EMOR

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Emor

PAR MICHEL BENSOUSSAN

La première partie de notre Sidra (les trois premières montées) traite des lois de pureté que devront respecter les Cohanim. La seconde (les trois montées suivantes) traite de toutes les fêtes juives.

Première montée : Un Cohen n'a pas le droit d'être en contact avec la mort, sauf dans le cas d'un très proche parent. Il ne peut se marier avec une femme divorcée. Le grand Cohen ne pourra, lui, se marier qu'avec une femme vierge.

Deuxième montée : Un Cohen infirme ne pourra pas servir au Temple. En cas d'impureté, il lui est interdit de pénétrer dans le Temple. Un Cohen impur n'a pas le droit de consommer la Térouma.

Troisième montée : Les animaux présentant des infirmités ne sont pas aptes à être sacrifiés. De même, un animal ne peut être sacrifié durant les sept premiers jours de sa vie.

Quatrième montée : Dieu dicte à Moché la liste des fêtes annuelles. Seul le jour de Shabbat est fixé par Dieu lui-même, une fois pour toutes : le septième jour de chaque semaine. En revanche les autres fêtes dépendent de la décision du grand tribunal (Sanhedrin) qui fixe, en fonction de critères très divers (les saisons, la visibilité de la lune, l'état des routes pour monter à Jérusalem,…) la date du premier jour du mois, et s'il y a lieu de repousser d'un mois le début de l'année ! Ces jours de fête fixés par un tribunal humain ont autant de valeur que le shabbat, lui, fixé par Dieu.

La première fête est Pessa'h. Elle a lieu le quinzième jour du premier mois (Nissan). Puis quarante-neuf jours sont comptés jusqu'à la seconde fête : Chavouot.

Cinquième montée : Le septième mois de l'année (Tichri) comprend, lui, trois fêtes : le premier du mois est le « jour du souvenir » (Roch Hachana). On y sonne du chofar. Le dix de ce même mois est Yom Kippour, jour du pardon de toutes les fautes.

Sixième montée : Le 15 du mois, c'est la fête de Souccot qui dure sept jours, puis un huitième jour de clôture (Chemini Atseret).

Septième montée : Chaque jour de l'année, la Ménorah doit être rallumée. Sur la table en or, face à elle, sont déposés chaque shabbat douze pains, qui seront consommés par les Cohanim la semaine suivante.

Un israélite (fils d'un Égyptien et d'une Israélite) s'est querellé et a blasphémé le nom de Dieu. Il est condamné à la lapidation !

Par Michel Bensoussan pour la radio kol israel en français 07-05-09

Pourquoi les cohanim n'ont pas le droit d'entrer dans un cimetière?

Pourquoi sont ils écartes de ce qui touche a la mort?

Toucher un mort, rend "tame" impur. Mais que veut dire au juste ce mot tame?

Une des déclinaisons possibles de la racine du mot "tame" est "atoum". Fermé. On se rappelle, pour ceux qui ont vécu la guerre d'Irak, des  "heder atoum" des chambres isolantes, bouchées.  La toumea ' l'impureté', serait donc la fermeture.

Qu'est-ce qui peut être  fermé dans l'homme?

La parole, par exemple. Comme le titre de notre paracha.

Mais plus grave encore, ce qui peut se fermer chez un homme c'est son espoir, sa joie de vivre, l'envie d'entreprendre, son optimisme.

Lorsque dieu interdit a Adam de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, il lui prédit qu'au moment même ou il en mangera, il mourra. Or on voit que Adam en mange mais qu'il ne meure pas, en tout cas,  pas tout de suite.

Que voulait dire dieu ' alors, en disant "tu mourras"? Pourquoi le fait de s'approprier de la connaissance tue? Le savoir n'est –il pas au contraire libérateur?

Nos sages expliquent que ce que l'homme a perdu en échange de la connaissance, c'est sa temimout. Sa naïveté, son insouciance, sa fraîcheur, son enthousiasme, sa joie de vivre.

Tout projet ' toute initiative' peut être démolie par quelqu'un qui vous dira " oui mais' a quoi bon, c'est difficile, c'est impossible, et de toute façon ça ne  sert a rien, puisque ceci, puisque cela,… puisque de toute façon on va mourir! Et oui, l'argument de poids, celui contre lequel on a plus  rien a  dire c'est la mort. C'est vrai, tout le monde va mourir. Alors a quoi bon?

Voila, la connaissance, c'est très bien, mais ça peut aussi arrêter, boucher, les éléments de vie! Oui, en mangeant de l'arbre, l'idée de la mort, le pessimisme, les forces qui paralysent, qui attristent, qui arrêtent le cours de la vie sont entres chez l'homme.

Il faut donc, pour vivre, pour mieux vivre, insuffler sans arrêt chez l'homme de la temimout. Cet insouciance, cette naïveté, cette fraîcheur, comme une eau rafraîchissante (et dans tamim il y a "maim" l'eau).

La mort, et pas uniquement la mort biologique, mais la mort de l'âme, la mort dans l'âme, le pessimisme, la dépression, peuvent être contrebalance par la fraîcheur de la temimout. Tam, justement, est formé des mêmes lettres que "met"= mort. Mais a l'envers!

La fonction principale du Cohen c'est d'aider les hommes à mieux vivre. A leur insuffler de l'optimisme

C'est pour cela qu'il est protégé lui-même de tout ce qui pourra entamer son optimisme a lui. Des qu'il sera en contacte avec un élément négatif, "tame" "impur", c'est adire qui obstrue les canaux du flux de la vie, il faudra qu'il entreprenne un processus de débouchage des canaux, ce que l'on appelle la tahara, encore mal traduite par  purification. Cela se fera Souvent d'ailleurs a l'aide de temps, de régénération, de resourcement, mais aussi a l'aide d'eau justement. L'eau de la temimout' l'eau de la vie.

Déclarer une personne "tame", ça n'est, ni une punition, ni même un reproche! C'est au contraire, l'aider a diagnostiquer en elle une fermeture, pour tout de suite,  entamer un processus de ressourcement qui va l'aider a mieux vivre.

Chabat chalom

KEDOCHIM

 13-04-08

un resume  DE   kedochim

Dieu demande a ce que tout le peuple soit kedochim– "saints"- ou "sanctifies".

S'en suivent 51 commandements: 13 positifs et 38 négatifs.

Plusieurs versets rapellents des commandements deja cites, comme le respect des parents' du chabat, l'interdiction de l'idolatrie , et meme , reprenant la fin de la sidra precedente, les interdits sexuels. D'autres, par contre, innovent. Comme par exemple, a propos des lois agricoles. Le soucis accordes aux plus demunis et les regles de morales et de justices sont au cœur de plusieurs recommandations, la fameuse mitsva d'"aimer son prochain comme soit meme" se trouve  par exemple au chap 19 verset 18.

