vin, ni le favoritisme ne devront les détourner de la justice. Trois fêtes (Pessah, Chavouot et Souccot) ponctueront l'année et seront l'occasion de se retrouver au Temple.

Sixième montée: L'arrivée en terre de Canaan comporte des risques d'assimilation aux idolâtries locales. Seule la fidélité aux lois de l'Éternel y assurera la prospérité.

Septième montée: Cette prospérité sera traduite par l'abondance de vie et de naissances et la suprématie sur tous les ennemis. Après l'énumération de toutes ces lois, le texte décrit à nouveau comment Moché est monté au mont Sinaï pour y rester 40 jours.

YTRO

Sidra Yitro

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Notre sidra contient deux parties distinctes : la seconde partie, la plus importante, relate le don de la Torah au mont Sinaï et on y lit les Dix Commandements. La première partie, elle, traite de la venue dans le désert de Yitro. Prêtre de Midyan et surtout beau-père de Moshé, Yitro accompagné de sa fille Tsipora, femme de Moshé et des deux fils de Moshé Gershom et Eliezer, arrivent de Midyan rejoindre le peuple qui vient de sortir d'Égypte. Yitro va donner des conseils à Moshé : pour alléger son travail et décentraliser le système  juridique, il devrait mettre en place une hiérarchie composée de responsables locaux, de dix, de cinquante, de cent ou de mille juges, qui pourront être consultés pour trancher la Loi. Moshé adopte la proposition et la met en place. Puis Yitro retourne dans son pays, Midyan. Cet épisode est donc relaté avant le don de la Torah. Mais étant donné son contenu (l'organisation du système juridique) il est possible qu'il lui soit chronologiquement postérieur.

Le don de la Torah a lieu cinquante jours après la sortie d'Égypte. Pendant trois jours le peuple se prépare autour de la montagne. Et le 6 (ou le sept) Sivan (jour de la fête de Chavouot) la brume, le schofar, des éclairs, des voix, emplissent la montagne du Sinaï et le campement. Le Décalogue est proclamé par Dieu, relayé par Moshé (il restera sur la montagne 40 jours jusqu'au 17 Tammouz, date à laquelle il descendra avec les premières Tables de la Loi. Il les brisera tout de suite à cause de la faute du veau d'or. Après quarante autres jours il remontera le 1er Elloul. Et après être resté encore une fois 40 jours, il descendra avec les deuxièmes Tables de la Loi, le jour du 10 Tichri, jour du grand pardon, Kippour).

Réflexions à propos du titre

Yitro a entendu. Pourquoi avoir placé l'épisode de la venue d'Yitro juste avant les Dix Commandements ? Et pourquoi en faire ainsi le titre de notre Sidra ? Il me semble que le sujet de toute la Sidra est la capacité d'écoute de l'homme. Un midrash raconte que lorsque Dieu parlait au peuple d'Israël au mont Sinaï, la voix n'était perceptible que par Israël. Une autre personne présente ne pouvait l'écouter ! Recevoir la parole de Dieu dépend donc de notre capacité d'écoute. Dieu parle. Mais savons-nous L'écouter ? Savons-nous écouter ce qu'il nous dit, certes à travers les textes, les prophéties, mais aussi par les événements qui nous entourent. Par ce qui se passe en nous. Certaines personnes peuvent même ne pas se rendre compte du dévoilement de Dieu dans l'histoire en cours ! Yitro lui, a su écouter. Il a fait le bon diagnostic. Moshé lui-même (qui aurait pu se sentir au-dessus de toute parole humaine) va savoir écouter les conseils d'Yitro. Israël devra apprendre à écouter. Mesurer sa capacité d'écoute et ses limites (ils demanderont à Moshé de transmettre la parole lorsqu'elle sera trop intense pour eux). C'est l’un des problèmes cruciaux de la révélation. Saurais- je la capter ? Rachi nous fait remarquer qu'Yitro a sept noms. Pourquoi donc avoir choisi celui-ci, ici ? Peut-être parce qu'il définit « l'autre », celui qui est « en plus » par rapport à moi. Celui qui vient, justement de l'extérieur. Une des conditions pour entendre est de savoir prendre du recul ! Il faut aussi être prêt à recevoir « l'autre » par excellence. Celui qui est différent de moi, par nature ou par essence. Écouter le « même que moi » c'est facile. Il dit la même chose que moi. Mais entendre Dieu c'est entendre ce qui va m'ébranler, me surprendre, m'élever ! Yitro l'étranger, l'être « en plus », l'autre, celui lui qui a su écouter, nous apprend à écouter, à notre tour. Étape indispensable donc à la réception de la Torah !