       Pour la radio kol israel en français le 30-04-09

Ce chabbat nous lirons 2 parachot: Ahare mot et kedochim.

Je vous propose de trouver ensemble le fil conducteur qui relie en fait les différents sujets traites dans ces parachot

Les enfants d'aharon, nadav et avihou, entrent dans le saint des saints. Ils meurent, brûles pour avoir voulu s'approcher de la présence divine. Trop de ferveur, trop d'amour. Pour ne pas qu'une telle catastrophe se reproduise, dieu ne permettra un acte semblable, que le jour du yom kipour. Le jeune, la crainte, le sérieux, régnant ce jour la,' permettent au grand amour entre dieux et son peuple de s'exprimer sans danger.

La question essentielle est donc de savoir comment l'homme peut entrer en relation avec dieu sans se mettre en danger.

Une juste entrée en relation. Voila le coeur du problème.

C'est pour cela, que la paracha va décrire par exemple toutes les relations interdites: les relations incestueuses.

Car le but, c'est justement que l'homme entre en relation avec son prochain, avec son lointain, avec le monde qui l'entoure.

La kedoucha, la sainteté, nous disent nos sages, c'est la conscience que l'on est une petite pièce d'un grand puzzle. Une pièce capitale, certes, mais seul la totalité du puzzle, toutes les autres pièces, tout les autre hommes, ensemble,  représentent la réalité. Le titre de la seconde paracha, Kedochim, Le devoir d'être saint, ça n'est surtout pas d'être retranche de la communauté, au contraire, c'est d'oeuvrer pour l'ensemble. La terre d'israel est sainte parce qu'elle réuni les différentes parties du peuple et les oblige a vivre ensemble. "Aime ton prochain comme toi-même", La mitsvah la plus connue, se trouve dans notre paracha. Cinquante autres mitsvots sont énumèrees aussi. Elles ont toutes le soucis de mettre correctement en relation les hommes entre eux.

Le mot mitsvah vient aussi de la racine :"tsavta": ensemble. "Tseveth", groupe humain.

La mitsvah, qui va développer le souci de l'autre, va être l'un des outils que la thorah va nous offrir pour être en relation, pour être saint. Pour être kadoch.

C'est justement la formule que l'on utilise dans chaque bénédiction, avant d'accomplir une mitsvah: "acher kidechanou bemitsvotav vetsivanou": qui nous a sanctifie en nous ordonnant ces mitsvots.

Mon rapport a dieu passe donc par mon rapport a l'autre

La qualité de mon rapport a dieu est mesure a l'aune de la qualité de mon rapport a l'autre.

Je n'accomplis pas une mitsvah parce que dieu me l'ordonne

Mais j'accompli la mitsvah par ce que je fais partie d'un peuple et dieu à ordonner la mitsvah a ce peuple.

Toute relation' n'importe comment, avec n'importe qui, nous l'avons vu au début, peut être catastrophique.

C'est pour cela que l'interdiction des relations incestueuses par exemple, sera décrite abondement dans les deux parachiots

 La kedoucha, la mise en relation correcte' c'est aussi la mise en garde des relations incorrectes.

La rencontre de toutes les parties du peuple d'israel, sur sa terre, après deux mille ans d'exile est donc la meilleure façon de nous reprendre a vivre les mitsvots, la thorah, la terre d'israel, sous l'aspect véritable de la kedoucha, c'est-à-dire, la mise ne relation, parfois difficile, mais oh combien porteuse de sens, de toutes les parties du grand puzzle que forme la communauté d'israel.           Chabat chalom

AHARE MOT

UN RÉSUMÉ des Sdarot Ahare Mot-Kedochim

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cette semaine nous lisons deux Sdarot : Ahare-Mot (que nous lisons dans sa quasi-intégralité le jour de Kippour) et Kedochim qui, disent nos Sages, contient les grands principes de la Thora.

Première montée : À la suite de la mort (Ahare-Mot) des deux fils d'Aharon, et pour que cette catastrophe ne se reproduise pas, D'ieu dicte des règles strictes qui régiront l'entrée dans le "Saint des Saints". Un seul jour par an (le jour de Kippour) une seule personne (le grand Cohen), et selon un protocole minutieux (le seder Ha’avoda), pourra y entrer et intercéder en faveur de tout le peuple d'Israël.

Deuxième montée : Au cours de ce rituel, deux boucs identiques sont présentés au Cohen. Par tirage au sort, un bouc sera désigné pour être sacrifié au Temple. L'autre (le bouc "émissaire"), sera envoyé dans le désert et mis à mort en tombant d'une falaise. Le jour de Kippour est donc, aussi, le jour du Grand Pardon !

Dans le désert, il était interdit de consommer la viande d'un animal qui n'avait pas été abattu dans le Michkan. (En revanche, dès l'entrée en terre d'Israël, et jusqu'à aujourd'hui, l'abattage rituel en dehors du Temple sera permis).

Troisième montée : L’une des principales lois de l'abattage rituel est l'obligation de recouvrir de terre le sang versé (comme s'il fallait avoir honte d'avoir tué un animal pour se nourrir). Le sang, symbole de la vie, ne peut pas être consommé. La Thora détaille ensuite les différents cas d'incestes.

Quatrième montée : L'homosexualité masculine est également prohibée, au même titre que la zoophilie. Le respect de ces règles conditionne le droit, pour le peuple dans son ensemble, de résider sur la terre d'Israël.

Dans la même montée, nous entamons la seconde Sidra : "Kedochim" qui contient plus de 50 Mitsvoth. Le principe de la sainteté (Kedoucha) des personnes induit que l'on ne se laisse pas entraîner, par faiblesse, habitude ou par des cultures idolâtres voisines, à des comportements immoraux.

Cinquième montée : La probité, le souci de l'autre, la solidarité mais aussi la responsabilité, sont au cœur de plusieurs lois ordonnées ici. "Tu aimeras ton prochain comme toi-même".

Il est interdit de mélanger, en les tissant, le lin et la laine, ou, en les croisant, différentes plantations. La séparation est souvent nécessaire pour donner vie à des principes incompatibles.

Sixième montée : Ne pas duper l'étranger, avoir des balances qui indiquent le bon poids, ne sont pas des lois moins importantes que la pratique des Mitsvoth envers D'ieu. Au contraire, c'est en fonction de notre rapport à l'autre que notre rapport à D'ieu se mesure.

Septième montée : La Thora reprend la liste des relations sexuelles interdites en mentionnant cette fois leur sanction (la mise a mort). Le peuple d'Israël sera donc différent des autres nations par les lois de la cacherout, les lois d'impureté, les  lois morales, les interdits sexuels et bien sûr, l'interdiction de toute forme d’idolâtrie.

METSORA

Un résumé de la Sidra  Metsora’

Dr. Michel Bensoussan

La Sidra précédente avait décrit les lois relatives à la Tsara’at (qui affecte la peau, les vêtements ou les pierres d'une maison). Celle de cette semaine rapporte les différents  processus de purification. Dans la dernière partie, la Torah décrit le processus de purification des personnes qui ont eu des écoulements séminaux, purulents ou sanguins. Bien qu’elles puissent nous apparaître de nos jours anachroniques, il semble que ces lois de pureté et d'impureté conditionnaient le quotidien et constituaient la majeure partie de la vie religieuse d'Israël au temps du Temple. Seule la pratique de la « Nida » (femme ayant ses règles) persiste encore.

Première montée : Après la période de mise en quarantaine de la personne atteinte de Tsara’at, le Cohen sort du camp pour aller lui rendre visite. Si les plaies sont guéries, le  processus de purification comprendra plusieurs étapes : un oiseau est sacrifié, son sang est  mélangé à de l'eau vive, de l'hysope, du bois de cèdre et de la laine de couleur écarlate. Un second oiseau est trempé dans cette préparation puis renvoyé. Ensuite, le Cohen asperge le Metsora’ (la personne atteinte de tsaraat) sept fois. Ce dernier devra ensuite laver ses vêtements, puis se raser entièrement et se tremper dans un Mikvé. Il pourra ainsi rentrer de nouveau dans le camp mais pas dans sa tente ! Après sept autres jours, il se rasera à nouveau et se trempera dans le Mikvé. Le huitième jour, il apportera au temple  trois moutons, de la semoule et de l'huile.

Seconde montée : Le Cohen sacrifie les bêtes. Et avec le sang et l'huile, il enduit les lobes d'oreille, les pouces, certains oreilles et la tête du Metsora’.

Troisième montée : Si le Metsora’ n'a pas les moyens d'offrir les trois bêtes, il amènera un mouton et deux oiseaux. Le reste du rituel est identique.

Quatrième montée : Lorsque le peuple d'Israël réside sur sa  terre, la Tsaraat pourra aussi toucher les maisons. Il s’agit de taches vertes ou rouges qui entament les pierres en profondeur. Le Cohen qui fait le diagnostic rend impur tout le contenu de la maison. Il est donc conseillé de vider la maison avant que le Cohen n'arrive ! Au bout de sept jours, si  la Tsara’at s'est propagée, les pierres atteintes sont retirées et remplacées. En cas de récidive, c'est toute la maison qui sera détruite. Dans le cas contraire, la maison est purifiée par le même rituel décrit dans la première montée (avec les deux oiseaux).

Cinquième montée : Il en sera de même si un vêtement est touché par la Tsara’at. Un écoulement séminal peut également rendre impur. La personne devient alors "Zav" (ou "Zava" pour une femme). Les objets sur lesquels le Zav s'assoit deviennent impurs et peuvent à leur tour rendre impur par contact ou en s'asseyant dessus. Pour se purifier, le Zav devra compter sept jours, puis se tremper dans un Mikvé et amener un sacrifice au Temple.

Sixième montée : Tout homme duquel sortira la semence sera impur pendant une journée, puis il devra se tremper dans un Mikvé. Cela est valable aussi en cas de relation sexuelle. Dans ce cas, sa femme aussi est impure durant toute la journée. En cas de saignements prolongés une femme, comme la Zava, sera  impure sept jours.

Septième montée : Le huitième jour, elle apportera deux oiseaux au Temple.

TAZRIA

SIDRA Tazria – SHABBAT HAHODESH

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Notre Sidra relate tout d'abord les règles de pureté concernant les accouchements. La circoncision du garçon, le huitième jour, est décrite ici comme un élément du processus de purification de la mère qui l'a enfanté (tazria). Tout le reste de la sidra traite des lois de la Tsaraat – qui atteint la peau, les vêtements ou même les murs de la maison. C'est le Cohen qui a le pouvoir de faire le bon diagnostic et d'entamer le processus de purification. Cette atteinte de la peau n'est pas une punition. Dieu l'envoie aux personnes assez pieuses et assez sensibles pour leur indiquer qu'un problème intérieur les mine. Ils doivent en prendre conscience au plus vite et le résoudre. Le diagnostic fait par un tiers (le Cohen), l'isolement en dehors du campement et le processus de purification, sont autant d'aides pour résoudre ce mal intérieur, souvent inconscient, dévoilé à l'extérieur, sur la peau.

Ce shabbat, on sort un second Sefer Torah pour y lire le passage de « ha hodesh » – les lois données à Moshé, en Égypte, pour préparer le peuple à la sortie. Juste avant Rosh Hodesh Nissan (cette année, Mardi 1er Avril), on rappelle les lois qui définissent le Rosh Hodesh – le premier du mois – et Nissan, premier mois de l'année hébraïque. Les lois de Pessah sont aussi rappelées, deux semaines avant la fête.

Réflexion à propos du titre

Pourquoi appeler la Sidra, presque entièrement consacrée à la purification du « Metsoraa » (lépreux), du nom de « Tazria » ? Les sept jours d' « impureté » de la femme qui a accouché ne sont pas le signe d'une punition ou d'une quelconque dégradation. Au contraire, comme les sept jours qui précédaient l'inauguration du Michkan, c'est une préparation au huitième jour, celui de la Brit Mila. Il faut parfois un temps de « repositionnement » entre les époux, après la naissance d'un enfant. La symbiose biologique mère-enfant doit prendre fin et le couple doit se retrouver et repenser la place de chacun dans la nouvelle famille agrandie. Comprendre cela, c'est comprendre que la Torah parle d' « impureté » (dans tous les cas), pour donner l'occasion de réparer, de prendre du recul, pour donner plus de sens. On ne peut entrer dans « le monde du huit » sans ce travail intime qui prend du temps, le temps du sept !

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Tazria – Metsoraa

PAR MICHEL BENSOUSSAN

Cette semaine, nous lisons deux Sdarot. Elles traitent des différents cas d'impureté: celle de la Tsaraat (de la peau, des vêtements et des maisons), celles du Zav et celle de la Nida.

Première montée : Lorsqu’elle accouche d'un enfant mâle, la femme est impure sept jours. Le huitième jour aura lieu la circoncision. Si c'est une fille, elle sera impure quatorze jours. Il s'en suivra une période de 33 ou de 66 jours de pureté. À l’issue de cette période, elle devra offrir des sacrifices au Temple.

En cas de Tsaraat (atteinte dermatologique), c'est le Cohen qui fera le diagnostic et qui écartera la personne durant sept jours. Un second diagnostic sera alors nécessaire pour décider d'un retour à l'état de pureté.

Deuxième montée : La description détaillée des différents cas de Tsaraat se poursuit. Ce sont la taille, la couleur, la profondeur, et la présence de poils qui détermineront si l'évolution de la plaie permet le retour à l'état de pureté.