UN RÉSUMÉ PAR MONTEES: Yitro

Une alliance entre le peuple d'Israël et Dieu est conclue au pied du mont Sinaï. Les dix paroles sont transmises au cours d'une révélation impressionnante de Dieu à Son peuple.

Première montée : Impressionné par tous les miracles de la sortie d'Égypte, Yitro, beau-père de Moché, vient de Midyan son pays, rejoindre le peuple d'Israël. Il est accompagné de Tsipora, la femme de Moché (divorcée juste avant l'accomplissement de la mission de Moché, un an et demi auparavant) et de ses deux enfants : Eliezer et Gershom. Yitro connaissait cet endroit, la "montagne de Dieu", là où avait eu lieu la première révélation à Moché, au buisson ardent.

Deuxième montée : Yitro conseille à Moché d'instaurer un système juridique hiérarchisé pour alléger sa tâche, lui qui était seul juge et seul enseignant de la loi jusque là.

Troisième montée : Moché trouve l'idée excellente et nomme des juges qui s'occuperont des petits litiges, restant lui l'autorité suprême. Puis Moché renvoie Yitro vers sa terre, Midyan.

Quatrième montée : Nous sommes au troisième mois de la sortie d'Égypte (le mois de Sivan) et le peuple arrive au pied du mont Sinaï. Dieu propose à Israël une alliance, un peu comme celle d'un mariage.

Cinquième montée : Le peuple accepte à l'unisson de suivre les lois que Dieu lui indiquera. Dieu appelle Moché du haut du mont Sinaï, dans un brouillard, pour lui dicter les lois qu'il transmettra à Israël. Seul Moché (accompagné par Aharon, dans une certaine limite) peut accéder à la montagne. Toute autre personne sera mise à mort si elle s’en approche. Pendant trois jours, le peuple se prépare en se sanctifiant. Le troisième jour, tout le peuple est prêt au pied de la montagne. Une épaisse nuée la recouvre. Les sons du chofar s'intensifient et sont accompagnés d'éclairs. Le peuple est ébranlé.

Sixième montée : Dieu proclame les dix paroles : 1- Je suis l'Éternel qui t’a fait sortir d'Égypte. 2-Tu n'auras pas d'autre Dieu, ni toutes sortes d'idoles. 3- N'utilise pas le nom de Dieu en vain. 4- Souviens toi du chabbat… 5- Respecte tes parents…. 6- Ne tue pas. 7- Ne commets pas d'adultère. 8- Ne vole pas. 9- Ne fais pas de faux témoignage. 10- Ne convoite pas.

Septième montée : Effrayés par tous ces sons, les flammes, et le chofar, les enfants d'Israël reculent et demandent à Moché de leur transmettre, lui-même, les paroles de Dieu, de peur de mourir à cause de Sa trop grande présence. Moché les rassure. Dieu ne veut pas les tuer. Il veut qu'ils aient, une fois au moins, senti Sa présence et continuent ainsi de Le craindre. La Sidra se termine par deux lois concernant la fabrication d'un autel : ses pierres ne seront pas taillées par le glaive et il ne devra pas comporter de marches. Pour éviter que celui qui monte sur la rampe de cet autel ne découvre sa nudité !

VAERA

PARACHAT VAERA

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Un résumé

La  paracha précédente s'était arrêtée en pleine discussion entre Moshé et Dieu. Notre paracha la poursuit : Dieu reproche l'attitude un peu hâtive du peuple et de Moshé. Il leur rappelle que lorsqu'il était apparu (vaera) aux patriarches Avraham, Its'hak et Yaakov, ils avaient toujours gardé confiance dans la promesse. Il y aura quatre étapes dans la délivrance (équivalent aux quatre verres de vin que nous buvons à Pessah), le but étant d'arriver à la cinquième étape, l'entrée en terre d'Israël. Comme il l'avait fait pour convaincre ses frères de lui faire confiance, Moshé utilise des « miracles » pour convaincre Pharaon du sérieux de son entreprise et de l'existence d'un Dieu tout-puissant, omniscient, Créateur des cieux et de la terre. Son bâton se transforme en serpent. Il faudra aussi frapper l’Égypte de dix plaies pour que Pharaon en arrive à accepter de libérer Israël de son joug. La Paracha fait le récit des sept premières plaies : les eaux sont  transformées en sang, les grenouilles envahissent le pays, la vermine, les bêtes sauvages, des maladies tuent tout le bétail égyptien, des pustules frappent les hommes et les bêtes, des trombes de grêle et de feu détruisent aussi les récoltes. À chaque fois, Dieu endurcit le cœur de Pharaon afin qu'il ne soit pas enclin à libérer Israël uniquement par la peur des plaies. Il attend de lui une reconnaissance complète et une décision sincère et de plein gré. À chaque  plaie, les enfants  d’Israël sont épargnés.