Troisième montée : L'emplacement de l'atteinte dermatologique (comme par exemple, ici, les différentes parties de la tête ou de la calvitie) est aussi un critère que le Cohen devra prendre en compte. La Tsaraat peut également atteindre le vêtement de la personne !

Quatrième montée : Pour le vêtement, c'est aussi l'évolution de la "plaie" qui déterminera si le vêtement sera purifié ou brûlé !

Dans tous les cas, après les périodes d'isolement, de la guérison et de la pureté, la personne atteinte devra subir l'aspersion de sang d'un oiseau sacrifié par le Cohen, puis se raser, se laver, et enfin apporter des sacrifices au Temple.

Cinquième montée : Dans le cas où elle n'en aurait pas les moyens, la personne concernée se contentera d'apporter au Temple des sacrifices moins coûteux.

Sixième montée : La Tsaraat pourra même atteindre, en terre d'Israël, les pierres d'une maison ! Là encore, le Cohen décidera, en fonction de l'évolution des "plaies", si la maison sera purifiée ou si elle devra être détruite ! Un tout autre cas d'impureté concerne les écoulements séminaux purulents. L'homme est déclaré "Zav". Il est impur pendant sept jours et rend impur par contact. Le huitième jour, il apportera au Temple des sacrifices appropriés.

Septième montée : En cas d'écoulement séminal normal, tout homme est aussi déclaré impur. Mais cette fois pour une durée d'une journée seulement. Il devra se tremper au Mikvé, ainsi que la femme avec qui il a eu des rapports. Les menstruations de la femme sont elles aussi sanctionnées par une impureté (Nida), durant la durée des saignements (plus tard, les rabbins ajouteront sept jours supplémentaires d'impureté).

CHEMINI

Un résumé de la Sidra Chemini

Par  Dr Michel Bensoussan

Après sept jours de préparations intensives, le huitième jour (Chemini) Moshé inaugure enfin le Michkan. Ce huitième jour est en fait l'aboutissement d'un très long processus. Celui, bien sûr, des sept jours le précédant, mais aussi celui de la construction du Michkan qui a duré prés de six mois. Plus encore, c'est aussi la préfiguration de l'aboutissement de… la création du monde qui s'est déroulée durant sept jours !! Ce huitième jour est donc très particulier. Il s'y passe énormément d'événements. C'est le premier jour d'une nouvelle ère, celle de la présence visible de Dieu au milieu du peuple. C'est le premier jour des sacrifices dans le Michkan, avec le feu céleste qui descend sur l'autel. Mais c'est aussi le jour de la mort de deux des enfants d'Aharon, qui entrent dans le sanctuaire avec trop d'enthousiasme. C'est enfin le jour pendant lequel Moshé reçoit de Dieu une très grande partie des parashot de la Torah. Ce huitième jour est le premier Nissan (premier mois de l'année thoraïque).

Première montée : Ce huitième jour, pour se préparer à l'apparition de Dieu dans le Michkan, Aharon le grand Cohen, et tout le peuple doivent amener des sacrifices d'expiation comme s'il fallait prévenir une extase mal placée.

Seconde montée : Après avoir accompli tout les rituels sacrificatoires, Aharon lève ses mains et bénit le peuple présent devant le Michkan. La présence divine apparaît à tout le peuple.

Troisième montée : Un feu descend du Ciel et consume les sacrifices sur l'autel. Le peuple se prosterne devant ce miracle émouvant. Nadav et Avihou, portés par l'exaltation de l'événement, entrent dans le Saint des Saints avec de l'encens. Ils sont brûlés eux-mêmes par un feu, lui aussi  descendu du Ciel !! Dieu ordonne alors des règles précises aux Cohanim pour ne pas que ce genre de conduite exaltée ne se reproduise.

Quatrième et cinquième montées : Moshé demande aux Cohanim de consommer les parties des sacrifices qui leur sont attribuées, dans des conditions et des lieux de pureté. Les Cohanim sont en effet désemparés : le Michkan, le « Saint » en général, qui semblait être un lieu de rencontre avec Dieu, se révèle non moins dangereux ! Il faut donc définir le cadre précis où la sainteté peut et doit se vivre afin que la consommation ne se transforme en consumation !

Sixième montée : C'est à présent tout le peuple d'Israël qui doit respecter des règles de consommation pure. Les règles de la cacherout sont détaillées : les animaux purs sont ceux ayant à la fois les sabots fendus et qui ruminent. Les poissons doivent avoir des écailles et des nageoires. Une liste de volatiles interdits est détaillée. Les volatiles marchant aussi à quatre pattes sont interdits à moins qu'ils aient des articulations qui leur permettent de sauter (d'une situation à l'autre, sans se laisser coincer dans une conception !).

Septième montée : Les animaux impurs, morts, peuvent transmettre l'impureté aux hommes mais aussi à certains ustensiles. Un récipient en argile rendu impur doit être détruit. L'eau est « conductrice » d'impureté. Mais l'eau pourra, à l'inverse, purifier par immersion d'autres objets rendus impurs ! Il faudra attendre alors la tombée de la nuit pour que la personne ou l'objet soient déclarés purs. Tous les reptiles sont aussi impurs à la consommation.

Sidra Chemini – Shabbat Parah

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Après sept jours de préparations intensives, le huitième jour (Chemini) Moshé inaugure enfin le Michkan. Ce jour est très particulier. Il s'y passe énormément d'événements. C'est le premier jour d'une nouvelle ère, celle de la présence visible de Dieu au milieu du peuple. C'est le premier jour des sacrifices dans le Michkan, avec le feu céleste qui descend sur l'autel. C'est aussi le jour de la mort de deux des enfants d'Aaron, qui entrent dans le sanctuaire avec trop d'enthousiasme. C'est enfin le jour pendant lequel Moshé reçoit de Dieu une très grande partie des Parachot de la Torah.

Les deux dernières montées à la Torah détaillent les règles de la cacherout. On y trouve la liste des animaux, des volailles et des poissons permis. Il y a aussi les lois de pureté et d'impureté découlant du contact avec les animaux interdits ou morts et la manière de cachériser les ustensiles impurs.

Ce Shabbat, nous sortons un second Sefer Torah pour y lire le passage de « Parah » – la vache rousse. Ses cendres sont un élément essentiel du processus de purification. Étant donné la proximité de la fête de Pessah et le devoir de sacrifier l'agneau pascal au Temple, en état de pureté, la lecture de ces lois est faite devant tout le peuple ce Shabbat, un mois avant Pessah.

 

À propos du titre

Ce huitième jour est le premier du mois de Nissan, une année après la sortie d'Égypte. Il est appelé « huitième » parce qu'il a été précédé de sept jours de préparatifs. Mais il est aussi le symbole du huitième jour de la création du monde. Créé en sept jours, on trouve là, la préfiguration de ce que sera le huitième ! À l'intérieur du Michkan et du Temple de Jérusalem, nous vivons quasiment le monde « à venir », le monde du huit ! On y allume le feu Shabbat ! Le Shabbat faisant partie du monde présent, le monde du sept, perd ses interdits dans cette enceinte, espace extratemporel du monde du huit. Et pourtant, cela ne doit pas nous faire « perdre la tête » par un enthousiasme exagéré qui peut brûler et donc tuer, comme ce qui arriva aux fils d'Aaron.

TSAV

UN RÉSUMÉ DE LA SIDRA : Tsav

PAR MICHEL BENSOUSSAN

La Sidra de la semaine dernière avait décrit les cinq sortes de Korbanot ("sacrifices") : Ola, Minha, Shelamim, Hâtât et Acham. Il s'agissait surtout du point de vue de la personne  qui offre le Korbane. Notre Sidra les rappelle, en ajoutant  des lois complémentaires, du point de vue cette fois du Cohen qui s'en occupe au Temple. La seconde partie de notre Sidra décrit les préparatifs, pendant les sept jours de "Milouim", qui précédent l'inauguration du Michkan.

Première montée : Au tout début de la journée, dans le Temple, le Cohen doit s'occuper des déchets de la consumation des sacrifices de la veille, le Dechen. C'est peut être l'élément crucial du Korbane Ola ! En ce qui concerne le Korbane Minha, le Cohen prélève une partie de cette semoule et la brûle sur l'autel. Et ainsi il pourra en consommer le reste.

Deuxième montée : Le jour de la sanctification des Cohanim, ils devront apporter aussi un Korbane Minha. Mais elle, sera entièrement consumée sur l'autel. En ce qui concerne le Korbane Hâtât, une partie de la bête est brûlée sur l'autel et le reste est consommé par les Cohanim. Le Korbane Acham suit les mêmes lois que les précédents, certaines parties étant brûlées et d'autres mangées par le Cohen.

Troisième montée : Les Korbanot Shelamim sont eux, en grande partie consommés par la personne qui les offre, à condition évidemment de se purifier auparavant. Le reste sera consumé sur l'autel ou offert au Cohen. Il est interdit de consommer certaines parties grasses (le Helev) et le sang.

 Quatrième montée : Le texte décrit à présent tout le rituel et les préparatifs que Moshé devra respecter pendant les sept jours précédant l'inauguration du Michkan. Ce sont les sept jours de "Milouim" qui préparent et consacrent les Cohanim à leurs futures fonctions dans le Michkan.

Cinquième et sixième montées : Les Cohanim devront eux-mêmes offrir des Korbanot. Moshé prend pour l'occasion, et momentanément, la fonction de Cohen !

Septième montée : Pendant ces sept jours de Milouïm, les Cohanim sont invités à ne pas sortir de l'enceinte du futur Michkan. Le terme "Milouïm" vient de "Lémalé et yedkhem" littéralement : "remplir vos mains ", c'est-à-dire votre  prise de fonction. Ces sept jours de Milouïm sont les derniers jours du mois d'Adar. Le "huitième jour" sera donc le premier Nissan, jour de la grande inauguration, qui sera le sujet de la prochaine sidra "Chemini" (huitième) !

Tsav-zakhor

Par Michel Bensoussan

Ce shabbat « Zakhor », nous sortons deux Sifré Torah.

Dans le premier, nous lisons la Sidra « Tsav »

Dieu demande à Moshé d'ordonner (Tsav) à son frère Aharon et à ses enfants la suite des lois concernant les sacrifices (Korbane). Ensuite, pendant sept jours de préparation, « Yémé Milouim », Moshé devra introniser les cohanim et préparer l'inauguration du Michkan qui aura lieu le premier Nissan.

Première montée : Comme la semaine dernière, on décrit en premier le Korbane « Ola », puis la « Minha ». Si dans la Paracha « Vayikra », c'était à celui qui apportait le sacrifice, que la Torah s'adressait ; cette fois, le rituel est décrit du point de vue du Cohen qui s'occupera de ce Korbane.

Seconde montée : Dieu indique à Moshé le Korbane « Minha » (semoule) que devra apporter le grand Cohen chaque jour, et les autres cohanim uniquement lors de leur intronisation. Après la « Ola » et la « Minha » décrites à la première montée, c'est au tour du Korbane « Hâtât’ » et « Acham », toujours décrits du point de vue des cohanim qui s'en occupent.

Troisième montée : le Korbane « Shelamim » est enfin décrit, complétant ainsi les cinq sortes de Korbane, comme dans la précédente Paracha « Vayikra ».

Quatrième montée : Jusqu'à la fin de la Sidra, Dieu ordonne le rituel d'intronisation des cohanim. Devant toute l'assemblée et face au sanctuaire, Moshé lave les cohanim puis les vêtements sacerdotaux. Il les oint d'huile et oint tous les ustensiles du Michkan.

Cinquième montée : Ensuite Moshé, prenant un instant le rôle de grand Cohen, sacrifie le Korbane des cohanim, un taureau  en « Hâtât’ » puis un premier bouc en « Ola ».

Sixième montée : Un second bouc est sacrifié.

Septième montée : Moshé termine le rituel en aspergeant d'huile et de sang les vêtements des cohanim. Ils devront rester pendant sept jours à l'entrée du sanctuaire et s’entraîner aux rituels du Michkan. Ces sept jours sont appelés « Milouim » (prise de fonction). Ils préparent le fameux « huitième jour », jour de l'inauguration du Michkan, dont la Sidra suivante « Chemini » portera le nom.

Dans le deuxième Sefer Torah, le Maphtir rappelle l'ordre de combattre Amalek, jusqu'à effacer son souvenir et de ne jamais oublier cela. Nous sommes en effet le shabbat « Zakhor » (souviens-toi), qui précède Pourim. Haman, descendant d'Amalek, était celui qui, au temps de la fin de l'exil de Babel, voulait exterminer les Juifs qui n'étaient pas encore montés en Israël alors que le second Temple commençait à être reconstruit !

Réflexion à propos de « Zakhor »

Beaucoup de rescapés de la Shoa ont ressenti le devoir du souvenir de ce qu'ils ont vécu, et de ceux qui ne sont plus. Cela a même été la raison première de leur désir de vivre après. Raconter, ne pas oublier, se rappeler. Le jour du souvenir de la Shoa, la tente du souvenir à Yad Vashem. Ce mot « souvenir » retentit pour nous, du plus profond de la conscience de notre peuple. Encore une fois, à notre époque, un sentiment profond, naturel, indépendant  a priori de toute « contrainte religieuse », rejoint un texte, une histoire et un commandement, millénaires, inscrits dans notre Torah.