Réflexions à propos du titre

Pourquoi avoir choisi le terme « Vaera » (Dieu est apparu aux patriarches) comme titre de la Sidra qui relate les sept premières plaies ? En fait, les  plaies démontrent la présence de Dieu dans le déroulement de l'histoire. C'est l’une des manières d'apparition de Dieu à l'homme. Le Créateur du monde continue donc de le diriger en permanence. Or, cela pose un problème : comment peut-il alors laisser régner le mal, la souffrance, l'injustice ? C'était bien la question de Moshé à la fin de la Sidra précédente. La réponse de Dieu semble être que l'homme ne perçoit qu'un petit bout de la réalité. Les plans divins prennent en compte des facteurs qui dépassent l'entendement humain immédiat. Or cela pose alors un autre problème : si l'homme ne peut comprendre le fonctionnement de Dieu, à quoi les « apparitions » de Dieu servent-elles ? Nos sages expliquent par exemple que les patriarches ont reçu des « promesses », le plan général à  suivre. Sans exiger la compréhension de la mise en pratique de ces promesses. En réalité, la parole de Dieu,  les prophéties, les apparitions, ne sont pas des prévisions de l'avenir. Ce sont des exigences ! Dieu ne raconte pas « ce qui va se passer ». Il attend au contraire de l'homme une réaction vis-à-vis de Sa parole. Il est capital d'expliquer à Moshé et au lecteur de la Torah que les plaies qui vont suivre ne sont pas que des actes magiques d'un Dieu plus fort que les autres. Mais au contraire, une manière d'exiger des hommes un comportement, une réaction, face au projet divin. Dieu apparaît à l'homme, pour l'homme. Pour que l'homme soit à la hauteur de son exigence.

Un résumé PAR SECTIONS DE  : Vaera

PAR MICHEL BENSOUSSAN

L'esclavage en Égypte touche à sa fin. Pourtant les enfants d'Israël ne sortiront qu'une année plus tard, après que Dieu aura frappé l'Égypte des dix plaies. Notre Sidra relate les sept premières.

Première montée : Dieu annonce à Moché qu'il compte mettre en pratique les promesses faites aux patriarches : cinq étapes sont énoncées. Quatre concernent la sortie (d’où les quatre coupes de vin bues à Pessah), et la cinquième l'entrée en terre de Canaan (d’où l'habitude, plus récente, de boire une cinquième coupe).

Deuxième montée : Pour rassurer le peuple que Moché et Aharon, les sauveurs du peuple, sont bien "de chez nous"(!!), la généalogie depuis Reuben, Chimon, Levi et leurs enfants jusqu'à Moché est détaillée.

Troisième montée : Moché (âgé de 80 ans) sera le chef de la délégation auprès de Pharaon. Aharon (bien qu'il soit de trois ans son aîné) sera son porte-parole. Dieu, quant à Lui, se chargera d'endurcir le cœur de Pharaon pour qu’il garde son libre arbitre ! pour que sa décision ne soit pas due à la souffrance causée par les plaies ! et pour démontrer à tous, par les dix plaies, la suprématie de Dieu.

Quatrième montée : Pour accéder au dialogue avec Pharaon, il faudra réaliser devant lui un prodige : le bâton d'Aharon sera transformé en reptile. Mais les magiciens font de même. En revanche, le bâton d'Aharon "avale" ceux des magiciens !