VAYKRA

Sidra Vayikra

Par Michel Bensousan

Un résumé

Notre Sidra commence le troisième livre de la Torah, le livre de « Vayikra » du même nom que la Sidra. Il est aussi nommé « Lévitique » par la tradition chrétienne et « livre des cohanim » dans la tradition rabbinique, car il traite dans sa majeure partie des lois concernant le service des cohanim au Temple.

Dieu appelle (Vayikra) Moshé depuis la tente d'assignation, pour lui transmettre les lois des sacrifices. Au Michkan, comme au Temple, chaque homme pouvait apporter une offrande de remerciement, d'expiation, lors d'occasions particulières, ou simplement pour avoir le droit de manger de la viande ! L'offrande peut être un animal, menu, gros bétail ou volaille. Elle peut être aussi végétale, sous différentes formes de farines, d'huiles,  d'épices ou même minérales comme le sel. Seules les fautes commises par « inadvertance » peuvent être expiées par des offrandes, et pas les fautes intentionnelles. Les cas particuliers des fautes commises par des cohanim, le Nassi,  ou l'assemblée toute entière, sont traités en détail.

 

Réflexion à propos du titre

Ce que nous appelons des « sacrifices » sont en réalité nommés dans le texte des « Korbanot ». De la racine KRV, qui peut vouloir dire aussi « se rapprocher ». S'il y a un sanctuaire où la rencontre entre Dieu et l'homme peut se faire plus intensément, il est concevable que des sacrifices puissent aider l'homme à se rapprocher de Dieu. Un cadeau, une offrande peuvent aider le rapprochement. Il peut être aussi l'occasion, pour l'homme, de se rapprocher de sa propre identité, vers une certaine pureté perdue. Se séparer de quelque chose qui nous est cher peut être l'occasion de se « repositionner » de façon plus sincère. Et cela même, cette sincérité, nous place face à nous-mêmes et face à Dieu. C'est donc bien de face à face, de rencontre, qu'il s'agit. Lorsque Dieu parlait à Moshé, il précédait toujours cette parole d'un « appel » affectueux, empathique. Le terme « Vayikra » (il appela), qui est donc le titre de notre Livre, rappelle cette affection, ce désir de communication et d'attention de Dieu envers Moshé, envers tout homme. Tout le Livre de Vayikra enseigne comment nous y prendre pour faire le travail intérieur qui va permettre cette rencontre. Comment s'ouvrir, comment être moins faux envers soi-même, pour être réceptif à l'appel de Dieu, qui cherche, en permanence, à nous donner et à nous guider.

Un résumé PAR MONTEES  de la Sidra : Vayikra

Par Michel Bensoussan

La Sidra Vayikra commence le nouveau livre (le Lévitique) consacré au service des Cohanim. Elle commence par décrire les différentes sortes de sacrifices.

Première montée : Dieu appelle (Vayikra) Moshé depuis la tente d'assignation pour lui indiquer quel sacrifice tout homme pourra apporter au Temple. Que ce soit pour expier des fautes commises par inadvertance, ou par simple envie d'offrir et de "se rapprocher" de Dieu. Le sacrifice de "Ola" est entièrement consumé sur l'autel. L'animal peut être du "gros bétail" (un taureau ou une vache) ou du "menu bétail" (par exemple un mouton).

Deuxième montée : Cela pourra être aussi de la volaille. Une autre sorte de sacrifice est la "Minha". Cette fois, ce n'est pas un sacrifice animal mais végétal : de la semoule mélangée à de l'huile et à une épice : la Levona. Elle pourra être crue ou cuite au four (en général, tout sacrifice animal est accompagné d'une Minha, d'un sacrifice végétal, ainsi que de libation de vin -Nessakhim).

Troisième montée : La Minha pourra aussi être cuite ou grillée (dans le cas des Bikourim). On y ajoutera du sel, comme d'ailleurs pour tout autre sacrifice.

Quatrième montée : La troisième sorte de sacrifice est "Shelamim". Elle peut être constituée de gros ou de menu bétail. Elle est en grande partie mangée par la personne qui apporte le sacrifice.

Cinquième montée : la quatrième sorte est la "Hâtât". En général, un taureau pourra expier des fautes commises, par exemple par le grand  Cohen ou alors, une faute commise par le grand Sanhedrin qui représente l'ensemble du peuple. Le président lui-même est susceptible de fauter, et le sacrifice qui permettra d’expier ses fautes est décrit.

Sixième montée : Après avoir énuméré les fautes commises par les hautes instances, viennent celles commises par le simple citoyen, qui peuvent aussi être expiées par un sacrifice de "Hâtât". Il s'agira alors d'une chèvre ou d'une brebis. Un "Hâtât" pourra aussi expier des fautes d'impureté.

Septième montée : Dans le cas où la personne a peu de moyens, elle apportera à la place  deux tourterelles ou deux pigeons. Dans des cas de fautes plus graves (comme le vol d'objets sacrés "Méila"), un bélier sera nécessaire. Dans tous les cas de vol aggravé, en plus du remboursement, on rajoutera le quart de la somme.

KI TISSA

Un titre, une paracha : Ki tissa

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Moshé reçoit l'ordre de prélever un demi-shekel lorsqu'il devra compter (ki tissa) les enfants d'Israël. Cela servira à financer les sacrifices et l'entretien du Mikdash (par la suite, ce demi shekel sera, plus tard, prélevé aux alentours de Pourim, avant le début de chaque année). Moshé reçoit l'ordre de construire le dernier ustensile manquant au Michkan : le « Kior », petit réservoir d'eau pour l'ablution des pieds et des mains des cohanim à l'entrée du Kodech. Moshé reçoit l'ordre de préparer l'huile lustrale qui enduira tous les ustensiles du Michkan,  ainsi que les cohanim, afin de les sanctifier avant leur entrée en fonction. Betsalel est choisi pour être le maître d'œuvre de la construction du Michkan. Cette construction, et ses 39 travaux, devront d'ailleurs être interrompus le jour du shabbat.

Ces recommandations sont les dernières reçues par Moshé au sommet du mont Sinaï. Il doit à présent (le 17 Tammouz), 40 jours après le spectaculaire don de la Torah (le 6 Sivan), redescendre vers le peuple. Mais entre temps, en bas, Aaron avait beaucoup de mal à contenir l'impatience du peuple. Un malentendu à propos de l'heure d'arrivée de Moshé avait déclenché un soulèvement général. Un veau en or est fabriqué et le peuple commence à l'adorer. En voyant cela, Moshé jette de ses bras les Tables de la Loi qu'il avait reçues et les brise. C'est la plus grande crise à laquelle le peuple est confronté. Sur ordre de Moshé les Lévi tuent les fauteurs de troubles. Il y a trois mille morts. Le veau d'or est détruit. Moshé implore le pardon de Dieu et  prononce les treize attributs de miséricorde qui sont, jusqu'à nos jours, invoqués dans nos prières. Dieu accorde son pardon et demande à Moshé de remonter sur le Sinaï 40 jours supplémentaires pour recevoir deux autres Tables de la Loi. Lorsque Moshé est descendu, son visage irradiait à tel point qu'il devait mettre un masque pour protéger les personnes qui le voyaient.