Pour réaliser la première plaie, Moché rencontre Pharaon sur le Nil. Après l'injonction de laisser partir le peuple, et le refus de Pharaon, Aharon frappe les eaux du Nil qui se transforment en sang pendant sept jours. Cela tue les poissons et il n'y a plus d'eau potable en Égypte. Les magiciens de Pharaon réalisent un prodige semblable. Pharaon refuse de renvoyer le peuple.

La seconde plaie est la multiplication des sauterelles qui envahissent chaque recoin de l'Égypte. Pharaon promet cette fois qu'il accédera à la demande des Hébreux si on le débarrasse des sauterelles.

Cinquième montée : Mais une fois la condition remplie, il refuse à nouveau de renvoyer le peuple ! La troisième plaie est celle des "Kinim" (poux ou vermine) : Aharon frappe de son bâton la terre et elle est transformée en "Kinim". Cette fois les magiciens ne réussissent pas à faire de même.

La quatrième plaie est "Arov" : des bêtes sauvages déferleront sur l'Égypte en épargnant la terre de "Goshen" où habitent les Hébreux.

Sixième montée : Effectivement, ces bêtes envahissent jusqu'au palais du Pharaon. Ce dernier cède. La plaie est retirée, mais une fois encore Pharaon refuse de laisser partir le peuple.

La cinquième plaie est "Dever" : une épidémie frappe tous les animaux en Égypte (mais pas chez les Hébreux).

La sixième plaie : Moché et Aharon lancent de la cendre vers le ciel. Elle est transformée en "Shehin", une maladie de la peau qui frappe les hommes comme les animaux.

Septième montée : La septième plaie est "Barad" : une grêle accompagnée de feu s'abat sur les animaux qui ne sont pas à l'abri. Les cultures sont également détruites. Là encore, la terre de Goshen n'est pas touchée. Pharaon demande à ce que cela cesse. Mais après l'intercession de Moché et l'arrêt de la grêle, Pharaon revient sur sa promesse et refuse de renvoyer le peuple.

CHEMOT

Sidra  Chemot

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Le livre de Chemot débute par le rappel des noms (Chemot) des fils d'Israël venus en Égypte. À la suite de l'âge d'or vécu du temps de Yossef, une période beaucoup plus sombre commence après la mort de la première génération. Pour la première fois, les fils d'Israël sont qualifiés de "peuple" et pour la première fois aussi, des mesures antisémites violentes sont prises à leur encontre : esclavage dur et  mise à mort des nouveaux nés mâles. Les sages femmes Shifra (Yokheved) et Poua (sa fille Myriam), arriveront tout de même à sauver un grand nombre d'enfants. Yokheved, fille de Lévi, mettra elle-même au monde après une grossesse de six mois seulement, un enfant qui  sera sauvé par la fille de Pharaon, Batia. Elle le nomme « Moshé » ("Sauvé des eaux").

Élevé chez Pharaon, Moshé sort pourtant un jour voir ses frères esclaves et prend leur défense en tuant un Égyptien. Recherché pour cet attentat il se sauve chez Yitro, prêtre à Midyan, et épouse sa fille Tsipora. Elle lui donnera deux fils, Eliezer et Gershom. Moshé est berger du troupeau de Yitro. Dieu lui apparaît à travers la vision d'un buisson ardent qui brûle mais ne se consume point. Symbole du peuple d'Israël qui souffre mais perdurera et sera sauvé. C'est Moshé qui est désigné pour sauver Israël. Moshé, en bon prophète (!), refuse sa mission en prétextant son inaptitude. Dieu le convainc et lui adjoint Aaron son frère, qui l'aidera dans sa double tâche : d'une part il faudra convaincre le peuple d'Israël qu'il est temps de sortir d'exil, et de l'autre convaincre Pharaon de les laisser partir. Une première tentative se solde par un échec. L'esclavage s'alourdit et le peuple reproche toute cette démarche à Moshé. Celui-ci retourne alors les reproches contre Dieu lui-même !

Réflexions à propos du titre

La tradition latine nomme la Sidra, et partant, tout le deuxième livre de la Torah du nom de la sortie d'Égypte : « l'Exode ». Il paraît en effet logique de définir Israël comme le peuple sorti d'Égypte. Nos sages ont pourtant donné un autre nom à ce livre : « Chemot » – les noms. Comme les étoiles en pleine nuit, ce qui caractérise surtout les tribus d'Israël est leur capacité à chercher la lumière, même cachée en pleine obscurité de l'exil. Chacun des enfants d'Israël porte un nom : une mission, un projet unique auquel le Créateur est très attaché. Il a, comme le dit Rachi, de « l'affection » pour chacun. Un nom, ce n'est pas un numéro ! Bien que chacun « compte » beaucoup ! Le livre étudie donc la valeur ajoutée de chacun, ce qu'il représente pour l'ensemble et pour le monde. Il sera donc question « d'identité ». Des hommes, d'Israël, et même du Nom de Dieu lui-même. Ce n'est que dans cette perspective que seront relatés les faits historiques comme le maintien d'une identité à travers l'exil, l'exode, le don de la Torah, et surtout la prescription des lois qui régiront l'expression adéquate de chacun de ces noms.

 

RESUME DE CHAQUE MONTEE

Après le temps des "pères", le temps des promesses, voici venu le temps des "fils", le temps de la réalisation : l'exil en Égypte où le peuple se formera. La sortie de cet exil et la route vers la terre de Canaan. Nous entamons le second des cinq livres du Pentateuque qui relatera ce temps, celui des "fils d'Israël".

Première montée: Les enfants d'Israël sont venus en Égypte avec Yaakov au nombre de 70. Chacun a un nom (d’où le titre: Chemot – les noms), c'est-à-dire une manière particulière d'appréhender le monde. Comme les 70 facettes de la Torah ou les 70 manières d'être homme, les 70 nations. C'est sur cette base que le peuple va croître et "remplir" le pays d'Égypte. Dès la mort de cette génération, l'esclavage commence. Pharaon ordonne que tout enfant mâle d'Israël soit jeté au fleuve.

Deuxième montée: Malgré cette menace, un couple de la tribu de Levi (Amram et Yokheved) ont un fils. Myriam, sa sœur, surveille la boite déposée au bord du Nil et qui le protège. La fille du Pharaon (Batiah) recueille l'enfant. Elle lui donne un nom : Moché (sauvé des eaux) et l'adopte comme son propre fils. Myriam propose de lui trouver une nourrice. C’est sa mère Yokheved qui l'allaitera pendant ses premières années.

Troisième montée: Moché grandit chez Pharaon. Un jour, il sort voir "ses frères". Il tue un Égyptien qui frappe un Hébreu. Le lendemain, il veut empêcher deux Hébreux de se battre. Ceux-ci s'en prennent à lui et menacent de le dénoncer. Pharaon veut tuer Moché, qui s’enfuit et arrive à Midyan, au bord d'un puits. C'est là que les filles de Yitro, prêtre de Midyan, le trouvent. Yitro le convie chez lui et lui offre Tsipora, sa fille, pour femme. Celle-ci lui donne un premier fils : Gershom. Pharaon meurt. Les enfants d'Israël profitent de cette accalmie pour crier à Dieu. L’Éternel entend leur plainte et décide d'agir pour mettre fin à l'exil, comme Il l'avait promis aux Patriarches.

Quatrième montée. Moché fait paître le troupeau de Yitro son beau-père. Il arrive devant un buisson ardent (Snai). Là, Dieu se révèle à lui. C'est Moché qui délivrera le peuple d’Israël d'Égypte ! Celui-ci refuse, ne s'en sentant pas capable. Dieu insiste et lui donne une indication : « C'est sur cette même montagne (le mont Sinaï) que vous viendrez Me servir après votre sortie d'Égypte ». Il lui dévoile aussi Son nom: "Je serai celui qui sera" ! Puis un autre, plus simple : "Je serai" (ce sont en fait des compositions des lettres du tétragramme).

Cinquième montée: Dieu détaille à Moché le programme de la sortie : Moché devra tout d'abord rassembler les chefs de tribus pour leur annoncer la fin de l'exil. Puis ils iront ensemble chez Pharaon faire une demande officielle ! Pharaon refusera. Dieu devra alors envoyer des plaies sur l'Égypte et ce n'est qu'à ce moment-là que Pharaon les renverra. Les enfants d’Israël sortiront enrichis. Moché entrevoit une première difficulté : les Hébreux eux-mêmes ne croiront pas à la fin de l'exil (!). Dieu lui enseigne trois miracles qui les convaincront : un bâton transformé en serpent, sa main devient lépreuse au contact de sa poitrine, et enfin de l'eau du Nil sera transformée en sang une fois jetée à terre. La deuxième difficulté que rencontre Moché est qu'il a du mal à s'exprimer. Qu'à cela ne tienne, son frère Aharon sera son porte-parole !