Réflexions à propos du titre

Ki Tissa, littéralement : « lorsque tu élèveras… la tête des enfants d'Israël » est généralement traduit par « lorsque tu voudras compter… ». Or, il y a un second terme, difficile à traduire lui aussi, dans le même verset : « Lifkod », généralement traduit par « compter », ou parfois aussi « se souvenir de », ou même « donner un ordre ». Ou plus rarement « se faire remarquer par son absence ». Dans tous les cas, une personne en particulier est mise en exergue. Elle sort de l'ensemble. Lorsqu'elle n'est qu'un élément  d'un groupe ou d'un peuple, la personne est protégée par cet anonymat. En la comptant, elle commence certes, à compter ! Mais elle est aussi sujette au jugement (pas toujours bienveillant) des autres. Une « tête élevée » peut donc être source de promotion ou de son contraire ! Lorsque Joseph avait prédit l'avenir des deux ministres de Pharaon, il avait dit à l'un que « sa tête serait élevée » et qu'il serait réhabilité dans ses fonctions. S’adressant à l'autre, il avait utilisé le même terme : « sa tête sera élevée »… pour être pendue !!

Moshé doit donc être conscient de la lourde tache qui lui incombe lorsqu'il va compter chaque personne. C'est comme s'il « recevait » la responsabilité de cet acte (cf. Onkelos et Rachi). Comme si donner un ordre à quelqu'un devait responsabiliser autant que d'en recevoir un. D'autre part, recevoir un commandement, une bénédiction, recevoir la Torah, comporte aussi énormément de risques. Une tête élevée, cela peut faire « tourner la tête » ou même nous la faire perdre ! C'est peut-être la raison pour laquelle nos Sages ont donné ce titre à la Sidra qui relate la faute du veau d'or.

Un résumé PAR MONTEES  de la Sidra : Ki Tissa

Par Michel Bensoussan

Placée au cœur des quatre Sidrot qui traitent de la construction d'un sanctuaire pour Dieu, notre Sidra relate la faute du veau d'or. Comme s'il fallait montrer les dangers des débordements humains face à la matérialisation de la présence divine.

Première montée : En cas de dénombrement du peuple, on comptera des pièces d'argent (un demi-shekel) offert par chacun, plutôt que de compter les personnes elles-mêmes. Un dernier ustensile, "oublié" dans la Sidra Térouma est ici ordonné, il s'agit du Kior : bassin d'eau grâce auquel les Cohanim se laveront les mains et les pieds avant d'entrer dans le Kodech (tente d'assignation). Pour sanctifier tous les ustensiles du Michkan et les Cohanim, Moché doit préparer une huile d'onction parfumée. D'autre part, il faudra préparer onze épices qui, une fois moulues et mélangées, constitueront la Kétorèt, l'encens. Betsalel est désigné  "maître d'œuvre" de la construction du Michkan. Celle-ci sera interrompue le jour du Shabbat.

Deuxième montée : Quarante jours après la déclaration des dix commandements, Moché doit descendre de la montagne avec les Tables de la Loi. Or, pendant les quelques heures de son retard, le peuple impatient pense que Moché l’a abandonné et cherche déjà un intermédiaire qui le remplacera. Pour gagner du temps, Aharon leur demande de ramasser leurs bijoux en or. Le peuple obtempère si vite qu'il doit jeter l'or dans un creuset, et il en ressort un veau en or. Dieu demande à Moché de s'activer et de descendre voir la catastrophe qui se déroule au bas de la montagne. Dieu est sur le point d'anéantir le peuple pour faute d'idolâtrie. Moché intercède déjà et l'argument qui apaise la colère de Dieu est  le "qu'en dira-t-on" des autres peuples ! Lorsque Moché redescend et qu'il voit les danses et le veau d'or, il jette de sa main les Tables, qui se brisent. Il ordonne aux Levi de tuer les coupables (il y aura trois mille morts).

Troisième montée : Une longue discussion entre Dieu et Moché redéfinit les limites du "rapprochement" possible entre Dieu et l'homme.

Quatrième montée : Moché demande et obtient de "connaître" un peu plus Dieu.

Cinquième montée : Dieu ordonne à Moché de tailler lui-même de nouvelles Tables et de remonter passer quarante jours sur le mont Sinaï. À cette occasion Moché implore le pardon de Dieu pour la faute du veau d'or. Il prononce les treize attributs de miséricorde que l'on utilise encore aujourd'hui  dans nos prières quotidiennes et le jour de Kippour.

Sixième montée : Dieu accepte et pardonne au peuple. Une nouvelle alliance est établie. Elle renforce l'interdit de toute idolâtrie. Les trois fêtes (Pessah, Souccot et Chavouot) seront l'occasion, en terre d'Israël, de réunir le peuple dans la maison de Dieu.

Septième montée : Dieu ordonne à Moché d'écrire les termes de la nouvelle alliance. Après quarante jours, (le jour du grand pardon – Kippour), Moché redescend avec les nouvelles Tables, sur lesquelles les Dix Paroles sont écrites de la main de Dieu. Lorsque Moshé descend, le peuple s'aperçoit que son visage illuminait. Moshé a donc confectionné un masque protecteur pour ne pas éblouir les personnes qui le regardaient.

Shabbat Para

Ce Shabbat, nous sortons un second Sefer Torah pour y lire le passage de "Para" – la vache rousse. Ses cendres sont un élément essentiel du processus de purification. Étant donné la proximité de la fête de Pessa'h et du devoir de sacrifier l'agneau pascal au Temple, en état de pureté, la lecture de ces lois est faite devant tout le peuple ce
Shabbat, un mois avant Pessa'h.

BECHALAH

Sidra Bechala'h

Par Michel Bensoussan

Un résumé

Après que pharaon a renvoyé (Bechala'h) le peuple d’Israël, se pose le problème du chemin à prendre pour arriver en terre d’Israël. Dieu ne veut pas les y faire entrer tout de suite. Il craint que le peuple ne soit pas capable de se confronter à la guerre contre les Philistins. Il préfère les faire passer par le grand désert du Sinaï vers la Mer Rouge.