Sixième montée: Moché prend sa femme et ses enfants et retourne en Égypte. En chemin, un ange tente de le tuer ! Tsipora lui sauve la vie en circoncisant son fils ! Aharon et Moché se rencontrent et vont chez les Hébreux leur annoncer la bonne nouvelle.

Septième montée : Comme prévu, Moché, Aharon et les chefs de tribus vont chez Pharaon. Comme prévu également, ce dernier refuse de laisser partir les Hébreux. « Qui est ce Dieu auquel vous vous référez ? ». De plus, Pharaon endurcit la servitude des Hébreux : ils devront dorénavant aller eux-mêmes chercher le foin pour fabriquer les briques ! Le peuple s'en prend à Moché, qui ne comprend pas que sa mission ait pu aggraver la situation, et va se plaindre auprès de Dieu Lui-même !

VAYCHLAH

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Vayichlah

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Yaakov avait été envoyé chez Lavan par ses parents. Mais dès que la colère de Essav son frère se sera apaisée il devait revenir en terre de Canaan. Après vingt années d'exil, Yaakov retourne chez lui. Mais comment Essav prendra-t-il ce retour ? Yaakov s'inquiète de la réaction de son frère. C'est pour cela qu'il va tout faire pour que leur rencontre se passe le mieux possible. D'autres problèmes attendent Yaakov : sa fille Dina  est violée par le roi de la ville de She'hem et son père Isaac va mourir.

Première montée: Yaakov envoie des anges (qui étaient d'ailleurs venus à sa rencontre la semaine dernière) pour annoncer son arrivée à Essav. Il lui transmet un message de paix. Parallèlement, il se prépare à une éventuelle confrontation armée : il partage son campement en deux pour en sauver au moins une moitié en cas d'attaque. De plus, Il prie D'ieu de le sauver.

Deuxième montée: Yaakov envoie des présents à Essav pour trouver grâce à ses yeux. Après avoir fait traverser la rivière de Yabok à toute sa famille, il se retrouve seul de l'autre côté de la rivière, en pleine nuit. Il doit alors combattre un ange (l'ange d’Essav !). Yaakov est blessé à la jambe (événement qui sera  rappelé par l'interdiction de manger une certaine partie de la bête : le "Guide Hanaché"). Pourtant Yaakov gagne le combat. Il reçoit alors le nom d'Israël (= "celui qui a vaincu l'ange de D'ieu").

Troisième montée: Au matin, Yaakov retourne au campement et accueille Essav venu avec 400 hommes (!). Yaacov, toujours sur ses gardes, organise à nouveau son camp en quatre parties. Essav et Yaacov s'embrassent !

Quatrième montée: Yaakov présente sa famille à son frère et lui explique la raison de ces vingt années d'absence. Il refuse l'invitation d’Essav de l'accompagner chez lui, à Edom. Yaacov préfère garder son rythme lent, le rythme des enfants et du troupeau. Il lui promet néanmoins de le rencontrer "plus tard" ! Ils se séparent sans encombre. Yaacov arrive au cœur du pays de Canaan, à la ville de She'hem. Il achète le terrain où il s'installe.

Cinquième montée : Shekhem est aussi le nom du prince de cette ville. Il s'éprend de Dina, fille de Yaacov et la viole. Les frères de Dina sont furieux. Ils demandent à tous les habitants de Shekhem de se circoncire pour avoir le droit de se marier avec les filles d’Israël. Cette condition est tout de suite acceptée. Tous les habitants de Shekhem se circoncisent. Mais deux des frères de Dina, Shimon et Lévi, rompent l'accord et profitent de l'état de faiblesse des nouveaux circoncis pour exterminer toute la ville et récupérer leur sœur captive. Cela met Yaakov en colère, qui redoute les représailles des Cananéens envers sa famille. Dieu conseille à Yaakov de s'en retourner à Beit El, ce même lieu où il avait rêvé de l'échelle vingt ans plus tôt. Dieu lui confirme son nouveau nom : Israël.