De plus, Dieu endurcit à nouveau le cœur de Pharaon afin qu'il poursuive Israël. Pharaon rejoint le peuple qui se retrouve coincé entre la mer et l’armée égyptienne. C'est alors que se produit le grand miracle de la traversée à sec de la mer par le peuple d’Israël. Les poursuivants égyptiens sont engloutis dans les eaux qui se referment sur eux. Émerveillés par ce qu'ils viennent de vivre, Moshé et tout son peuple entonnent la « chirat hayam », un très beau chant relatant cet épisode. Myriam, sœur de Moshé, rassemble les femmes et entonnent des chants accompagnés de danses aux sons de tambours. L'euphorie est telle que Moshé sera obligé de véritablement arracher le peuple de cet endroit et d’une situation envoûtante. Il faudra reprendre le long chemin dans le désert aride. Le manque d'eau se fait vite sentir. Arrivés à « Mara », Moshé adoucit les eaux amères grâce à un arbre jeté dans l'eau. Cet endroit marque le début de l'enseignement de la loi. Le manque de nourriture aussi provoque la colère du peuple. La situation est, selon lui, pire que celle vécue en esclavage en Égypte ! Dieu leur envoie la manne, nourriture céleste qui les nourrira pendant quarante ans jusqu'à leur entrée en terre de Canaan. À l’étape de « Refidim », le problème de l'eau est résolu par Moshé qui frappe un rocher et en fait sortir de l'eau. Après toutes les plaintes, les colères et les reproches du peuple, une ultime (pour l'instant !) menace les prend par surprise : le peuple d'« Amalek » leur fait la guerre. Les prières de Moshé et le glaive de Josué les sauvent.

Réflexion à propos du titre

Pourquoi n'est-il pas écrit : « Lorsque Dieu (ou Moshé) fit sortir Israël d'Égypte… » ou mieux : « lorsqu'Israël sortit d'Égypte… » ? Pourquoi donner un tel crédit à Pharaon, pourquoi écrire : « lorsque Pharaon eut renvoyé le peuple… » ? Et surtout pourquoi avoir choisi justement cet acte de renvoi (Bechala'h) comme titre de toute notre Sidra ? Il me semble que le texte veut marquer le fait que le peuple n'est justement pas sorti ! En tout cas pas sorti de sa propre initiative. On l'a renvoyé ! Même Dieu l'a fait sortir « de force ». Cela crée une situation très particulière : le peuple n'est pas assez mûr. Si on quitte l'exil contraint et forcé, il sera d'autant plus difficile d'assumer les transformations d'identité et le courage, nécessaires à l'entrée en terre d'Israël. C'est justement ce qu'explique la suite du texte : Dieu préfère ne pas les faire entrer tout de suite en Israël ! Ils ne sont pas mûrs. Toutes les pérégrinations dans le désert, y compris la traversée de la mer, y compris les problèmes d'eau, de confiance, et le don de la Torah au Sinaï, tout cela découle de ce manque de maturité du peuple. Nous comprenons donc que ce titre : « Pharaon a renvoyé le peuple » veut nous apprendre justement que le peuple était immature et qu'il a fallu le renvoyer, le faire sortir de force !

Un résumé PAR MONTEES de la Sidra Bechalah

Par Michel Bensoussan

Comme c'est souvent le cas, nous retrouvons en Israël, entremêlés, le meilleur comme le pire ! En effet, notre Sidra relate à la fois les plus beaux moments de la traversée de la mer et son magnifique cantique, puis les plus sombres moments d'un peuple qui réclame  et rouspète sans cesse. Même la manne tombée du ciel ne le satisfait pas. Jusqu'à ce qu'Amalek, le pire ennemi, vienne les attaquer !

Première montée : Pharaon a donc renvoyé le peuple. Dieu ne les fait pas passer par le plus court chemin, celui de la bande de Gaza, de peur qu'il ne soient pas encore mûrs pour affronter les guerres de conquête. C'est donc par un long détour à travers le désert que le peuple se met en marche. Dieu met en place une situation apparemment inextricable : il fait venir le peuple face à la mer, dans un cul de sac et Il les fait poursuivre par l'armée de Pharaon qui les prend en étau.

Deuxième montée : Le peuple se trouve coincé entre les Égyptiens et la mer. "Pourquoi nous avoir fait sortir si c'est pour nous tuer dans le désert ?". Moché leur promet une solution miraculeuse qui dépassera toutes les plaies d'Égypte.

Troisième montée : Le plan de Dieu est clair : que le peuple face preuve de foi en Lui et qu'il s'avance vers la mer ! Moché tend son bras sur la mer et celle-ci s'ouvre en créant un passage à sec. Les Égyptiens les poursuivent et entrent dans la mer.

Quatrième montée : Moché étend à nouveau son bras, les eaux se referment sur les Égyptiens et les engloutissent : hommes, chevaux et chars. Le peuple d'Israël, rescapé sur l'autre rive assiste au plus prodigieux miracle qui le sauve définitivement du joug égyptien. C'est alors que Moché et Israël entonnent un cantique de louanges décrivant ce miracle. (Ce très beau poème est récité tous les matins au cours de la prière de Shaharit). Myriam prend un tambour (appelé aujourd'hui le "Tof – Myriam", le tambour de Myriam !) et entraîne les femmes à danser et à chanter à la gloire de Dieu.

Moché doit forcer le peuple à quitter cet endroit magique. Ils arrivent à "Mara". Une source d'eau amère ! Le peuple se plaint. Moché prie et Dieu lui indique comment obtenir de l'eau douce : il faut y jeter une branche d'arbre. Dieu est bien le meilleur guérisseur.

Cinquième montée : Puis le peuple arrive à Elim. Il y trouve douze sources d'eau et soixante-dix palmiers. Puis il arrive au désert de Sin. Un mois s'est déjà écoulé depuis la sortie d'Égypte. Là, le peuple se plaint : "On mangeait mieux en Égypte ! C'était le paradis et ici c'est la désolation !" Dieu promet de leur envoyer la Manne du ciel. Ils n'auront qu'à la ramasser au petit matin et cela les nourrira pour la journée.

Sixième montée : Face à toutes ces plaintes, Dieu espère que grâce à ces miracles le peuple sera contenté et retrouvera enfin sa confiance en Lui. Le soir, des cailles recouvraient le campement et le matin, c'était la manne. Ils avaient ainsi de la viande et du pain. Des règles précises sont définies au sujet de la manne. En ne prenant que la quantité quotidienne, on fera preuve de confiance en Dieu. De toute façon, lorsque certains en prenaient trop, elle pourrissait ! Le vendredi, on en prenait double ration car le shabbat la manne ne tombe pas. Ce sont là les premières lois du shabbat. Une petite quantité de manne sera conservée et placée, plus tard, dans le Temple en témoignage de ce prodige.

Septième montée : Le peuple quitte Sin et arrive à Refidim. Là encore, il n'y  a pas d'eau. Sur ordre de Dieu, Moché frappe un rocher d’où jaillit l'eau tant attendue.

Amalek est le premier peuple de la région à venir s'attaquer à Israël. Josué prend le commandement de l'armée et repousse Amalek. Ce sera la première d'une longue série de guerres qui amèneront Amalek à vouloir anéantir Israël au cours de l'histoire. Dieu promet de toujours l'en délivrer.