Sixième montée: D'ieu bénit Yaakov – Israël et lui renouvelle la promesse de la terre. En chemin, Rachel met au monde un deuxième enfant : Binyamin. Mais elle meurt en couches. Elle sera enterrée sur le chemin d’Efrat, à Beit Lehem. Malgré un épisode assez sombre (Reuben aura une relation avec Bilha, la femme de son père !), les douze enfants de Yaacov forment une unité familiale. Yaacov arrive chez son père Itzhak et assiste à sa mort. Essav et Yaakov enterrent leur père à Hébron. Le texte décrit les engendrements d'Essav. Ce dernier va habiter le pays d'Edom, au sud-est de Canaan, pour ne pas gêner son frère Yaakov.

Septième montée : Le texte poursuit la description de la grande famille d'Essav, de ses douze tribus, de ses chefs et de ses rois.

BO

Un résume de la Sidra Bo

Par Michel Bensoussan

Il reste trois plaies à infliger à l'Egypte pour faire sortir le peuple d'Israël et tout cela se passe dans notre Sidra.

Dieu demande à moche de venir (Bo) chez Pharaon  pour le convaincre de renvoyer Israël. Si non, les sauterelles envahiront le pays. Le cœur endurci une nouvelle fois par Dieu, pharaon refuse. Apres les sauterelles, une obscurité épaisse s'abat sur l'Egypte. La dernière plaie sera la mort des premiers nés égyptiens. Elle aura lieu à minuit, le soir même de la sortie d'Egypte.

Mais auparavant, Dieu explique à Moche que cette fois, contrairement aux plaies précédentes, le peuple d'Israël devra être actif, pour ne pas être touché!

Moche reçoit  en effet, les premières "Mitsvoth" de la thorah: Le premier du mois, au moment ou la lune réapparaît, il faudra sanctifier le Roch hodech, le premier de chaque mois. Et de plus, ce mois ci, sera le premier de l'année hébraïque, qui sera appelle bien plus tard le mois de Nissan. Puis, des le 10 de ce mois, ils devront prendre un agneau, le garder jusqu'à la fameuse nuit du 14. Alors seulement, ils le sacrifieront, le feront griller et le mangerons avec des Matsot. La plus part des Mitsvoth concernant la future fête de pessah sont explicitées. "Pessah" signifie que Dieu " est passe " sur les maisons d'Israël sans les frapper. Il tuera par contre les premiers nés égyptiens. Cette partition sélective, maison par maison, lors de cette dixième plaie, défini le peuple d'Israël. Seuls ceux qui avaient participé activement a cette soirée, notamment en peignant leur porte du sang pascal, seront épargnés et délivrés. Comme promis à leur ancêtre Avraham, le peuple sortira d'Egypte enrichi. Enrichi aussi en or argent et vêtements pris aux égyptiens.

Notre Sidra se termine par le texte de "Kadesh li Kol Bekhor". Ce texte est inscrit sur les parchemins inclus dans nos tefillins (avec le texte du chema Israël).il relate plusieurs lois: la sanctification des premiers nés, le souvenir perpétuel de la sortie d'Egypte, la fête de pessah et la Mitsvah des tefillin.

Réflexions a propos du titre

"Bo" veut dire "va" chez Pharaon. Ou plutôt "viens"! Comme si Dieu se trouvait au cœur de Pharaon! Qu'il demandait en fait à Moché d'approfondir sa découverte de la présence divine dans le monde. En effet, les plaies semblent instruire non seulement les égyptiens' tous les peuples, mais les hébreux eux même. Si nos sages ont donc partagé les dix plaies en 2 Sidrot: La précédente qui comportait sept plaies et la notre qui en comporte trois, c'est peut être parce que l'on franchi la un seuil dans notre perception de la divinité, a travers l'histoire en devenir. "Bo"' d'ailleurs a comme valeur numérique trois! Les kabbalistes qui échelonnent notre perception de la divinité en dix "sephirot"' n'ont –ils pas, eux aussi, partagés ces Sephirot en deux groupes: un de sept, les plus proches de notre entendement, et un second groupe, bien plus élevé', de trois. Notre Sidra porte donc bien son titre :"Bo".  Viens! Approche-toi encore plus de ta connaissance de Dieu. Le terme vient d'ailleurs de "Bia"' utilisé par la thorah pour décrire l'union entre un homme et une femme. Les dix plaies sont donc, comme les dix paroles de la création du monde ou comme les dix commandements, un dévoilement graduel de la présence divine. Notre Sidra traite donc de la phase paroxystique de ce dévoilement: la délivrance, de la sortie d'Egypte!